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cette enceinte doit faire l’objet de réparations. Pour

le reste des enceintes des réacteurs de 900 MWe, les

résultats des épreuves décennales des enceintes ont

montré jusqu’ici des taux de fuite conformes aux cri-

tères réglementaires (27 réacteurs sur 34 ont réalisé

cette épreuve).

Les enceintes à double paroi

Les résultats des épreuves des enceintes à double paroi

réalisées lors des premières visites décennales des réac-

teurs de 1 300 MWe avaient permis de détecter une

augmentation des taux de fuite de la paroi interne

de certaines de ces enceintes sous l’effet combiné de

déformations du béton et de pertes de précontrainte

de certains câbles plus importantes qu’anticipées à la

conception.

EDF a alors engagé d’importants travaux consistant à

recouvrir localement, par un revêtement d’étanchéité

en résine, l’intrados de la paroi interne des enceintes

les plus affectées des réacteurs de 1 300 MWe mais

aussi des réacteurs du palier N4. Les épreuves réalisées

depuis ces travaux, lors des secondes visites décennales

des réacteurs de 1 300 MWe et des premières visites

décennales des réacteurs du palier N4, ont toutes res-

pecté les critères réglementaires de taux de fuite. Afin

de sécuriser le respect de ces critères lors des pro-

chaines visites décennales, EDF envisage de compléter

ces revêtements d’étanchéité à l’intrados par des revê-

tements du même type, mis en œuvre à l’extrados des

enceintes internes des bâtiments réacteurs.

L’ ASN reste vigilante sur l’évolution de l’étanchéité de

ces enceintes, non revêtues à la conception par une

peau métallique intégrale. Une analyse des enjeux liés

au confinement des réacteurs à double paroi a ainsi

été examinée par le GPR le 26 juin 2013, dans la pers-

pective des troisièmes visites décennales des réacteurs

de 1 300 MWe. L’ ASN s’est prononcée sur ce sujet en

juin 2014 et sera attentive au respect des engagements

qu’EDF a pris à cette occasion.

Les principales conclusions de l’ASN sont :

au-delà de la surveillance satisfaisante de l’état du

béton mise en place par EDF, des actions complé-

mentaires de prévention ou la limitation des apports

d’eau extérieurs doivent aussi être envisagées car il

s’agit, en l’état actuel des connaissances, du princi-

pal moyen de préservation des enceintes vis-à-vis

des pathologies de gonflement du béton ;

EDF doit renforcer la surveillance en exploitation

et l’inspection visuelle de certains points singuliers

de ces enceintes (fourreaux, tampon d’introduction

des matériels) ;

l’ASN considère que le système d’instrumentation

qui assure la fonction de contrôle en continu du taux

de fuites de l’enceinte (Sexten) doit faire l’objet d’un

classement de sûreté par EDF et d’un suivi en exploi-

tation de son bon fonctionnement.

4.1.2 L’évaluation des dispositions concernant

les hommes et les organisations

Les démarches mises en œuvre par les centrales

et les acteurs dédiés à la prise en compte

des facteurs organisationnels et humains

L’ organisation des centrales nucléaires pour prendre en

compte les facteurs organisationnels et humains (FOH)

est jugée perfectible.

EDFdispose en son seinde consultants en facteurs humains

(FH), qui contribuent au retour d’expérience et à la for-

mation des intervenants. Leurs missions pourraient être

étendues à d’autres champs des FOH, tels que la prise en

compte de l’organisation et des besoins des intervenants

dans l’évolutiondes systèmes oudans lesmodifications de

certainsmatériels. L’ASNa constaté en2015, sur deux sites,

que plusieurs postes de consultants FH étaient vacants.

Enfin, certains sites commencent à être dotés d’un réseau

de correspondants locaux FH, présents au sein des ser-

vices techniques, animé par le consultant FH.

Les managers renforcent globalement leur présence sur

le terrain mais l’objectif de ces visites manque parfois de

précision; elles peuvent être réalisées dans la perspective

de contrôler des écarts de comportement des intervenants

ou bien l’état des installations, plutôt que pour effectuer

des observations de situations de travail qui permettraient

d’y détecter des améliorations possibles oudes besoins en

formation des intervenants.

Des efforts importants sont engagés par EDF pour déve-

lopper la mise en œuvre des pratiques de fiabilisation

des interventions. Pour l’ASN, cela peut être insuffi-

sant et il convient de développer également des actions

d’amélioration propres aux sites concernant l’organi-

sation, le management de la sûreté ou les conditions

d’intervention.

L’ organisation du travail et les conditions

d’intervention des intervenants

L’ ASN relève toujours en 2015 de nombreuses insuffi-

sances concernant les conditions d’interventiondes inter-

venants. L’ASNa ainsi pu constater desmatériels inadaptés

aux tâches à effectuer, du fait de leur indisponibilité ou

de leur mauvaise conception, des locaux exigus ou inac-

cessibles, des défauts de signalétique ou des indications

difficiles à lire.

Sur tous les sites, les documents mis à disposition des

intervenants par EDF se révèlent parfois absents et régu-

lièrement inappropriés, incomplets, trop complexes ou

peu adaptés. Ce constat, fait depuis plusieurs années

par l’ASN, conduit à s’interroger sur l’efficience du pro-

cessus d’élaboration et de révision documentaire mis

en œuvre par EDF, ceci d’autant que ces insuffisances

peuvent induire de la pénibilité chez les intervenants et

une diminution de la performance et ont pu conduire

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CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015