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à Cruas 3, de nombreux poils de brossemétallique sont
tombés dans le pressuriseur lors d’une opération de
maintenance ; ils ont été ensuite récupérés.
À la fin de l’année 2015, le nombre de réacteurs présen-
tant des fuites au niveau des gaines de combustible est en
nette baisse, avec quatre réacteurs concernés, alors qu’ils
étaient au nombre de sept un an auparavant.
Le réacteur de Nogent 2 avait, en 2014, été arrêté avant la
fin normale de son cycle de fonctionnement en raison de
l’augmentation importantedes temps de chutedes grappes
absorbantes, causée par des déformations d’assemblages
de combustible. La chute des grappes par gravité permet
l’arrêt d’urgencedu réacteur. En2015, du fait de l’augmen-
tation importante du temps de chute d’une grappe, EDF
a interrompu le cycle de fonctionnement afin de réparer
deux assemblages de combustible voisins de cette grappe,
ce qui a permis d’améliorer le temps de chute de la grappe.
En2014, à la suite d’une demande de l’ASN, EDF a adopté
desmesures de réductiondes risques liés à une oxydation
excessive des gaines de combustibles en alliage zircaloy-4
(une oxydation excessive pourrait conduire à unemoindre
résistance de ces gaines dans certains cas d’accident). Ces
mesures permettent de limiter l’oxydation des gaines en
alliage zircaloy-4 et restreignent au strict nécessaire les
mouvements de grappes absorbantes dès que l’épaisseur
calculée d’oxyde atteint la valeur de 80 µm. Le nombre
de réacteurs mettant en œuvre des assemblages gainés
en zircaloy-4 a diminué, passant de 49 en juillet 2014 à
31 en juillet 2015.
La deuxième barrière de confinement
Les exigences de l’arrêté du 10 novembre 1999, notam-
ment en ce qui concerne les interventions, le traitement
des défauts, les visites et les requalifications périodiques
des circuits primaires et circuits secondaires principaux,
sont respectées dans leur ensemble. La préparation des
épreuves hydrauliques sur ces circuits a cependant été
insuffisante sur aumoins trois centrales (absence d’outil-
lage adapté, saturation des générateurs de vapeur, etc.).
Le respect des dispositions relatives à la remise en service
des réacteurs après des arrêts pourmaintenance s’est éga-
lement amélioré en 2015. L’ ASN a cependant constaté
la persistance de lacunes dans l’établissement des dos-
siers de synthèse d’interventions notables et des délais
inappropriés pour la transmissiondes documents consti-
tuant les bilans des arrêts des réacteurs. Certains contrôles
réglementaires requis après remplacement d’éléments du
circuit primaire principal et des circuits secondaires prin-
cipaux de plusieurs réacteurs n’avaient pas été réalisés.
Des actions correctives ont été mises enœuvre en 2015 à
ce sujet. L’absence de ces contrôles traduit unmanque de
rigueur dans la mise en œuvre des exigences applicables
à la seconde barrière.
De même, la maîtrise des approvisionnements de pièces
de rechange d’équipements des circuits primaires et
secondaires principaux fabriqués selon l’arrêté du
12 décembre 2005 s’amélioremais figure toujours parmi
les points de vigilance.
Parmi les équipements constituant la seconde barrière de
confinement, lesGVet plus particulièrement leur faisceau
de tubes figurent parmi les plus sensibles.
L’ ASNconsidère que l’état des faisceaux tubulaires des GV
s’est amélioré du fait du remplacement des derniers GV
équipés de faisceaux tubulaires en alliage 600 MA (sen-
sible à la corrosion externe). La campagne des remplace-
ments de GV se poursuivra en 2016 par ceux disposant
d’un faisceau tubulaire en Inconel traité thermiquement
(600 TT). Cela sera le cas des réacteurs Gravelines 5 et
Paluel 2 en 2016.
L’ ASN considère que la stratégie d’exploitation et de
maintenance d’EDF relative au colmatage des plaques
entretoises des GV (passage en conditionnement à haut
pH, surveillance des paramètres chimiques et mise en
œuvre préventive des opérations de nettoyage des GV)
est appropriée. Cette démarche vise à maintenir en per-
manence le circuit secondaire dans un état de propreté
acceptable.
La troisième barrière de confinement
Gestion globale de la fonction de confinement
L’ organisationmise enœuvre par les centrales pour suivre
les activités et systèmes susceptibles d’avoir un impact
sur le confinement statique et dynamique des installa-
tions reste globalement satisfaisante. Néanmoins, des
améliorations sont encore attendues sur l’état du confi-
nement, de la troisième barrière et de ses constituants,
notamment concernant la maintenance des siphons de
sol ainsi que des portes participant aumaintien du confi-
nement statique.
Les enceintes à simple paroi revêtue sur la face interne
d’une peau d’étanchéité métallique
Le vieillissement des enceintes des réacteurs de 900MWe
a été examiné en 2005 lors du réexamen périodique
associé à leur troisième visite décennale afin d’évaluer
leur étanchéité et leur tenue mécanique. Les épreuves
des enceintes réalisées lors des arrêts décennaux de
ces réacteurs depuis 2009 n’ont pas mis en lumière de
problème particulier susceptible de remettre en cause
leur exploitation pour dix années supplémentaires,
à l’exception du réacteur 5 de la centrale du Bugey.
Une épreuve réalisée en 2011, bien que présentant
des résultats conformes aux critères d’essai, a montré
une évolution défavorable de l’étanchéité de l’enceinte.
L’ ASN a demandé par la prescription [INB 89-36] de
la décision n° 2014-DC-0474 du 23 décembre 2014
à la centrale du Bugey de programmer une nouvelle
épreuve au plus tard en septembre 2016. Des essais
en pression réalisés lors de la visite partielle du réac-
teur 5, qui a débuté le 27 août 2015, ont montré que
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CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




