1. LES INSTALLATIONS
DE RADIODIAGNOSTIC
MÉDICAL ET DENTAIRE
1.1 La présentation des équipements
et du parc
Le radiodiagnostic médical est fondé sur le principe de
l’atténuation différentielle des rayons X dans les organes
et tissus du corps humain. Les informations sont recueil-
lies le plus souvent sur des supports numériques permet-
tant le traitement informatique des images obtenues, leur
transfert et leur archivage.
Le radiodiagnostic est une des plus anciennes applica-
tions médicales des rayonnements ionisants; il regroupe
toutes lesmodalités d’explorationmorphologiqueducorps
humainutilisant les rayons Xproduits par des générateurs
électriques. Occupant une grande place dans le domaine
de l’imagerie médicale, il comprend diverses techniques
(radiologie conventionnelle, radiologie associée à des pra-
tiques interventionnelles, scanographie,mammographie)
et une très grande variété d’examens (radiographie du
thorax, scanner thoraco-abdomino-pelvien…).
La demande d’examen radiologique par le médecin doit
s’inscriredans une stratégiediagnostique tenant comptedes
informations déjà connues chez le patient, de la question
posée, du bénéfice attendu pour le patient, du niveau
d’exposition et des possibilités offertes par d’autres tech-
niques d’investigation non irradiantes. Un guide à usage
des médecins
(Guide du bon usage des examens d’imagerie
médicale)
actualisé en 2013 précise les examens les plus
appropriés à demander en fonctiondes situations cliniques
(voir point 5.5).
1.1.1 Le radiodiagnostic médical
La radiologie conventionnelle
La radiographie conventionnelle (réalisation de clichés
radiographiques) représente, ennombre d’actes, la grande
majorité des examens radiologiques réalisés.
Il s’agit principalement des examens du squelette, du thorax
et de l’abdomen. La radiologie conventionnelle peut être
mise en œuvre dans des installations fixes réservées au
radiodiagnostic ou ponctuellement à l’aide d’appareils
mobiles si la situation clinique du patient le justifie.
L’ angiographie
Cette technique utilisée pour l’exploration des vaisseaux
sanguins fait appel à l’injection d’un produit de contraste
radio-opaque dans les vaisseaux qui permet de visuali-
ser l’arbre artériel (artériographie) ou veineux (phlébo-
graphie). Les techniques d’angiographie bénéficient d’un
traitement informatique des images (type angiographie
de soustraction digitale).
D
epuis plus d’un siècle,
la médecine fait appel, tant pour le diagnostic que
pour la thérapie, à des rayonnements ionisants produits par des générateurs
électriques ou par des radionucléides en sources scellées ou non scellées. Leur
intérêt et leur utilité ont été établis depuis longtemps, mais ces techniques
contribuent cependant de façon significative à l’exposition de la population
aux rayonnements ionisants. Elles représentent, en effet la deuxième source d’expositionpour
la population (après l’exposition aux rayonnements naturels) et la première source d’origine
artificielle (voir chapitre 1).
La protectiondes personnels qui interviennent dans les installations où sont utilisés des rayon-
nements ionisants à des fins médicales est encadrée par les dispositions du code du travail.
Les installations et les dispositifs médicaux émetteurs de rayonnements ionisants, y compris
les sources scellées et non scellées, doivent satisfaire à des règles techniques et des procédures
définies dans le code de la santé publique (voir chapitre 3).
La protection des patients bénéficiant d’examens d’imagerie médicale ou de soins thérapeu-
tiques utilisant les rayonnements ionisants est encadrée par des dispositions spécifiques du
code de la santé publique (voir chapitre 3). Le principe de justification des actes et le principe
d’optimisation des doses délivrées constituent le socle de cette réglementation. Cependant,
contrairement aux autres applications des rayonnements ionisants, le principe de limitation
de la dose ne s’applique pas aux patients du fait de la nécessité d’adapter, pour chaque patient,
la dose délivrée à l’objectif thérapeutique recherché ou d’obtenir une image de qualité satis-
faisante dans un but diagnostique.
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CHAPITRE 09 :
LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




