organes explorés. Une quantification des processus phy-
siologiques ou physiopathologiques peut être réalisée.
Laplupart des gamma-caméras permettent des acquisitions
tomographiques et une imagerie en coupe ainsi qu’une
reconstruction tridimensionnelle des organes (tomogra-
phie d’émission monophotonique ou TEMP).
Le fluor-18, radionucléide émetteur de positons, est
aujourd’hui couramment utilisé, notamment sous la forme
d’un sucremarqué, le fluorodésoxyglucose, enparticulier
en cancérologie. Son emploi nécessite l’utilisation d’une
caméra adaptée. Le principe de ces caméras TEP est la
détection en coïncidence des deux photons émis lors de
l’annihilation du positon dans la matière près de son lieu
d’émission. D’autres radiopharmaceutiquesmarqués avec
d’autres émetteurs de positons commencent à être utili-
sés, notamment avec du gallium-68.
La médecine nucléaire permet de réaliser une imagerie
fonctionnelle. Elle est donc complémentaire de l’image-
rie purementmorphologique obtenue par les autres tech-
niques d’imagerie: radiologie conventionnelle, scanner à
rayons X, échographie ou IRM. Afin de faciliter la fusion
des images fonctionnelles et morphologiques, des appa-
reils hybrides ont été développés : les tomographes à émis-
sionde positons (TEP) sont désormais systématiquement
couplés à un scanner (TEP-TDM) et les gamma-caméras
sont équipées d’un scanner (TEMP-TDM).
2.1.2 Le diagnostic
in vitro
Ils’agitd’unetechniquedebiologiemédicale,sansadminis-
tration de radionucléides au patient, permettant de doser
certains composés contenus dans les fluides biologiques
préalablement prélevés sur le patient: hormones, médica-
ments, marqueurs tumoraux, etc. Cette technique met en
œuvre des méthodes de dosage fondées sur les réactions
immunologiques (réactions antigènes-anticorps marqués
àl’iode-125),d’oùlenomdedosageparradio-immunologie
ou RIA (
Radio Immunology Assay
). Les activités présentes
dans les kits d’analyse prévus pour une série de dosages
ne dépassent pas quelquesmilliers de becquerels (kBq). La
radio-immunologieestconcurrencéepardestechniquesnefai-
santpasappelàlaradioactivitétellesquel’immunoenzymologie
ou la chimiluminescence. Quelques techniques utilisent
d’autresradionucléidescommeletritiumoulecarbone-14.
Là encore les activités manipulées sont de l’ordre du kBq.
2.1.3 La radiothérapie interne vectorisée
La radiothérapie interne vectorisée vise à administrer un
médicament radiopharmaceutique dont les rayonnements
ionisants délivrent une dose importante à un organe cible
dans un but curatif ou palliatif. Deux champs d’applica-
tions thérapeutiques de lamédecine nucléaire peuvent être
distingués: l’oncologie et les affections non oncologiques
(traitement d’hyperthyroïdie, synoviorthèse).
Plusieurs types de traitements oncologiques peuvent être
distingués:
•
les traitements administrés par voie systémique (cancer
de la thyroïdepar iode-131, lymphomenonhodgkinien
par anticorpsmonoclonalmarqué à l’yttrium-90, cancer
delaprostateavecmétastasesosseusesparleradium-223…);
•
les traitements administrés par voie sélective (traitement
des cancers du foie par administration dans une artère
hépatique au travers d’un cathéter demicrosphèresmar-
quées à l’yttrium-90).
Certaines thérapies nécessitent l’hospitalisationdes patients
pendant plusieurs jours dans des chambres spécialement
aménagées du service demédecine nucléaire pour assurer
la radioprotection du personnel, des proches du patient
et de l’environnement. La protection radiologique de ces
chambres est adaptée à la nature des rayonnements émis
par les radionucléides et des cuves recueillent les urines
contaminées des patients. C’est en particulier le cas du
traitement de certains cancers thyroïdiens après inter-
vention chirurgicale. Ils sont réalisés par l’administration
d’activités variées d’iode-131 (1,1GBq, 4GBq, 5,5GBq).
D’autres traitements peuvent être réalisés en ambula-
toire. Ils consistent, par exemple, à traiter une hyperthy-
roïdie par administration d’iode-131, les douleurs des
métastases osseuses d’un cancer par le strontium-89 ou
le samarium-153, le cancer de la prostate avecmétastases
osseuses par le radium-223. On peut aussi réaliser des
traitements des articulations grâce à des colloïdes mar-
qués à l’yttrium-90, à l’erbium-169, ou au rhénium-186.
TYPE D’EXPLORATION
RADIONUCLÉIDES UTILISÉS
Métabolisme thyroïdien
Iode-123, technétium-99m
Perfusion du myocarde
Thallium-201, technétium-99m, rubidium-82
Perfusion pulmonaire
Technétium-99m
Ventilation pulmonaire
Technétium-99m, krypton-81m,
Processus ostéo-articulaire
Technétium-99m, fluor-18
Oncologie – Recherche de métastases
Technétium-99m, fluor-18, gallium-68
Neurologie
Technétium-99m, fluor-18
TABLEAU 1 :
quelques-uns des principaux radionucléides utilisés dans diverses explorations en médecine nucléaire
in vivo
300
CHAPITRE 09 :
LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




