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L’ASN a engagé au deuxième trimestre 2015 un contrôle

renforcé du centre hospitalier universitaire de Besançon

(CHRUB) en raison d’évolutions notables de son organi-

sation en radiothérapie, tant au plan technique (mise en

œuvre de nouvelles pratiques) qu’organisationnel (démé-

nagement et regroupement de service), et parce que cet

établissement est l’un des moins avancés dans la mise en

œuvre des obligations d’assurance de la qualité en radio-

thérapie et de radioprotection au bloc opératoire.

Sept inspecteurs de l’ASN ont ainsi été mobilisés durant

trois jours enmai 2015pour évaluer l’efficacité des actions

engagées par leCHRUBpour améliorer la radioprotection

des professionnels de santé et des patients dans le domaine

de la radiothérapie et des pratiques interventionnelles. Ces

inspections ont permis à l’ASN de constater que le per-

sonnel s’était fortement mobilisé pour faire progresser la

radioprotection. Plusieurs écarts relevés lors des inspec-

tions précédentes ont été corrigés, notamment pour ce qui

concerne la radioprotection des professionnels de santé

dans les salles dédiées à la radiologie interventionnelle.

L’ASN a toutefois relevé qu’il était nécessaire de renforcer

le pilotage opérationnel des actions concourant à la radio-

protection des professionnels de santé et des patients au

sein des pôles de cancérologie et d’imagerie.

En 2015, cinq événements significatifs ont été déclarés

concernant la radioprotectiondes patients en radiothérapie

à la suite d’erreurs dans la réalisation de l’examen, dont

trois ont été classés au niveau 1 de l’échelle ASN-SFRO.

L’ASNconsidère que les centres de radiothérapie doivent

porter une attention accrue à la mise à jour de leurs pro-

cédures lorsque surviennent des évolutions matérielles

ou organisationnelles.

Pratiques interventionnelles

L’ASN a porté en 2015 une attention particulière aux éta-

blissements qui utilisent des amplificateurs de brillance

au bloc opératoire et sept inspections ont été réalisées

dans ce domaine (voir chapitre 9, point 1.1.2). La mise

enœuvre des actions de radioprotectiondemeure perfec-

tible et deux des établissements contrôlés n’ont pas pro-

gressé par rapport aux années antérieures.

Enmatièrede radioprotectiondes professionnels de santé,

les établissements ont pris consciencedu rôle et de l’impor-

tancede lapersonne compétente en radioprotection (PCR)

mais le temps alloué pour l’exécutionde sesmissions reste

encore trop limité. Des progrès sensibles ont été relevés en

matière de port des dosimètres. En revanche, le port des

équipements de protectionpar les praticiens, les études de

posteetlaformationàlaradioprotectionrestentperfectibles.

Enmatièrede radioprotectiondes patients, l’ASNa constaté

quel’interventiondepersonnesspécialiséesenradiophysique

médicale (PSRPM) progresse et que l’obligationde contrôle

qualité des appareils utilisés était globalement respectée.

Des progrès restent à réaliser pour l’optimisationdes doses

délivrées aux patients, en particulier par la formation des

médecins à l’utilisation des appareils d’imagerie.

En 2015, seul un événement significatif a été déclaré à

l’ASN concernant l’absence de port de dosimètre par un

professionnel de santé.

Médecine nucléaire

En médecine nucléaire, l’ASN a délivré quatre autorisa-

tions en 2015 dont trois pour des modifications notables

de l’organisation des services. Les trois inspections réa-

lisées ont permis de confirmer les progrès significatifs

en radioprotection des patients et des professionnels de

santé engagés en 2014. Concernant la radioprotection

des patients, les doses administrées se situent dans la très

grande majorité des cas en deçà des niveaux de référence

diagnostic et l’intervention d’une PSRPM est généralisée

pour la vérification des contrôles de qualité. Concernant

la radioprotectiondes professionnels de santé, une bonne

implication des PCR a été relevée. Les principaux axes

de progrès concernent le niveau de détail de l’étude des

postes de travail, le zonage radiologique et lamise enplace

de procédures pour éviter les erreurs d’administration de

radiopharmaceutiques.

Les services demédecinenucléaire font preuved’unebonne

culture de radioprotection et détectent les anomalies qui

surviennent pour en tirer un retour d’expérience. En2015,

11 événements significatifs ont ainsi été déclarés à l’ASN,

ce qui représente la moitié des événements déclarés dans

le domaine médical. Près de la moitié de ces événements

concerne la radioprotection des patients et a pour origine

des erreurs dans la réalisation de l’examen. Ceci met en

évidence l’importance d’une organisationpour la sécurité

des soins dans les services de santé.

Radiologie conventionnelle

L’ASN a procédé en 2015 à une campagne d’inspections

portant sur 16 cabinets de radiologie conventionnelle en

Bourgogne et Franche-Comté. L’ évaluation des risques

pour la délimitation des zones réglementées et les études

de poste pour le classement des travailleurs exposés sont

réalisées par tous les cabinets. La quasi-totalité du per-

sonnel exposé porte un dosimètre passif et est suivie par

un médecin du travail à la périodicité réglementaire. Les

contrôles internes de radioprotection sont bien réalisés

selon la périodicité réglementaire, mais pas les contrôles

externes pour 66 %des cabinets. La formation à la radio-

protection des travailleurs et des patients est perfectible

pour 75 % des cabinets. L’ ASN a jugé au final la situa-

tion assez satisfaisante pour plus de 80 % des cabinets

de radiologie contrôlés.

1.2 La radioprotection dans les

secteurs industriel et de la recherche

Radiologie industrielle

L’ASN a réalisé six inspections en 2015 dans ce domaine,

dont une visant une entreprise prestataire. Les inspecteurs

DIVISION DE DIJON

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CHAPITRE 08 :

LE PANORAMA RÉGIONAL DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015