Table of Contents Table of Contents
Previous Page  373 / 536 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 373 / 536 Next Page
Page Background

que les exigences relatives à la sûreté, la radioprotec-

tion et la protection de l’environnement soient systé-

matiquement prises en compte dans toute décision

concernant l’installation. Le SMI précise les disposi-

tions prises en matière d’organisation et de ressources

de tout ordre, en particulier celles retenues pour maî-

triser les activités importantes. Ainsi, l’ASN demande

à l’exploitant de mettre en place un SMI qui permette

le maintien et l’amélioration continue de la sûreté, à

travers, notamment, le développement d’une culture

de sûreté. L’ arrêté du 7 février 2012 prévoit aussi que

le traitement des événements significatifs permette de

déterminer à travers la réalisation d’une analyse appro-

fondie les causes organisationnelles et humaines, en

sus des causes techniques.

Le contrôle de l’ASN sur les dimensions organisation-

nelles et humaines s’appuie sur des inspections qui

portent sur les actions entreprises par l’exploitant pour

intégrer les FSOH dans toutes les phases du cycle de

vie d’une centrale nucléaire. Ainsi, l’ASN contrôle les

activités d’ingénierie aumoment de la conception d’une

nouvelle installation ou de la modification d’une ins-

tallation existante. En particulier, l’ASN s’assure que la

démarche de conceptionmise en œuvre par l’exploitant

est « centrée sur l’opérateur humain ». De plus, les ins-

pections effectuées par l’ASN s’intéressent aux activités

réalisées pour l’exploitation des centrales existantes,

aux conditions d’exercice de ces activités (accessibilité

des locaux, ambiance sonore, thermique et lumineuse,

etc.) et aux moyens mis à disposition des intervenants

(outils, documents opératoires, etc.). Par ailleurs, l’ASN

contrôle l’organisation mise en œuvre par EDF pour

gérer les compétences et les effectifs nécessaires à la

réalisation de ces activités. Il en est de même pour les

moyens, les compétences et la méthodologie engagés

par EDF pour la mise en œuvre de démarches sur les

FSOH. L’ ASN contrôle aussi le système de manage-

ment de la sûreté d’EDF, qui doit apporter un cadre et

un support aux décisions et actions qui concernent,

directement ou par effet induit, des enjeux de sûreté.

Enfin, l’ASN contrôle l’organisation d’EDF pour analy-

ser les événements, la profondeur des analyses menées

pour s’assurer de la bonne recherche des causes pro-

fondes, ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre des

suites données à ces analyses.

En plus des inspections, le contrôle de l’ASN s’appuie

sur les évaluations faites à sa demande par l’IRSN et le

Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires

(GPR). Par exemple, l’avis du GPR a été sollicité en 2013

sur la thématique du management de la sûreté et de la

radioprotection lors des arrêts de réacteur et en 2015 sur

lamaîtrise de la sous-traitance par EDF pour les activités

de maintenance réalisées dans les centrales nucléaires

d’une part et sur l’examen des moyens organisation-

nels, humains et techniques pour la conduite du réac-

teur EPR d’autre part.

2.2 La conduite du réacteur

2.2.1 La conduite en fonctionnement normal :

veiller au respect des règles d’exploitation et examiner

les modifications documentaires et matérielles

Les règles générales d’exploitation (RGE) encadrent le fonc-

tionnement des réacteurs électronucléaires. Elles déclinent

de manière opérationnelle les hypothèses et conclusions

des études de sûreté issues du rapport de sûreté et fixent

les limites et conditions d’exploitation de l’installation.

Les évolutions des spécifications techniques

d’exploitation

Au sein des RGE, les spécifications techniques d’exploi-

tation (STE) définissent les domaines de fonctionnement

normal, identifient les systèmes nécessaires aux fonctions

de sûreté mis en œuvre en situation d’incident ou d’acci-

dent (voir point 2.2.2) et prescrivent la conduite à tenir

en cas de dépassement d’une limite de fonctionnement

normal (pressions, températures, flux neutronique, para-

mètres chimiques et radiochimiques…) ou d’indisponi-

bilité d’un système requis.

Les STE évoluent pour intégrer le retour d’expérience de

leur application et prendre en compte les modifications

apportées aux installations. L’ exploitant peut aussi les

amender pour réaliser une intervention dans des condi-

tions différentes de celles initialement prises en compte.

Assemblage combustible MOX en zone de chargement dans l’installation Mélox,

usine de fabrication de combustible MOX.

373

CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015