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La téléradiologie

La téléradiologie offre la possibilité de conduire la réalisa-

tion et d’interpréter à distance des examens de radiologie

réalisés dans un site à distance. Les échanges doivent se

réaliser dans la stricte application de la réglementation

(notamment de radioprotection et de qualité de réalisation

et de transfert des images) et de la déontologie.

Deux modes d’échanges sont principalement pratiqués :

le télédiagnostic, qui permet à unmédecinde proximité

(ex : médecin urgentiste), non-radiologue, de réaliser

l’examenpuis de télétransmettre les résultats à un radio-

logue, en vue d’obtenir une interprétation des images.

Le radiologue peut intervenir, le cas échéant au cours

de l’examen pour guider le manipulateur en électro-

radiologie dans la réalisation de l’examen et le recueil

des images. Dans ce cas, le médecin de proximité est

considéré comme le médecin réalisateur de l’acte et en

assume la responsabilité;

la téléexpertise, qui est unéchanged’avis entredeux radio-

logues, l’undemandant à l’autre « radiologue expert » à

distance (téléradiologue) de confirmer oud’infirmer un

diagnostic, de déterminer une orientation thérapeutique

ou encore de guider la réalisationde l’examen à distance.

Les modes de transmission sont sécurisés et permettent

le maintien du secret médical et de la qualité des images.

La téléradiologiemet enœuvre des responsabilitésmulti-

ples qui doivent être précisées dans la convention qui lie

le médecin réalisateur de l’acte au téléradiologue. L’ acte

de téléradiologie constitue un actemédical à part entière

comme tous les autres actes d’imagerie et ne se résume

pas à une simple interprétation à distance d’images. La

téléradiologie s’inscrit donc dans l’organisation géné-

rale des soins encadrée par le code de la santé publique

et obéit aux règles de déontologie en vigueur (voir les

recommandations de bonnes pratiques diffusées par les

professionnels).

1.1.2 Les pratiques interventionnelles utilisant

les rayonnements ionisants

Les pratiques interventionnelles utilisant les rayonnements

ionisants regroupent

« l’ensemble des actesmédicaux invasifs

diagnostiques et/ou thérapeutiques ainsi que les actes chirurgi-

caux utilisant des rayonnements ionisants à visée de guidage,

y compris le contrôle

1

 »

.

Les équipements utilisés sont soit des équipements

fixes installés dans des salles dédiées à cette activité,

principalement vasculaire (neurologie, cardiologie,

gastro-entérologie…),– on parle alors de radiologie

1. Définition du Groupe permanent d’experts en radioprotection

pour les applications médicales et médico-légales des rayonnements

ionisants (GPMED, placé auprès de l’ASN).

interventionnelle, – soit des appareils mobiles de radio-

logie utilisés dans les salles des blocs opératoires dans

plusieurs spécialités médicales, notamment en chirurgie

digestive, en orthopédie et en urologie. Ils font appel à

des techniques utilisant la radioscopie avec amplificateur

de luminance ou les images numériques (capteur plan)

nécessitant des appareils spécifiques.

Les techniques interventionnelles utilisant la scano-

graphie sont en développement, notamment grâce aux

évolutions techniques récentes (vitesse d’acquisition,

miniaturisation, scanner mobile…). Elles sont utili-

sées lors d’interventions à visée diagnostique (coro-

narographie ou examen des artères coronaires) ou à

visée thérapeutique (dilatation des artères coronaires,

angioplastie, embolisation vasculaire…), ainsi que lors

d’actes chirurgicaux utilisant des rayonnements ioni-

sants pour le guidage ou le contrôle du geste médi-

cal. Elles peuvent nécessiter des expositions de longue

durée exposant les patients à des doses importantes

pouvant être à l’origine, dans certains cas, d’effets tis-

sulaires déterministes dus aux rayonnements ionisants

(lésions cutanées…).

Les personnels interviennent le plus souvent à proxi-

mité immédiate du patient et sont également exposés

à des niveaux de doses plus élevés que lors d’autres

pratiques radiologiques. Dans ces conditions, compte

tenu des risques d’exposition pour l’opérateur et pour

le patient, les pratiques doivent être optimisées pour

réduire les doses et assurer la radioprotection des opé-

rateurs et des patients.

Le nombre d’installations où sont réalisées des pratiques

interventionnelles n’est pas connu avec précision par

l’ASN, du fait notamment d’une augmentation rapide

et récente des pratiques interventionnelles dans l’en-

semble des spécialités médicales au cours des dernières

années. Seules les unités de rythmologie, de cardiologie

interventionnelle et de neuroradiologie interventionnelle

sont dénombrées avec précision puisque ces activités de

soins nécessitent une autorisation de l’Agence régionale

de santé (ARS). Les divisions territoriales de l’ASN uti-

lisent de plus en plus les données d’activité hospitalière

pour mieux appréhender les activités et les enjeux liés à

l’imagerie interventionnelle. Plus de 1000 établissements

(fourchette basse) pratiquant de la radiologie interven-

tionnelle et des actes radioguidés ont ainsi été recensés

sur le territoire national.

1.1.3 Le radiodiagnostic dentaire

La radiographie intra-orale

Fixés le plus souvent sur un bras articulé, les générateurs

de radiographie de type intra-oral (le détecteur radio-

logique est dans la bouche) permettent la prise de cli-

chés planaires localisés des dents. Ils fonctionnent avec

des tensions et intensités faibles et un temps de pose

très bref, de l’ordre de quelques centièmes de seconde.

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CHAPITRE 09 :

LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015