La mammographie
Compte tenude la constitutionde la glandemammaire et
de la finesse des détails recherchés pour le diagnostic de
la pathologiemammaire, des appareils spécifiques (mam-
mographes) sont utilisés. Ils fonctionnent sous une faible
tension et offrent une haute définition et un contraste élevé.
Ils sont notamment utilisés dans le cadre du programme
national de dépistage du cancer du sein.
Une nouvelle technique d’imagerie tridimensionnelle
dite « tomosynthèse », avec reconstruction en une série
de coupes, se développe en Europe. Les évaluations de
cette technique, en cours dans plusieurs États européens,
devraient permettre d’en déterminer les avantages par
rapport à la technique d’imagerie planaire traditionnelle.
À ce jour, cette technique n’est pas reconnue dans le cadre
du dépistage organisé du cancer du sein.
La scanographie
Les appareils de scanographie, appelés aussi tomodensi-
tomètres (TDM), utilisent un faisceau de rayons X émis
par un tube qui se déplace selon une spirale autour
du corps du patient (scanner hélicoïdal). S’appuyant
sur un système informatique d’acquisition et de traite-
ment d’images, ils permettent la reconstitution en trois
L’imagerie médicale : un même organe,
plusieurs techniques d’images
Les examens complémentaires (imagerie médicale, analyse
biologique, prélèvements…) complètent la démarche
diagnostique du médecin fondée sur l’histoire de la maladie
et l’examen clinique du patient.
Il y a quatre grandes techniques d’imagerie médicale.
Elles utilisent les rayons X (radiologie), les rayons gamma
(médecine nucléaire), les ultrasons (échographie) et les champs
magnétiques (IRM). Ces techniques permettent d’analyser la
morphologie ou d’étudier la fonction d’un organe ; les qualités
intrinsèques et l’interprétation médicale des images obtenues
dépendent fondamentalement du principe physique utilisé.
• La radiologie met en évidence des différences de densité
au sein d’un tissu (par exemple du fait de la présence d’une
tumeur) ou de différents organes entre eux. La radiologie,
la mammographie et le scanner (tomodensitométrie à
rayons X) sont des examens de radiologie. Le scanner permet
la reconstruction d’un organe en 3D et la réalisation de
coupes d’un organe (imagerie en coupe ou tomographie).
• La médecine nucléaire analyse la distribution d’un radio
pharmaceutique (médicament constitué d’un vecteur marqué
par un isotope radioactif ou d’un radionucléide isolé) injecté
dans le corps humain. Il s’agit d’une imagerie fonctionnelle
qui permet d’étudier les processus physiopathologiques
et donne des informations importantes sur le fonctionnement
normal ou pathologique d’un tissu ou d’un organe. Le choix
du radiopharmaceutique est fait selon la cible et l’organe étudié.
COMPRENDRE
• L’échographie utilise des ultrasons, les changements brusques
des propriétés acoustiques des tissus aux frontières des organes
et de toute autre interface sont la source des échos utilisés pour
la construction des images. En y associant l’effet Doppler, il est
possible de mesurer également la vitesse d’écoulement du sang
dans les vaisseaux.
• L’IRM exploite les propriétés magnétiques de noyaux d’hydrogène
placés dans un champ magnétique élevé et stable. Le proton (H
+
)
est le principal constituant de la molécule d’eau, élément présent
en plus ou moins grande quantité dans l’ensemble des tissus
du corps humain. Après excitation par des ondes radiofréquences,
les signaux en provenance des protons de l’eau du corps
humain sont recueillis par des antennes dédiées et analysés par
informatique afin de reconstruire une image en coupe.
La radiologie et la médecine nucléaire qui utilisent des rayonnements
ionisants sont contrôlées par l’ASN. L’échographie et l’IRM n’utilisent
pas de rayonnements ionisants.
Le
Guide du bon usage des examens d’imagerie médicale
élaboré
par la Société française de radiologie (SFR) et la Société française
de médecine nucléaire et imagerie moléculaire (SFMN) apporte
une aide au médecin pour choisir le meilleur examen en fonction
de la symptomatologie, des diagnostics évoqués et de l’anamnèse
du patient. Il prend en compte les preuves de la performance
diagnostique de l’examen dans chacune des situations (analyse
des publications internationales), le caractère irradiant ou non de
l’examen ainsi que les doses correspondantes. Aucune technique
n’est universelle ; celle qui est performante pour un organe ou une
fonction de cet organe le sera moins pour un autre et inversement.
dimensions des organes avec une qualité d’image très
supérieure à celle des appareils de radiologie conven-
tionnelle. Le nombre de rangées de détecteurs (scanner
multibarrette) s’est accru sur les appareils récents amé-
liorant la finesse des coupes.
Cette technique peut, comme l’imagerie par résonance
magnétique (IRM), être associée avec l’imagerie fonction-
nelle fournie par lamédecine nucléaire afin d’obtenir des
images de fusion associant les informations fonctionnelles
aux informations structurelles.
Les développements technologiques réalisés ces dernières
années rendent les examens plus faciles et plus rapides
à réaliser, et ont entraîné une extension des possibilités
d’exploration (exemple des acquisitions volumiques en
mode dynamique) et des indications. En contrepartie, ces
évolutions technologiques ont entraîné une multiplica-
tion des examens, responsables d’une augmentation des
doses délivrées aux patients, renforçant la nécessité d’une
déclinaison stricte des principes de justification et d’opti-
misation (voir chapitre 1).
Au 31 décembre 2015, le parc radiologique français
comportait un peu plus de 1000 installations de scano-
graphie couvertes par une autorisation de l’Autorité de
sûreté nucléaire (ASN).
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CHAPITRE 09 :
LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




