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à la survenue d’événements significatifs. Les difficultés

liées à la documentation sont de plus en plus mises en

exergue dans les analyses effectuées par EDF à la suite

d’événements significatifs.

Par ailleurs, l’accessibilité des locaux et l’environnement

physique de travail (luminosité, chaleur, bruit) des inter-

venants continuent d’entraîner des conditions d’interven-

tion difficiles. L’ ASN a ainsi constaté sur plusieurs sites

une inefficience de la sonorisation et de l’éclairage dans

le bâtiment réacteur. L’ ASN note toutefois les efforts de

certains sites dans ce domaine.

Les intervenants doivent également faire face à des

contraintes liées à l’organisation du travail, notamment

pendant les arrêts de réacteur, telles que l’insuffisance de

la préparation de certaines activités, des modifications

de planning et des problèmes de co-activité et de coordi-

nation entre acteurs. Ces contraintes peuvent conduire à

des conditions d’intervention dégradées.

Les dispositions concernant les hommes

et les organisations dans les activités

de modification des réacteurs en exploitation

Auniveaunational, EDFadéveloppé ladémarche « sociaux,

organisationnels et humains – SOH » qui a pour ambition

de transformer les pratiques d’ingénierie chez EDF, pour

mieux tenir compte des hommes et des organisations dans

l’évolutiondes systèmes et dans lamodificationdesmaté-

riels et des organisations, ceci dès la phase de conception.

L’ASNconsidère laphilosophiede ladémarche SOHcomme

pertinente et importante pour garantir la sûreté des instal-

lations et la sécurité des travailleurs. Néanmoins, les efforts

consentis par EDF dans le déploiement de la démarche

SOH, notamment au sein de tous les centres d’ingénierie,

doivent se poursuivre pour atteindre les effets attendus.

Lesmodificationsmatérielles et documentaires étant gérées

essentiellement auniveaunational, les sites n’ont pas tou-

jours les marges de manœuvre pour pouvoir améliorer

l’environnement de travail des intervenants quand une

difficulté est identifiée localement. Ainsi, les améliorations

réalisées au niveau des sites se résument généralement à

la mise en œuvre de dispositions palliatives, sans action

sur le problème lui-même.

Le management des compétences, de la formation

et des habilitations

L’ organisation en place sur les sites pour gérer les compé-

tences, les habilitations et la formation est globalement

satisfaisante et les processus de gestion sont générale-

ment documentés et cohérents. La plupart des sites

ont mis en place des comités de formation locaux inté-

grant la direction, les managers et les intervenants. Un

de ces comités permet la détection rapide des besoins

en formation des agents et ensuite la création, avec

l’aide de l’unité de formation production ingénierie,

de formations courtes et très ciblées en fonction des

besoins identifiés.

De manière générale, les programmes de formation sont

mis enœuvre de façon satisfaisante, et le déploiement des

académies de métiers est souligné comme un point fort

pour la formation des nouveaux arrivants sur les sites.

Néanmoins, l’offre de formation proposée par certains

sites n’est pas toujours adaptée de manière réactive. Par

ailleurs, les intervenants ne reçoivent pas toujours les for-

mations planifiées.

Des insuffisances sur certains sites sont toutefois encore

relevées par l’ASNlors des inspections pour cequi concerne

la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

(GPEC). Sur plusieurs centrales, certains services n’ont

toujours pas créé en 2015 de cartographie de compé-

tences, qui est pourtant l’outil de la GPEC permettant

au site de disposer d’une vision dynamique et prospec-

tive des compétences professionnalisées disponibles sur

cinq ans. Néanmoins, de manière générale, des investis-

sements importants sont consentis par EDF enmatière de

recrutement et de formationpour anticiper le renouvelle-

ment des compétences lié au départ des intervenants en

inactivité. De plus, des défauts d’anticipation de départs

massifs dans certains métiers sont toujours constatés sur

quelques sites, entraînant des effectifs insuffisants et pou-

vant impliquer, entre autres, des difficultés dans la mise

enœuvre du compagnonnage des jeunes embauchés par

les personnes plus expérimentées.

Comptetenudesdépartsenretraiteattendusdanslesannées

à venir et des travaux considérables qui sont à réaliser par

EDFà la suitedesECSoudans le cadredes réexamenspério-

diques, l’ASN considère que les efforts d’EDF en matière

de recrutement et de formation doivent être poursuivis.

4.1.3 L’évaluation de la santé et de la sécurité,

des relations professionnelles et de la qualité

de l’emploi dans les centrales nucléaires

Les durées de repos quotidien et hebdomadaire sont glo-

balementmieux respectées, néanmoins la prise en compte

par EDFdes demandes de l’ASNenmatièrededuréedu tra-

vail reste améliorable, enparticulier en raisonde l’absence

de système de décompte de la durée du travail des cadres.

Certains risques professionnels sontmieuxpris en compte,

comme les risques liés aux fumées de soudage. Par ailleurs,

l’élargissement annoncé par EDF des missions des « res-

ponsables de zone » à l’ensemble de la sécurité conven-

tionnelle des travailleurs est un point positif. Cependant

l’attention aux risques pour la santé et la sécurité doit tou-

jours être maintenue. Par ailleurs, la présence d’amiante

dans desmatériels est souvent identifiée tardivement, cequi

nécessite des adaptations dans l’organisationdes travaux.

Des progrès sont encore attendus dans le domaine de la

gestion de la co-activité (qualité des plans de prévention

notamment) et du recours à la sous-traitance (lutte contre

le prêt illégal demain-d’œuvre). L’ASNa également invité

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CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015