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par cancer dupoumon seraient attribuables chaque année

à l’exposition domestique au radon, soit entre 4 et 10 %

des décès par cancer (environ 30000 par an en 2012).

À l’initiative de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un

plan national d’action pour la gestion des risques liés au

radon a été mis en place depuis 2004, il est périodique-

ment réactualisé (voir point 3.2.2).

1.3 Les incertitudes scientifiques

et la vigilance

Les actionsmenées dans les domaines de la sûreté nucléaire

et de la radioprotectionpour prévenir les accidents et limi-

ter les nuisances ont permis de réduire les risques sans tou-

tefois les supprimer, qu’il s’agisse par exemple des doses

reçues par les travailleurs ou de celles associées aux rejets

des INB. De nombreuses incertitudes subsistent ; elles

conduisent l’ASN à rester attentive aux résultats des tra-

vaux scientifiques en cours, en radiobiologie et en radio-

pathologie par exemple, avec des retombées possibles en

radioprotection, notamment en ce qui concerne la gestion

des risques à faible dose.

On peut citer, par exemple, plusieurs zones d’incerti-

tudes concernant la radiosensibilité, les effets des faibles

doses, la signature radiologique des cancers et certaines

maladies non cancéreuses observées dans les suites de

radiothérapie.

1.3.1 La radiosensibilité

Les effets des rayonnements ionisants sur la santé des per-

sonnes varient d’un individu à l’autre.On sait par exemple,

depuis que cela a été énoncé pour la première fois par

Bergonié et Tribondeau en 1906, que la même dose n’a

pas le même effet selon qu’elle est reçue par un enfant en

période de croissance ou par un adulte.

La variabilité de la radiosensibilité individuelle aux fortes

doses de rayonnements ionisants a été bien documen-

tée par les radiothérapeutes et les radiobiologistes. Des

niveaux de radiosensibilité élevés ont été constatés dans le

cas de sujets souffrant demaladies génétiques de la répara-

tion de l’ADNet de la signalisation cellulaire, ils pourront

conduire à des « brûlures radiologiques ».

Aux faibles doses, il existe une radiosensibilité cellulaire et

individuelle qui pourrait concerner environ 5 à 10 % de

la population. Les méthodes récentes d’immunofluores-

cence de cibles moléculaires de la signalisation et de la

réparation des lésions de l’ADN permettent de docu-

menter les effets des rayonnements ionisants aux faibles

doses, en abaissant d’un facteur 100 les seuils de détection.

Les effets biochimiques etmoléculaires d’une simple radio-

graphie deviennent visibles etmesurables. Les recherches

effectuées avec ces nouvelles méthodes d’investigation

apportent des résultats qui doivent encore être confirmés en

clinique avant d’être intégrés dans les pratiquesmédicales.

Première radiographie de la main de Madame Roentgen, décembre 1895.

UNSCEAR

Le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des

effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR,

U

nited Nations

Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation

) a été

créé en 1955 lors de la 10

e

session de l’Assemblée générale

des Nations unies. Il rassemble 21 pays et rend compte

à l’Assemblée générale des Nations unies. C’est un organisme

à caractère scientifique qui étudie et évalue, à l’échelle

mondiale et régionale, les expositions aux rayonnements et

leurs effets sur la santé des groupes exposés. Le comité étudie

également les progrès réalisés dans la compréhension des

mécanismes biologiques par lesquels les rayonnements influent

sur la santé ou l’environnement.

Dernières publications depuis 2013 :

• Sources, effets et risques des rayonnements ionisants :

-- Volume I - Annexe A - Niveaux et effets des expositions

aux radiations dues à l’accident nucléaire consécutif

au grand tremblement de terre et au tsunami de 2011

à l’est du Japon (2013).

-- Volume II - Annexe B - Effets des expositions aux radiations

chez les enfants (2013).

• Développement depuis le rapport UNSCEAR 2013 relatif

aux niveaux et effets des expositions aux radiations dues

à l’accident nucléaire au Japon en mars 2011 (Fukushima).

COMPRENDRE

49

CHAPITRE 01 :

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015