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Les actions liées au réexamenpériodique vont sepoursuivre

dans les prochaines années avec notamment l’instruction

du dossier de modification du décret d’autorisation de

création et de la demande de modification de la décision

sur les rejets. L’ASN demande que l’exploitant s’organise

pour produire les études justifiant de la sûreté des instal-

lations et réponde aux engagements pris dans le cadre de

son dossier de réexamen périodique.

1.2 La radioprotection

dans le domaine médical

Radiothérapie

La régionNord-Pas-de-Calais compte 12 centres de radio-

thérapie, qui mettent en œuvre 29 accélérateurs, pour

la plupart récents, ainsi que des techniques innovantes.

Depuis plusieurs années, l’ASN constate que les centres

sont engagés dans une réelle démarche de progrès visant

à améliorer la rigueur, l’organisation et la traçabilité des

interventions. La démarche qualité mise en place au sein

des établissements donne satisfaction, même si l’ASN

relève une hétérogénéité entre les centres et un manque

de constance dans le temps.

Les sept inspections menées en 2015 par l’ASN dans les

centres de radiothérapie ont permis notamment d’exa-

miner les points relatifs à l’organisation des centres, à la

mise enœuvre d’un système demanagement de la qualité

et à la gestion des compétences du personnel impliqué

dans la délivrance des traitements. L’ ASN constate que la

situation des effectifs de radiophysiciens est désormais

globalement satisfaisantemême si elle reste instable pour

certains centres. Enfin, comme en 2014, l’ASN a réalisé

une campagne de contrôles inopinés sur certains centres

de radiothérapie au cours de l’été 2015. L’objectif était de

vérifier la présence minimale de radiothérapeutes et de

personnels techniques pendant les traitements (radio­

physiciens etmanipulateurs). Àce jour, tous les centres de

la régionNord - Pas de Calais ont fait l’objet d’un contrôle

sur ce point.

La démarche de recueil et d’analyse des événements

indésirables est désormais mise en place dans tous les

centres. Toutefois, l’ASN constate toujours un essouf-

flement de la dynamique de recensement et d’analyse

des événements indésirables et précurseurs ainsi que

du nombre de déclarations des événements significatifs

de radioprotection ; ce nombre reste à un niveau assez

faible. En 2015, l’ASN a été informée de deux événe-

ments significatifs de niveau 2 sur l’échelle ASN-SFRO

relative aux patients.

La démarche de mise sous assurance qualité du proces-

sus de prise en charge des patients progresse de manière

satisfaisante par rapport aux dispositions réglementaires

applicables. Les procédures doivent être confortées par

la mise en œuvre d’outils de vérification de la maîtrise

des processus.

Le domaine de la radiothérapie fait de plus en plus appel

à des technologies innovantes qui permettent notamment

unemeilleure précisiondans les traitements (par exemple

la radiothérapie guidée par l’image). L’ ASNdemande que

l’appropriation par les équipes des centres fasse l’objet

d’une réflexion approfondie.

Enfin, l’ASN note que, pour les deux centres de curie­

thérapie, les démarches qui visent la qualité et la sécurité

de soins ne sont pas aussi avancées que dans les services

de radiothérapie.

Pratiques interventionnelles

En 2015, l’ASN a réalisé six inspections dans le domaine

des pratiques interventionnelles, notamment en blocs

opératoires. Les pratiques interventionnelles regroupent

les actes médicaux invasifs, diagnostiques ou thérapeu-

tiques, guidés à l’aide de rayonnements ionisants (voir

chapitre 9, point 1.1.2). L’ ASN a identifié des progrès

dans le port des équipements de protection individuelle

par les travailleurs.Néanmoins, des efforts restent à accom-

plir notamment sur le port de la dosimétrie, plus spéci-

fiquement au niveau des praticiens, sur la formation à la

radioprotection des travailleurs et des patients ainsi que

sur l’optimisation de la dose délivrée aux patients.

Les actions de contrôle de l’ASNdans le domaine des pra-

tiques interventionnelles s’appuient sur une étude réalisée

en 2013 auprès des établissements de la région réalisant

des actes aux blocs opératoires et en salles dédiées. Cette

étude a permis de renforcer la connaissance des pratiques

interventionnelles dans la région, d’étudier les actions

actuellement mises en œuvre pour protéger les travail-

leurs et les patients contre les rayonnements ionisants, et

de mieux appréhender l’ensemble des spécialités médi-

cales ainsi que les enjeux forts de radioprotection pour le

personnel et pour les patients.

L’ASN constate actuellement que les pratiques interven-

tionnelles sont de plus en plus utilisées et qu’elles ont

considérablement évolué au cours des dernières années.

Elles présentent des enjeuxde radioprotectiondoubles : ils

concernent l’exposition du praticien et de l’équipemédi-

cale, qui peut être significative, et celle du patient, en par-

ticulier lors d’actes longs ou répétés. L’ enquête réalisée par

l’ASN sur les pratiques interventionnelles dans la région

Nord-Pas-de-Calais en2014 révèle unemarge de progres-

sion importante dans la prise en compte de ces risques,

notamment par la nécessité d’optimiser les paramètres

des équipements, ce qui permet de réduire l’exposition

des patients et des travailleurs.

Médecine nucléaire

Dans le domaine de la médecine nucléaire, l’ASN a

mené, en 2015, neuf inspections. Ces inspections

mettent en évidence une progression de la prise en

compte des règles de radioprotection ; l’ASN estime

toutefois que cette progression reste encore trop lente.

Des progrès sont notamment attendus en matière de

DIVISION DE LILLE

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CHAPITRE 08 :

LE PANORAMA RÉGIONAL DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015