Table of Contents Table of Contents
Previous Page  237 / 536 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 237 / 536 Next Page
Page Background

des traitements. Toutefois, malgré les renforts en per-

sonnel dans la plupart des centres, un nombre limité de

centres de radiothérapie normands connaissent encore

une insuffisance ou une instabilité de leurs effectifs,

notamment de radiophysique médicale et de médecins

radiothérapeutes. Ces difficultés constituent un frein

à la démarche de progrès engagée et se sont traduites,

pour l’un des centres concernés, par l’intervention en

2013 de l’ASN pour demander la mise en œuvre de

mesures correctives immédiates. Ce centre a fait l’objet

d’un suivi renforcé de l’ASN au cours des années 2014

et 2015, qui a permis d’observer une amélioration de la

situation devant être poursuivie et consolidée.

Pratiques interventionnelles

L’ ASN a maintenu son contrôle renforcé dans les ser-

vices de pratiques interventionnelles (voir chapitre 9,

point 1.1.2). Les activités de ces structures présentent des

risques pour les patients et les travailleurs qu’il convient

de bien maîtriser. Les inspections réalisées ont mis en

évidence une situation contrastée et de nombreux axes

d’amélioration, notamment en ce qui concerne la forma-

tion et la qualification des personnels utilisant les appa-

reils, la réalisation des contrôles de qualité des appareils,

les protections individuelles du personnel, le suivi médi-

cal des travailleurs non salariés ou encore l’optimisation

des pratiques dans ce secteur. L’ ASN note que la radio-

protection est en général mieux prise en compte dans

les salles dédiées aux pratiques interventionnelles que

dans les blocs opératoires. L’ ASN a été informée de deux

événements ayant conduit à l’apparition d’effets déter-

ministes au niveau de la peau des patients.

Médecine nucléaire

En 2015, l’ASNa contrôlé un quart des services deméde-

cine nucléaire de Normandie. Les inspections ont mis en

évidence une situation satisfaisante avec toutefois quelques

axes d’amélioration dans la coordination des mesures de

prévention vis-à-vis des entreprises extérieures et la prise

en compte de l’exposition des travailleurs au niveau des

extrémités (mains).

Scanographie

L’ ASN a poursuivi en 2015 son contrôle des services

de scanographie. Au regard des inspections réalisées, la

radioprotection des travailleurs apparaît globalement

satisfaisante. L’ ASN considère que les mesures de radio-

protection à destination des patients demeurent quant à

elles hétérogènes, et qu’elles reposent souvent sur l’usage

de procédures d’optimisation définies par les construc-

teurs des appareils. Le niveau d’intervention des per-

sonnes spécialisées en radiophysique médicale varie

notablement d’un service à l’autre ; son augmentation

pourrait contribuer à optimiser les pratiques mises en

œuvre. Le recours aux techniques d’imagerie par réso-

nance magnétique (IRM), lorsqu’il est indiqué comme

alternative, reste contraint par la faible disponibilité des

appareils d’IRM.

1.3 La radioprotection dans

le secteur industriel

Radiologie industrielle

Le contrôle de la radiologie industrielle demeure une prio-

rité pour l’ASN, qui a conduit en 2015 des inspections

inopinées, de nuit sur les chantiers. Ces inspections ont

permis de constater une situation très contrastée, suivant

les entreprises, de la prise en compte du risque d’expo-

sition aux rayonnements ionisants des travailleurs. Si les

conditions d’intervention s’améliorent demanière globale,

l’ASN constate que quelques entreprises doivent encore

progresser significativement. Après un premier cas simi-

laire en 2014, une nouvelle situation inacceptable rela-

tive à un défaut de définition et de délimitation de la zone

d’intervention a été relevée en 2015 lors d’une inspection

inopinée et a conduit l’ASN à informer le procureur de

la République.

Parallèlement, l’ASN a poursuivi, en collaboration avec

la Direction régionale des entreprises, de la concurrence,

de la consommation, du travail et de l’emploi de Haute-Normandie et laCaisse d’assurance retraite et de la santé au

travail deNormandie, son actionde promotiondes bonnes

pratiques auprès des signataires de la charte de bonnes pra-

tiques en radiographie industrielle enHaute-Normandie.

Une trentaine d’entreprises, donneurs d’ordres et entre-

prises de radiologie, sont actuellement signataires. Une

réflexion a été engagée concernant l’extension de cette

charte à l’ensemble de la Normandie.

1.4 La sûreté nucléaire

et la radioprotection du transport

de substances radioactives

L’ASNconsidère que les expéditeurs régionaux impliqués

dans le transport de substances radioactives ontmaintenu

en 2015 un niveau globalement satisfaisant sur le plan

de la sûreté. Les services de médecine nucléaire doivent

cependant encore améliorer la prise en compte des exi-

gences de la réglementation ADR, notamment lors de la

réexpédition de colis.

L’ASN a conduit une inspection de la sûreté d’un convoi

de déchets radioactifs vitrifiés expédiés par l’usine bri-

tannique de Sellafield à destination de la Suisse, lors du

transbordement des colis auniveaudu terminal ferroviaire

de Valognes; deux membres d’associations représentées

auHaut Comité pour la transparence et l’information sur

la sécurité nucléaire ont assisté à une partie de l’inspec-

tion. Les mesures réalisées ont permis de vérifier le res-

pect effectif des limites réglementaires enmatière de débit

d’équivalent de dose et de niveaux de contamination. Les

inspecteurs ont considéré que les dispositions de sûreté

pour le transport étaient satisfaisantes dans l’ensemble

(voir chapitre 11).

DIVISION DE CAEN

237

CHAPITRE 08 :

LE PANORAMA RÉGIONAL DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015