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Lesmodifications des STE font l’objet d’une déclaration à

l’ASNavant leurmise enœuvre. Parmi celles-ci, certaines

modifications temporaires des STE à faible impact pour la

sûreté sont dispensées de cette déclarationdans lamesure

où elles peuvent être traitées par le système d’autorisation

internemis en place par EDF et encadré par une décision

de l’ASN. Le fonctionnement de ce système est contrôlé par

l’ASN, dans les services centraux de l’exploitant comme

dans les centrales nucléaires.

Plus largement, en inspection, l’ASN vérifie que l’exploi-

tant respecte les STE et, le cas échéant, les mesures com-

pensatoires associées auxmodifications temporaires. Elle

contrôle également la cohérence entre les documents d’ex-

ploitation normale, tels que les consignes de conduite et

les fiches d’alarme, les STE et la formation des acteurs en

charge de leur application.

L’examen des modifications apportées aux matériels

Pour améliorer les performances industrielles de sonoutil

deproduction, traiter les écarts détectés,mettre enplace les

modifications de conception issues des réexamens pério-

diques oude l’analysedu retour d’expérience, EDFmodifie

régulièrement ses installations. Lesmodifications denature

à affecter la sûreté nucléaire ou la protection de l’environ-

nement sont déclarées à l’ASNavant leurmise enœuvre et

font l’objet d’une instruction avant la prise de position de

l’ASN. Lesmodifications concourant à la résorptiond’écarts

de conformité ou répondant aux prescriptions de l’ASN,

notamment celles issues des évaluations complémentaires

de sûreté, font l’objet d’une attention particulière.

L’ ASN contrôle lesmodalités demise enœuvre desmodi-

fications qui ont fait l’objet d’un accord de sa part, notam-

ment lors des arrêts des réacteurs pour rechargement et

maintenance.

2.2.2 La conduite en cas d’incident ou d’accident

Le chapitre VI des RGE regroupe l’ensemble des règles de

conduite du réacteur en situationd’incident oud’accident

et prescrit la conduite à adopter sur un réacteur dans ces

situations. Les modifications du chapitre VI des RGE de

nature à affecter la sûreté nucléaire font l’objet d’une décla-

ration à l’ASN avant leur mise en œuvre.

Le chapitre VI des RGE évolue pour intégrer le retour d’ex-

périence des incidents et accidents et prendre en compte

lesmodifications apportées aux installations, notamment

celles issues des réexamens périodiques.

L’ ASN contrôle régulièrement les règles de conduite en

cas d’incident ou d’accident et leursmodalités demise en

œuvre. Dans ce cadre, l’ASNmet en situation les équipes

de conduite de l’installation. Elle vérifie ainsi la cohérence

entre les consignes de conduite appliquées et les règles

du chapitre VI des RGE, les modalités d’application de

ces documents et les règles de gestion des matériels spé-

cifiques utilisés en conduite accidentelle.

2.2.3 La conduite en cas d’accident grave

Dans le cas où, à la suite d’un incident ou d’un accident, la

conduite du réacteur ne permettrait pas de le ramener dans

un état stable et où une succession de défaillances condui-

rait à une détérioration du cœur, le réacteur entrerait dans

unesituationdited’accidentgrave.Faceàdetellessituations,

peu probables, diverses mesures doivent être prises pour

permettre aux opérateurs de sauvegarder le confinement

afin de minimiser les conséquences de l’accident (voir cha-

pitre 5,point 1.3.1).Lesopérateursrecourentalorsauxcom-

pétencesdeséquipesdecriseconstituéesauniveaulocaletau

niveaunational.Ceséquipess’appuientsurlepland’urgence

interne(PUI)compléténotammentduguided’intervention

enaccidentgraveetdesguidesd’actiondeséquipesdecrise.

L’ASNexamine périodiquement les stratégies développées

par EDF dans ces documents, en particulier dans le cadre

des réexamens périodiques des réacteurs.

2.3 Le combustible

2.3.1 Les évolutions de la gestion

du combustible en réacteur

Dans le but d’accroître la disponibilité et les performances

des réacteurs en exploitation, EDF recherche et développe,

avec les fabricants de combustible nucléaire, des amélio-

rations à apporter aux combustibles et à leur utilisation en

réacteur. Cette dernière, dite « gestion de combustible »

est décrite au point 1.2.

L’ASNveille à ce que chaque évolution de gestion de com-

bustible fasse l’objet d’une démonstration spécifique de

la sûreté des réacteurs concernés, basée sur les caractéris-

tiques propres à la nouvelle gestion. Lorsqu’une évolution

du combustible ou de son mode de gestion amène EDF à

modifieruneméthoded’étuded’accident, celle-ci fait préa-

lablement l’objet d’unexamenet nepeut êtremise enœuvre

sans accord de l’ASN. Lorsque des évolutions importantes

sont apportées à la gestion de combustible, leur mise en

œuvre est encadrée par une décision du collège de l’ASN.

2.3.2 La surveillance de l’état du combustible

en réacteur

Le comportement du combustible est un élément essen-

tiel de la sûreté du cœur en situation de fonctionne-

ment normal ou accidentel et sa fiabilité est primordiale.

Ainsi, l’étanchéité des gaines des crayons de combus-

tible, présents à raison de plusieurs dizaines de mil-

liers dans chaque cœur et qui constituent la première

barrière de confinement, fait l’objet d’une attention

particulière. En fonctionnement normal, l’étanchéité

est suivie par EDF par la mesure permanente de l’acti-

vité de radioéléments présents dans le circuit primaire.

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CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015