Table of Contents Table of Contents
Previous Page  504 / 536 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 504 / 536 Next Page
Page Background

en radioprotection, il est prévu un renforcement des

dispositions applicables aux rayonnements d’origine

naturelle, notamment aux activités humaines impliquant

la présence de sources naturelles de rayonnement qui

entraînent une augmentation notable de l’exposition

des travailleurs ou des personnes du public, incluant

donc les activités des industries dites à radioactivité

naturelle renforcée. Leur champ d’application s’éten­

dra auxmatières, produits et matériaux contenant natu­

rellement des radionucléides (potassium-40, chaînes de

l’uranium-238, de l’uranium-235 et du thorium-232)

à un niveau nécessitant un contrôle de radioprotection.

La réglementation actuellement applicable concernant

les activités à radioactivité naturelle renforcée pourrait

donc être modifiée ou complétée dans le cadre de cette

transposition.

1.6.3 La gestion des résidus miniers et des stériles

miniers issus des anciennes mines d’uranium

L’exploitationdesmines d’uraniumenFrance entre 1948

et 2001 a conduit à la production de 76 000 tonnes

d’uranium. Des activités d’exploration, d’extraction et

de traitement ont concerné environ 250 sites en France,

répartis sur 27 départements. Le traitement des minerais

a été, quant à lui, réalisé dans huit usines. Aujourd’hui,

les anciennes mines d’uranium sont presque toutes sous

la responsabilité d’Areva Mines.

On peut distinguer deux catégories de produits issus de

l’exploitation des mines d’uranium:

les stériles miniers, qui désignent les roches excavées

pour accéder auminerai ; la quantité de stérilesminiers

extraits est évaluée à environ 167 millions de tonnes ;

les résidus de traitement, qui désignent les produits

restants après extraction de l’uranium contenu dans

le minerai par traitement statique ou dynamique.

EnFrance, ces résidus représentent 50 millions de tonnes

réparties sur 17 stockages. Les résultats desmesures de

la radioactivité réalisées sur les stockages sont dumême

ordre de grandeur que ceux desmesures effectuées dans

l’environnement du site.

Le contexte réglementaire

Les mines d’uranium et leurs dépendances, ainsi que les

conditions de leur fermeture, relèvent du code minier.

Les stockages de résidusminiers radioactifs relèvent de la

rubrique 1735 de la nomenclature des ICPE.

De plus, un plan d’action a été défini par une circulaire

duministre chargé de l’environnement et duprésident de

l’ASNdu22 juillet 2009 relative à la gestiondes anciennes

mines d’uraniumcomportant les axes de travail suivants :

contrôler les anciens sites miniers ;

améliorer la connaissance de l’impact environnemen­

tal et sanitaire des anciennes mines d’uranium et leur

surveillance;

gérer les stériles (mieux connaître leurs utilisations et

réduire les impacts si nécessaire) ;

renforcer l’information et la concertation.

Pour l’essentiel, les stériles sont restés sur leur site de pro­

duction (en comblement des mines, pour les travaux de

réaménagement ou sous forme de verses). Néanmoins,

1 à 2 % des stériles miniers ont pu être utilisés comme

matériaux de remblai, de terrassement ou en tant que

soubassements routiers dans des lieux publics situés

à proximité des sites miniers. Si, depuis 1984, la ces­

sion des stériles dans le domaine public est tracée, l’état

des connaissances des cessions antérieures à 1984 reste

incomplet. L’ ASN et le ministère chargé de l’environne­

ment ont demandé à ArevaMines, dans le cadre du plan

d’action de la circulaire du 22 juillet 2009, de recenser

les stériles miniers réutilisés dans le domaine public afin

de vérifier la compatibilité des usages et d’en réduire les

impacts si nécessaire.

Areva Mines a ainsi mis en œuvre un plan d’action qui se

décline en trois grandes phases :

survol aérien autour des anciens sites miniers français

pour identifier des singularités radiologiques;

contrôle au sol des zones identifiées lors du survol pour

vérifier la présence de stériles ;

traitement des zones d’intérêt incompatibles avec l’usage

des sols.

La deuxième phase de ce plan d’action a été achevée en

2014. La Direction générale de la prévention des risques

a défini les modalités de gestion des cas de présence avé­

rée de stériles miniers dans l’instruction aux préfets du

8 août 2013. Les cartes de recensement ainsi obtenues

sont des cartes provisoires soumises à consultation du

public. Celui-ci est invité à faire part de ses observa­

tions pour les corriger ou les compléter sur la base de

sa mémoire des utilisations des stériles le cas échéant.

Les cartes définitives sont assorties d’éventuelles pro­

positions d’action de remédiation. Certains travaux ont

d’ores et déjà été mis en œuvre en 2015 sur des sites

classés comme prioritaires, c’est-à-dire dont le calcul de

dose efficace annuelle ajoutée hors radon dû à la pré­

sence de stériles sur des scénarios génériques dépasse la

valeur de 0,6 mSv/an sur la base d’une étude d’impact

radiologique. L’ ensemble de ces opérations est sous la

surveillance administrative du préfet sur propositions

des directions régionale de l’environnement, de l’amé­

nagement et du logement. L’ ASN intervient en appui

en ce qui concerne la radioprotection des travailleurs

et du public et les filières de gestion. Dans ce cadre, elle

encourage l’assainissement complet des sites lorsque

cela est techniquement possible et demande que toute

autre démarche

in fine

mise en œuvre soit justifiée au

regard de cette stratégie. De plus, elle est particulière­

ment vigilante aux cas susceptibles de donner lieu à une

exposition des personnes, en particulier au radon, et ce

afin d’identifier et de traiter d’éventuels cas similaires à

celui de la maison de Bessines-sur-Gartempe. Enfin, elle

veille à ce que les actions soient menées en toute trans­

parence et en associant aumaximum les acteurs locaux.

504

CHAPITRE 16 :

LES DÉCHETS RADIOACTIFS ET LES SITES ET SOLS POLLUÉS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015