1. GÉNÉRALITÉS
SUR LES CENTRALES
ÉLECTRONUCLÉAIRES
1.1 Présentation générale
d’un réacteur à eau sous pression
Toute centrale électrique thermique produit, en faisant
passer de la chaleur d’une source chaude vers une source
froide, de l’énergie mécanique qu’elle transforme en
électricité. Les centrales classiques utilisent la chaleur
dégagée par la combustion de combustibles fossiles
(fioul, charbon, gaz). Les centrales nucléaires utilisent
celle qui est dégagée par la fission d’atomes d’uranium
ou de plutonium. La chaleur produite permet de vapori-
ser de l’eau. La vapeur est ensuite détendue dans une
turbine qui entraîne un alternateur générant un cou-
rant électrique triphasé d’une tension de 400 000 V.
La vapeur, après détente, passe dans un condenseur
où elle est refroidie au contact de tubes dans lesquels
circule de l’eau froide provenant de la mer, d’un cours
d’eau (fleuve, rivière) ou d’un circuit de réfrigération
atmosphérique.
Chaque réacteur comprend un îlot nucléaire, un îlot
conventionnel, des ouvrages de prise et de rejet d’eau et
éventuellement un aéroréfrigérant.
L’îlot nucléaire comprend essentiellement la cuve du réac-
teur, le circuit primaire, les générateurs de vapeur (GV)
et des circuits et systèmes assurant le fonctionnement et
la sûreté du réacteur : les circuits de contrôle chimique et
volumétrique, de refroidissement à l’arrêt, d’injection de
sécurité, d’aspersion dans l’enceinte, d’alimentation en
eau des GV, les systèmes électriques, de contrôle-com-
mande et de protection du réacteur. À ces éléments sont
également associés des circuits et systèmes assurant des
fonctions supports : traitement des effluents primaires,
récupération du bore, alimentation en eau, ventilation
et climatisation, alimentation électrique de sauvegarde
(groupes électrogènes à moteur diesel).
L’îlot nucléaire comprendégalement les systèmes d’évacua-
tion de la vapeur (vanne d’arrêt vapeur – VVP) vers l’îlot
conventionnel, ainsi que le bâtiment abritant la piscine
d’entreposage du combustible (BK). Ce bâtiment, attenant
au bâtiment réacteur, sert pour l’entreposage des assem-
blages combustibles neufs et usagés (un tiers ou un quart
du combustible est remplacé tous les douze à dix-huitmois
selon les modes d’exploitation des réacteurs). Le com-
bustible est maintenu immergé dans les alvéoles placées
L
e contrôle
des centrales électronucléaires est unemission historique de l’Autorité
de sûreté nucléaire (ASN). Les réacteurs de production d’électricité sont au cœur
de l’industrie nucléaire enFrance. De nombreuses autres installations décrites dans
d’autres chapitres de ce rapport produisent le combustible destiné aux centrales
nucléaires ou le retraitent, stockent des déchets provenant des centrales nucléaires
ou encore servent à étudier des phénomènes physiques liés à l’exploitation ou à la sûreté de
ces réacteurs. Les réacteurs français sont techniquement proches les uns des autres et forment
un parc standardisé exploité par EDF. Si cette homogénéité permet à l’exploitant et à l’ASN
de disposer d’une solide expérience du fonctionnement des réacteurs électronucléaires fran-
çais, elle présente aussi un risque accru en cas de détection d’un défaut de conception ou de
maintenance sur l’une de ces installations. L’ ASN exige donc d’EDF une forte réactivité dans
l’analyse du caractère générique de ces défauts et de leurs conséquences pour la protection
des personnes et de l’environnement.
L’ASN impose un haut niveau d’exigence dans le contrôle des centrales nucléaires et l’adapte
continuellement au regarddes nouvelles connaissances. Pour contrôler la sûreté des réacteurs
en fonctionnement, en construction et en projet, l’ASN mobilise quotidiennement près de
200 agents au sein de la Direction des centrales nucléaires (DCN), de la Direction des équipe-
ments sous pression nucléaires (DEP) ou de ses divisions territoriales et s’appuie sur quelque
200 experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
L’ASNdéveloppe une approche intégrée du contrôle qui couvre non seulement la conception
des nouvelles installations, leur construction, les modifications, la prise en compte du retour
d’expérience des événements ou les problèmes de maintenance, mais aussi les domaines des
facteurs organisationnels et humains, de la radioprotection, de la protection de l’environne-
ment, de la sécurité des travailleurs et de l’application des lois sociales. Cette vision intégrée
permet à l’ASN d’affiner son appréciation et de prendre position chaque année sur l’état de la
sûreté nucléaire, de la radioprotection et de l’environnement des centrales nucléaires.
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CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




