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financement des missions d’intérêt général qui lui sont

confiées. Une Commission nationale des aides dans le

domaine radioactif (CNAR) a étémise en place au sein de

l’Andra en 2007. Elle est présidée par le directeur général

de l’Andra et comprend des représentants des ministères

chargés de l’environnement, de l’énergie et de la santé, de

l’ASN, de l’IRSN, de l’Association des maires de France,

d’associations de défense de l’environnement ainsi que

des personnalités qualifiées.

La commission s’est réunie en 2015, notamment pour

décider de l’attribution de financements publics pour la

gestion de sites pollués jugés prioritaires comme le site

Orflam-Plast à Pargny-sur-Saulx, un site d’horlogerie à

Charquemont, le site Isotopchim à Ganagobie et l’opéra­

tion diagnostic radium.

La circulaireDGS/SDEA1/DGEC/DGPR/ASNn° 2008-349

du 17 novembre 2008 du ministère chargé de l’environ­

nement relative à la prise en charge de certains déchets

radioactifs et de sites de pollution radioactive décrit la

procédure applicable pour la gestion des sites pollués

radioactifs relevant du régime des ICPE et du code de la

santé publique, que le responsable soit solvable oudéfail­

lant. Dans tous ces cas, le préfet s’appuie sur l’avis de l’ins­

pection des installations classées, de l’ASN et de l’Agence

régionale de santé (ARS) pour valider le projet de réhabi­

litation du site et encadre la mise en œuvre des mesures

de réhabilitation par arrêté préfectoral. Ainsi, l’ASN peut

être sollicitée par les services des préfectures et l’inspec­

tion des installations classées pour rendre son avis sur les

objectifs d’assainissement d’un site. Le ministère chargé

de l’environnement a engagé lamise à jour de cette circu­

laire en 2015. L’ ASN est partie prenante à ces travaux. Le

chapitre 8 détaille les différentes sollicitations auxquelles

les divisions de l’ASN ont répondu concernant les sites

et sols pollués.

2.2 L’opération Diagnostic radium

En octobre 2010, l’État a décidé de réaliser des diagnos­

tics afin de détecter et, si nécessaire, de traiter, d’éven­

tuelles pollutions au radiumhéritées du passé. Le radium,

découvert par Pierre et Marie Curie en 1898, a été uti­

lisé dans certaines activités médicales (premiers traite­

ments du cancer) et artisanales (fabrication horlogère

pour ses propriétés radioluminescentes jusque dans les

années 1950, fabrication de paratonnerres ou de pro­

duits cosmétiques).

Ces activitésmédicales ou artisanales ont laissé des traces

de radium sur certains sites. Le diagnostic des sites ayant

abrité une activité utilisant du radium s’inscrit dans la

continuité de nombreuses actions engagées depuis plu­

sieurs années par l’État: réhabilitationdes sites ayant abrité

des activités de recherche et d’extraction de radium au

début du XX

e

 siècle, récupération des objets radioactifs

chez les particuliers…

Il s’agit d’une opération gratuite pour les occupants des

locaux concernés: le diagnostic consiste à rechercher sys­

tématiquement, par des mesures, la présence éventuelle

de traces de radium ou d’en confirmer l’absence. Ils sont

réalisés par une équipe de spécialistes de l’IRSN, accom­

pagnés par un référent de l’ASNqui prend préalablement

contact avec l’occupant pour lui présenter l’opération.

À l’issue de ce diagnostic, les occupants sont informés ora­

lement puis reçoivent une confirmation par courrier. En

cas de détection de traces de pollution, en accord avec les

propriétaires, des opérations de réhabilitation sont réalisées

gratuitement par l’Andra. Enfin, un certificat garantissant

les résultats de l’opération est remis à chaque personne

concernée.

De nouvelles adresses ont été ajoutées à la liste initiale au

fur et àmesure de l’avancée de l’opération, qui concernait

fin 2014 plus de 160 sites en France.

En 2015, 36 sites ont été examinés en Ile-de-France ainsi

qu’un site à Annemasse. Le site d’Annemasse a été dia­

gnostiqué avant le lancement de l’opération en région

Rhône-Alpes sur sollicitation du propriétaire, en raison

d’une transaction immobilière envisagée à court terme.

Sur les 36 sites franciliens, 8 ont pu être exclus d’emblée

car les immeubles sont trop récents, par rapport à l’époque

oùdu radiuma pu êtremanipulé, pour présenter une pol­

lution radioactive.

Plus de 430 diagnostics IRSN ont été réalisés depuis le

début de l’opération ; en effet, la majorité des sites cor­

respond à un immeuble avec de nombreux logements

ou à plusieurs parcelles individuelles. L’information des

occupants et la gratuité de l’opération ont été les éléments

LOI RELATIVE À LA TRANSITION

ÉNERGÉTIQUE POUR

LA CROISSANCE VERTE

Un régime de servitudes d’utilité publique pour encadrer

la gestion des terrains, constructions ou ouvrages susceptibles

d’occasionner une exposition des personnes aux effets nocifs

des rayonnements ionisants, justifiant un contrôle

de radioprotection et relevant du code de la santé publique

est en cours de définition.

Par ordonnance n°2016-128 du 10 février 2016,

le Gouvernement a créé un régime de servitudes d’utilité

publique (SUP) attaché aux substances radioactives,

à l’instar de ce qui existe déjà pour les ICPE et les INB,

lorsque subsistent des substances radioactives sur un terrain

ou un bâti (en raison d’une pollution par des substances

radioactives, après dépollution ou en présence de matériaux

naturellement radioactifs) afin d’en conserver la mémoire

au regard des usages ultérieurs et de définir, si nécessaire,

des restrictions d’usage ou des prescriptions encadrant

les travaux futurs d’aménagement ou de démolition. 

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CHAPITRE 16 :

LES DÉCHETS RADIOACTIFS ET LES SITES ET SOLS POLLUÉS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015