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en cas d’accident nucléaire ou de situation d’urgence

radiologique.

Deux directives interministérielles des 30 mai 2005 et

30 novembre 2005 précisent les modalités d’application

en France de ces textes et confient à l’ASN lamission d’au-

torité nationale compétente. Il appartient ainsi à l’ASN

de notifier les événements sans délai aux institutions

internationales et aux États membres, de fournir rapide-

ment les informations pertinentes pour limiter les consé-

quences radiologiques à l’étranger et enfin de fournir aux

ministres concernés une copie des notifications et des

informations transmises ou reçues.

2.2.1 Les relations bilatérales

Le maintien et le renforcement des relations bilatérales

entretenues avec les pays frontaliers et les autres pays

européens sont l’une des priorités fortes de l’ASN.

Ainsi, l’ASN a poursuivi au cours de l’année 2015 des

échangesréguliersavecseshomologueseuropéennesconcer-

nant l’harmonisationde la gestionde crise. Le retour d’ex-

périence de l’accident de Fukushima ainsi que les actions

engagées depuis cet accident dans chaque pays ont été au

cœur des échanges. Enfin, en2015, des protocoles relatifs

auxmécanismes transfrontaliers d’alerte et aux échanges

d’informations en situation d’urgence ont été signés avec

la Belgique et le Luxembourg.

L’ ASN continue de développer des relations bilatérales

dans le domaine de la gestion de crise avec de nombreux

pays, en particulier avec l’Espagne, le Luxembourg, l’Alle-

magne, la Suisse et la Belgique. Des réunions spécifique-

ment dédiées à la gestion de crise ont notamment eu lieu

en 2015 avec ces cinq pays. Par ailleurs, une délégation

chinoise et une délégation japonaise se sont rendues à

l’ASN en 2015 pour échanger sur la gestion des situa-

tions d’urgence et ont pu, à cette occasion, visiter le centre

d’urgence de l’ASN. Une délégation des États-Unis a par

ailleurs observé un exercice national de crise à l’ASN.

Enfin, au cours de l’année 2015, l’exercice de crise du site

de la centrale nucléaire deGravelines a permis de tester les

échanges d’information transfrontaliers en cas d’accident.

2.2.2 Les relations multilatérales

L’accident survenu à Fukushima amobilisé très fortement

une grande partie des agents de l’ASN et de l’IRSN, alors

même qu’il s’agissait d’un accident lointain pour lequel

les conséquences radiologiques sur le territoire français

apparaissaient limitées. En outre, les actions de l’ASN

étaient également limitées puisqu’il ne lui appartenait pas

de contrôler les actions menées par l’exploitant japonais.

Cet accident a ainsi mis en évidence les difficultés que

rencontreraient l’ASN, l’IRSN mais aussi leurs homolo-

gues européens à gérer un accident d’ampleur enEurope.

Les autorités de sûreté nucléaire ont confirmé la nécessité

de prévoir des mécanismes d’assistance mutuelle et ont

d’ores et déjà entrepris à l’échelle internationale des tra-

vaux d’amélioration de leurs organisations.

L’ASNparticipe ainsi aux travaux de l’AIEA visant à amé-

liorer la notification et l’échange d’informations en cas

de situation d’urgence radiologique. Elle collabore à la

L’approche HERCA/WENRA

Lors de leur réunion conjointe de 2014, les associations HERCA

et WENRA ont adopté une position commune pour une meilleure

coordination transfrontalière des actions de protection durant

la première phase d’un accident nucléaire. La position de HERCA

et WENRA vise à promouvoir, en cas d’accident, la transmission

rapide d’informations entre les pays concernés et la cohérence

des recommandations émises par les autorités de radioprotection

et de sûreté pour la protection des populations.

Ainsi, l’approche préconise :

• hors situation d’urgence, des échanges entre pays permettant

de favoriser une meilleure connaissance et compréhension

mutuelle des organisations de crise ;

• en cas de situation d’urgence :

-- si les organisations de crise reçoivent des informations

suffisantes pour fonctionner normalement : durant

les premières heures d’une situation d’urgence,

un alignement des mesures de protection des populations

des pays voisins sur celles décidées par le pays où

l’accident s’est produit est recherché ;

-- en cas de situation, même très improbable,

qui nécessiterait des mesures urgentes de protection

des populations mais où très peu d’informations seraient

disponibles, des mesures prédéfinies à mettre en œuvre

de façon « réflexe » sont prévues.

Afin de mettre en œuvre ces principes, un niveau de préparation

harmonisé minimal est nécessaire. Ainsi, HERCA et WENRA

considèrent qu’en Europe :

• l’évacuation des populations devrait être préparée jusqu’à

5 km autour des centrales nucléaires, et la mise à l’abri

et l’ingestion de comprimés d’iode stable jusqu’à 20 km ;

• une stratégie globale devrait être définie pour être capable

d’étendre, si nécessaire, l’évacuation jusqu’à 20 km et la mise à

l’abri et l’ingestion de comprimés d’iode stable jusqu’à 100 km.

Sur ces bases, les autorités de sûreté et de radioprotection

européennes ont été appelées à engager, au niveau national, des

échanges avec les autorités en charge de la protection civile en

vue de la mise en œuvre des recommandations. Un bilan de cette

approche par les États membres doit être présenté à l’ENSREG

(European Nuclear Safety Regulators Group)

en 2016. En France,

les travaux portant sur l’articulation des mesures de protection des

populations en situation d’urgence et leurs périmètres d’application

sont en cours. L’approche HERCA-WENRA a été présentée dans

ce cadre, au sein d’un groupe de travail associant notamment les

autorités en charge de la protection civile.

À NOTER

175

CHAPITRE 05 :

LES SITUATIONS D’URGENCE RADIOLOGIQUE ET POST-ACCIDENTELLES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015