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complète les dispositions de la directive interministérielle

du 7 avril 2005 et définit lesmodalités d’organisation des

services de l’État pour les situations d’urgence radiologique

non couvertes par un plan Orsec, PPI-Orsec ou Pirate-

NRBC (nucléaire radiologique bactériologique chimique).

Devant lamultiplicité des émetteurs possibles d’une alerte

et des circuits d’alerte associés, un guichet unique centra-

lise toutes les alertes et les répercute vers l’ensemble des

acteurs : il s’agit du centre de traitement de l’alerte cen-

tralisé des sapeurs-pompiers Codis-CTA (Centre opéra-

tionnel départemental d’incendie et de secours – Centre

de traitement de l’alerte), joignable par le 18 ou le 112.

1.1.4 Le rôle de l’ASN dans l’élaboration et le suivi

des plans d’urgence

L’ instruction des plans d’urgence

des installations ou activités nucléaires

L’ASNinstruit les plans d’urgence interne, dans le cadre des

procédures d’autorisation de mise en service des INB ou

de détention et d’utilisation des sources scellées de haute

activité (article R.1333-33 du code de la santé publique),

ainsi que les plans de gestiondes événements liés au trans-

port de substances radioactives.

La participation à l’élaboration

des plans de secours

En application des décrets du 13 septembre 2005 relatifs

au PPI et au plan Orsec, le préfet est responsable de l’éla-

boration et de l’approbation du PPI. L’ ASN lui apporte

son concours en analysant, avec l’aide de son appui tech-

nique l’IRSN, les éléments techniques que doivent fournir

les exploitants et en particulier la nature et l’ampleur des

conséquences d’un accident.

Les plans de secours tels que les PPI identifient en effet

les actions de protection des populations qui permettent

de limiter les conséquences d’un accident éventuel sur la

santé et l’environnement. Lamise enœuvre de ces actions

est décidée par le préfet en fonction de la dose prévision-

nelle que recevrait un enfant d’un an en plein air lors de

l’accident.

Les niveaux d’intervention associés à lamise enœuvre des

actions de protection de la population en situation d’ur-

gence radiologique, mentionnés à l’article R. 1333-80 du

code de la santé publique, sont ainsi définis par la décision

n° 2009-DC-0153 du 18 août 2009 de l’ASN:

une dose efficace de 10millisieverts (mSv) pour lamise

à l’abri;

une dose efficace de 50 mSv pour l’évacuation ;

une dose équivalente à la thyroïde de 50 mSv pour

l’administration d’iode stable.

Les doses prévisionnelles sont celles supposées reçues

jusqu’à lamaîtrisedes rejets dans l’environnement calculées

généralement sur une période de 24 heures. En cas de

doute sur la durée des rejets, la durée retenue pour le

calcul n’excède pas une semaine.

L’accident de Fukushima a montré qu’un accident grave

peut avoir des conséquences sur un rayon de plusieurs

dizaines de kilomètres autour d’une centrale nucléaire.

En France, la planification des PPI permet d’assurer les

actions de protection civile de la population résidant dans

un rayonde 10 kmautour du réacteur affecté pendant les

premières heures de l’accident. L’ efficacité de cette organi-

sation nécessite donc la préparation et, le cas échéant, la

mise enœuvre d’actions au-delà du périmètre PPI dans le

cadre de la planification Orsec. L’ASN considère qu’il est

aujourd’hui indispensable de poursuivre l’effort d’harmo-

nisation afinque des résultats concrets soient atteints pour

assurer une cohérence européenne des actions de protec-

tion des populations après un accident. Un tel accident

survenant dans un pays européen affecterait vraisembla-

blement plusieurs pays, ce qui renforce la nécessité d’une

coordination entre ces pays (voir points 2.2.1 et 2.2.2).

L’ASNapporte également son appui à laDirectiongénérale

de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC)

du ministère de l’Intérieur en vue de compléter les PPI

sur les volets relatifs à la gestion post-accidentelle (voir

point 1.5).

1.2 Maîtriser l’urbanisation autour

des sites nucléaires

Lamaîtrise de l’urbanisationvise à limiter les conséquences

d’un accident grave sur la population et les biens. De telles

démarches sont ainsimises enœuvre, depuis 1987, autour

des installations industrielles non nucléaires et ont été

renforcées depuis l’accident d’AZF (Toulouse) survenu

en 2001. La loi relative à la transparence et à la sécurité

enmatière nucléaire (dite « loi TSN » désormais codifiée

aux livres I

er

et Vdu code de l’environnement) permet aux

pouvoirs publics de maîtriser l’urbanisation autour des

INB, par l’instauration de servitudes d’utilité publique

limitant ou interdisant les nouvelles constructions à proxi-

mité de ces installations.

La démarche de maîtrise de l’urbanisation relève de res-

ponsabilités partagées entre l’exploitant, lesmaires et l’État :

l’exploitant est responsable de ses activités et des risques

associés;

lemaire est responsable de l’élaborationdes documents

d’urbanisme et de la délivrance des permis de construire;

le préfet informe lesmaires des risques existants, exerce

le contrôle de légalité sur les actes des communes et peut

imposer des restrictions d’usage;

l’ASN fournit les éléments techniques pour caractériser

le risque et propose son appui au préfet pour l’accom-

pagner dans la démarche de maîtrise de l’urbanisation.

Au cours de ces dernières années, les projets d’urbani-

sation autour des sites nucléaires se sont multipliés. Il

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CHAPITRE 05 :

LES SITUATIONS D’URGENCE RADIOLOGIQUE ET POST-ACCIDENTELLES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015