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les rejets par les émissaires identifiés (cheminée, conduite

de rejet vers le milieu fluvial ou marin). Elle intègre éga-

lement les émissions diffuses et les sources d’exposition

radiologique aux rayonnements ionisants présentes dans

l’installation. Ces éléments constituent le « terme source ».

L’ estimation est effectuée par rapport à un ou plusieurs

groupes de référence identifiés. Il s’agit de groupes homo-

gènes de personnes (adulte, nourrisson, enfant) recevant

la dose moyenne la plus élevée parmi l’ensemble de la

population exposée à une installation donnée selon des

scénarios réalistes (tenant compte de la distance au site,

des données météorologiques, etc.). L’ ensemble de ces

paramètres, qui sont spécifiques à chaque site, explique

la plus grande partie des différences observées d’un site à

l’autre et d’une année sur l’autre.

Pour chacundes sites nucléaires présentés, l’impact radio-

logique reste très inférieur ou, au plus, de l’ordre de 1 %

de la limite pour le public (1 mSv/an). Ainsi, en France,

les rejets produits par l’industrie nucléaire ont un impact

radiologique très faible.

4.1.3 Les contrôles effectués dans le cadre européen

L’ article 35 du Traité Euratom impose aux États membres

de mettre en place des installations de contrôle perma-

nent de la radioactivité de l’atmosphère, des eaux et du

sol afin de garantir le contrôle du respect des normes de

base pour la protection sanitaire de la population et des

travailleurs contre les dangers résultant des rayonne-

ments ionisants. Tout État membre, qu’il dispose d’ins-

tallations nucléaires ou non, doit donc mettre en place

un dispositif de surveillance de l’environnement sur l’en-

semble de son territoire.

En vertu des dispositions de ce même article 35, la

Commission européenne a, par ailleurs, le droit d’accéder à

ces installations de contrôle pour en vérifier le fonctionne-

ment et l’efficacité. Lors de ses vérifications, la Commission

européenne fournit un avis sur les moyens de suivi mis

en place par les États membres pour les rejets radioactifs

dans l’environnement ainsi que pour les niveaux de radio­

activité de l’environnement autour des sites nucléaires et

sur le territoire national.

Elle donne notamment son appréciation sur les équipe-

ments et méthodologies utilisés pour cette surveillance,

ainsi que sur l’organisation mise en place.

Depuis 1994, la Commission a effectué les visites de véri-

fication suivantes :

l’usinede retraitement deLaHague et le centrede stockage

de la Manche de l’Andra en 1996 ;

la centrale nucléaire de Chooz en 1999 ;

lacentralenucléairedeBelleville-sur-Loireen 1994et 2003;

l’usine de retraitement de La Hague en 2005 ;

le site nucléaire de Pierrelatte en 2008 ;

les anciennes mines d’uranium du Limousin en 2010;

le site CEA de Cadarache en 2011.

4.2 La surveillance

de l’environnement

En France, de nombreux acteurs participent à la surveil-

lance de la radioactivité de l’environnement :

les exploitants d’installations nucléaires qui réalisent

une surveillance autour de leurs sites ;

l’ASN, l’IRSN (dont les missions définies par le décret

n° 2002-254 du 22 février 2002 comprennent la par-

ticipation à la surveillance radiologique de l’environ-

nement), les ministères (DGS, Direction générale de

l’alimentation–DGAL–, Directiongénéralede la concur-

rence, de la consommation et de la répressiondes fraudes

– DGCCRF…), les services de l’État et autres acteurs

publics réalisant des missions de surveillance du terri-

toire national ou de secteurs particuliers (denrées ali-

mentaires par exemple, contrôlées par leministère chargé

de l’agriculture) ;

les associations agréées de surveillance de la qualité de

l’air (collectivités locales), les associations de protection

de l’environnement et les CLI.

Le Réseau national de mesures de la radioactivité

de l’environnement (RNM) fédère l’ensemble de ces

acteurs. Il a pour principal objectif de réunir et de

mettre à disposition du public sur un site Internet dédié

www.mesure-radioactivité.fr

l’intégralité des mesures

environnementales effectuées dans un cadre

réglementaire sur le territoire national. La qualité de

ces mesures est assurée par une procédure d’agrément

des laboratoires.

4.2.1 L’objet de la surveillance de l’environnement

Les exploitants sont responsables de la surveillance

de l’environnement autour de leurs installations. Le

contenu des programmes de surveillance à mettre en

œuvre à ce titre (mesures à réaliser et périodicité) est

défini dans la décision n° 2013-DC-0360 de l’ASN du

16 juillet 2013 relative à la maîtrise des nuisances et de

l’impact sur la santé et l’environnement des installations

nucléaires de base ainsi que dans les prescriptions

individuelles applicables à chaque installation (décret

d’autorisation de création, arrêtés d’autorisation de

rejets ou décisions de l’ASN), indépendamment des

dispositions complémentaires que peuvent prendre

les exploitants pour leur propre suivi.

Cette surveillance de l’environnement permet:

de contribuer à la connaissance de l’état radiologique

et radio-écologique de l’environnement de l’installation

par la réalisation de mesures relatives aux paramètres

et substances réglementés dans les prescriptions, dans

les différents compartiments de l’environnement (air,

eau, sol) ainsi que dans les biotopes et la chaîne alimen-

taire (lait, végétaux…): un point zéro est réalisé avant

la créationde l’installation ; la surveillance de l’environ-

nement tout au long de la vie de l’installation permet

ensuite d’en suivre l’évolution;

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CHAPITRE 04 :

LE CONTRÔLE DES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES ET DES EXPOSITIONS AUX RAYONNEMENTS IONISANTS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015