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2.2.4 La gestion des déchets radioactifs

Comme toutes les activités industrielles, les activités

nucléaires peuvent créer des déchets dont certains sont

radioactifs. Les trois principes fondamentaux sur lesquels

s’appuie une gestion rigoureuse des déchets radioactifs

sont la responsabilité du producteur de déchets, la traça-

bilité des déchets et l’information du public.

Les dispositions techniques de gestion àmettre enœuvre

doivent être adaptées au risque présenté par les déchets

radioactifs. Ce risque peut être estimé principalement au

travers de deux paramètres: l’activité, qui contribue à la

toxicité dudéchet, et la période, durée aubout de laquelle

l’activité est divisée par deux.

Enfin, la gestion des déchets radioactifs doit être déter-

minée préalablement à toute création d’activité nouvelle

ou modification d’activité existante afin:

de s’assurer de la disponibilité de filières de traitement

des différentes catégories de déchets susceptibles d’être

produits, depuis la phase amont (productionde déchets

et conditionnement sous forme de colis) jusqu’à la phase

aval (entreposage, transport, stockage);

d’optimiser les filières de gestion de déchets.

2.2.5 La gestion des sites contaminés

La gestiondes sites contaminés du fait d’une radioactivité

résiduelle résultant d’une activité nucléaire passée oud’une

activité ayant produit des dépôts de radionucléides natu-

rels justifie des actions spécifiques de radioprotection,

notamment dans le cas oùune réhabilitation est envisagée.

Compte tenudes usages actuels ou futurs du site, des objec-

tifs de décontaminationdoivent être établis. L’élimination

des déchets produits lors de l’assainissement des locaux

ainsi que des terres contaminées doit êtremaîtrisée, depuis

le site jusqu’à l’entreposage ou le stockage. La gestion des

objets contaminés obéit également à ces principes.

2.2.6 Les activités industrielles créant

un renforcement des rayonnements ionisants

d’origine naturelle

Les expositions aux rayonnements ionisants d’origine

naturelle, lorsqu’elles sont renforcées du fait des activités

humaines, justifient des actions de surveillance, voire des

actions d’évaluation et de gestion du risque, si elles sont

susceptibles de générer un risque pour les travailleurs

exposés et, le cas échéant, la population.

Ainsi,certainesactivitésprofessionnellesmaintenantincluses

dans la définitiondes « activités nucléaires » (chapitre 3),

peuvent accroître, de manière significative, l’exposition

aux rayonnements ionisants des travailleurs et, dans une

moindre mesure, des populations proches des lieux où

sont exercées ces activités, par exempledans le casde rejets

d’effluentsdansl’environnement.Ils’agitenparticulierd’ac-

tivités qui font appel àdesmatières premières ouàdes rési-

dus industriels contenant des radionucléides naturels non

utiliséspour leurspropriétés radioactives, fissilesou fertiles.

Les familles naturelles de l’uraniumet du thoriumsont les

principaux radionucléides rencontrés. Parmi les indus-

tries concernées, on peut citer les industries d’extraction

du phosphate et de fabrication des engrais phosphatés,

les industries des pigments de coloration, notamment

celles utilisant de l’oxyde de titane et celles exploitant les

minerais de terres rares dont la monazite.

Les actions de radioprotection à mener dans ce domaine

reposent sur l’identification précise des activités, l’esti-

mation de l’impact des expositions pour les personnes

concernées, la mise en place d’actions correctives pour

réduire, si nécessaire, ces expositions, et leur contrôle.

DIAGRAMME 1 :

exposition aux rayonnements ionisants

de la population en France (mSv/an)

Rayonnements cosmiques

Eaux et aliments

Rayonnements telluriques

Radon

Médical

Total 4,5 mSv/an

Autres (rejets des installations,

retombées des essais atmosphériques)

Source : IRSN 2015.

1,6

1,4

0,6

0,6

0,3

0,02

3. LA SURVEILLANCE DES EXPOSITIONS

AUX RAYONNEMENTS IONISANTS

Du fait de la difficulté d’attribuer un cancer au seul fac-

teur de risque rayonnements ionisants, la « surveillance

du risque » est réalisée par la mesure d’indicateurs de la

radioactivité ambiante (mesure des débits de dose par

exemple), de la contamination interne ou, à défaut, par la

mesure de grandeurs (activités dans les rejets d’effluents

radioactifs) qui peuvent permettre ensuite de procéder,

par lamodélisation et le calcul, à une estimationdes doses

reçues par les populations exposées.

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CHAPITRE 01 :

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015