Table of Contents Table of Contents
Previous Page  483 / 536 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 483 / 536 Next Page
Page Background

1.1.1 La production de déchets radioactifs

dans les installations contrôlées par l’ASN

L’ ASN ne contrôle pas l’ensemble des activités liées à

la gestion des déchets radioactifs. Ainsi, l’Autorité de

sûreté nucléaire de défense (ASND) contrôle les acti­

vités liées à la défense nationale. Par ailleurs, certaines

installations de gestion de déchets radioactifs qui ne

remplissent pas les conditions définies dans le décret

n° 2007-830 du 11 mai 2007 relatif à la nomenclature

des INB peuvent relever du statut des installations clas­

sées pour la protection de l’environnement (ICPE) et

sont alors placées sous le contrôle des préfets, ou être

autorisées par l’ASN au titre du code de la santé publique.

Le décret n° 2014-996 du 2 septembre 2014, qui a

modifié la nomenclature des installations classées,

définit la répartition des compétences en matière de

contrôle des installations de gestion des substances

radioactives. Ainsi, l’autorisation des substances radioac­

tives sous forme scellée (dites sources scellées) relève

désormais uniquement du code de la santé publique

et est donc réglementée par l’ASN. L’ autorisation des

substances radioactives sous forme non scellée et des

déchets radioactifs relève en revanche du code de l’en­

vironnement si le volume présent dans l’installation est

supérieur à 10 m

3

et du code de la santé publique si le

volume est inférieur.

La production de déchets radioactifs

dans les INB

En France, la gestion des déchets radioactifs dans les INB

est notamment encadrée par l’arrêté du 7 février 2012

fixant les règles générales relatives aux INB, dont le

titre VI est relatif à la gestion des déchets.

Une caractéristique notable de la réglementation française

est qu’il n’existe pas de seuils de libération

1

. Concrè­

tement, la mise en œuvre de cette doctrine conduit à

établir dans les INB un plan de zonage déchets qui per­

met d’identifier les zones où les déchets produits sont

contaminés, activés ou susceptibles de l’être. Les déchets

produits dans ces zones sont, de manière conservatoire,

gérés comme s’ils étaient radioactifs et doivent alors être

dirigés vers des filières spécifiques. Les déchets issus

des autres parties de l’installation sont, après contrôle

de l’absence de radioactivité, dirigés vers des filières

autorisées de gestion des déchets dangereux, non dan­

gereux ou inertes selon les propriétés du déchet.

La réglementation impose également aux exploitants la

réalisationd’études déchets, décrivant les objectifs de pré­

vention et de réduction à la source de la production et de

la nocivité des déchets ainsi que lesmoyensmis enœuvre

1. Seuils d’activité en dessous desquels il serait possible de considérer

qu’un déchet très faiblement radioactif provenant d’une installation

nucléaire pourrait être géré dans une filière conventionnelle sans

exigence de traçabilité.

1.1 Le cadre réglementaire

de la gestion des déchets radioactifs

La gestion des déchets radioactifs s’inscrit dans le cadre

général de gestion des déchets défini au chapitre I du

titre IV du livre V du code de l’environnement et dans

ses décrets d’application. Des dispositions particulières

relatives aux déchets radioactifs ont été introduites tout

d’abord par la loi n° 91-1381 du 30 décembre 1991 rela­

tive aux recherches sur les déchets de haute activité à vie

longue puis par la loi n° 2006-739 du 28 juin 2006 de

programme relative à la gestion durable des matières et

des déchets radioactifs, dite loi « déchets », qui donne

un cadre législatif à la gestion de l’ensemble des matières

et des déchets radioactifs (ces lois sont largement codi­

fiées au chapitre II du titre IV du livre V du code de

l’environnement).

Cette loi « déchets » fixe notamment un nouveau calen­

drier pour les recherches sur les déchets de haute activité

et de moyenne activité à vie longue (HA et MA-VL) et un

cadre juridique clair pour sécuriser les fonds nécessaires

au démantèlement et à la gestion des déchets radioactifs.

Elle prévoit aussi l’élaboration du PNGMDR, qui vise à

réaliser périodiquement un bilan et définir les perspec­

tives de la politique de gestion des substances radioac­

tives. Elle renforce également les missions de l’Agence

nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Enfin, elle interdit le stockage sur le sol français de déchets

étrangers, en prévoyant l’adoption de règles précisant

les conditions de retour des déchets issus du traitement

en France des combustibles usés et des déchets prove­

nant de l’étranger.

Ce cadre a été amendé en 2016 avec la publication de

l’ordonnance n° 2016-128 du 10 février 2016 qui a

permis de :

transposer la directive 2011/70/Euratom du Conseil

du 19 juillet 2011 établissant un cadre communau­

taire pour la gestion responsable et sûre du combus­

tible usé et des déchets radioactifs ;

adapter la législation existante aux dispositions

transposant cette directive, sans remettre en cause

l’interdictiondu stockage enFrance de déchets radioactifs

en provenance de l’étranger ainsi que celui de déchets

radioactifs issus du traitement de combustibles usés et

de déchets radioactifs provenant de l’étranger prévue à

l’article L. 542-2 du code de l’environnement, et préciser

les conditions d’application de cette interdiction ;

définir une procédure de requalification des matières

en déchets radioactifs par l’autorité administrative ;

renforcer les sanctions administratives et pénales exis­

tantes et prévoir de nouvelles sanctions en cas demécon­

naissance des dispositions applicables en matière de

déchets radioactifs et de combustible usé ou en cas

d’infraction à ces dispositions.

Parmi ces dispositions, l’ASNnote l’importance de la défi­

nition d’une procédure de requalification desmatières en

déchets radioactifs par l’autorité administrative.

483

CHAPITRE 16 :

LES DÉCHETS RADIOACTIFS ET LES SITES ET SOLS POLLUÉS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015