Enfin, la radio-immunothérapie permet de traiter certains
lymphomes aumoyend’anticorpsmarqués à l’yttrium-90.
2.1.4 La recherche biomédicale enmédecine nucléaire
La recherche biomédicale en médecine nucléaire est
particulièrement dynamique ces dernières années : de
nouveaux radionucléides et vecteurs font régulièrement
l’objet de protocoles. Ces innovations portent principa-
lement sur :
•
la tomographie par émission de positons (TEP) avec le
fluor-18, le gallium-68 et le rubidium-82 ;
•
la radiothérapie interne vectorisée avec le radium-223,
lesmicrosphèresmarquées à l’yttrium-90, des vecteurs
marqués à l’yttrium-90 ou au lutétium-177.
L’utilisation de nouveaux médicaments radiopharmaceu-
tiquesnécessited’intégrer leplus enamont possible les exi-
gences de radioprotection associées à leur manipulation.
En effet, compte tenu des activités mises en jeu, des carac-
téristiques de certains radionucléides et des préparations à
réaliser, l’expositiondesopérateurs et l’impact sur l’environ-
nement nécessitent la mise en place de mesures adaptées.
2.2 Les règles d’aménagement
des installations de médecine nucléaire
Compte tenu des contraintes de radioprotection liées à
la mise en œuvre de radionucléides en sources non scel-
lées, les services de médecine nucléaire sont conçus et
organisés pour recevoir, stocker, manipuler en vue de
leur administration aux patients des sources radioactives
non scellées ou les manipuler en laboratoire (cas de la
radio-immunologie). Des dispositions sont également
prévues pour la collecte, l’entreposage et l’élimination
des déchets et effluents radioactifs produits dans l’instal-
lation, notamment pour les radionucléides contenus dans
les urines des patients.
Sur le plan radiologique, le personnel est soumis à un
risque d’exposition externe, en particulier au niveau des
doigts, du fait notamment de la manipulation de cer-
tains radionucléides (cas du fluor-18, de l’iode-131 ou
de l’yttrium-90), ainsi qu’à un risque d’exposition interne
par incorporation accidentelle de substances radioactives.
Dans ces conditions, les services de médecine nucléaire
doivent répondre aux règles prescrites par la décision de
l’ASNn° 2014-DC-0463 du 23 octobre 2014 relative aux
règles techniques minimales de conception, d’exploita-
tion et de maintenance auxquelles doivent répondre les
installations de médecine nucléaire
in vivo
, homologuée
par l’arrêté du 16 janvier 2015.
Cette décision introduit enparticulier de nouvelles règles
pour la ventilation des locaux des services de médecine
nucléaire (suppression des exigences de dépression et
des taux de renouvellement horaire figurant dans l’ar-
rêté du 30 octobre 1981) et des chambres accueillant les
patients qui bénéficient notamment d’un traitement du
cancer de la thyroïde avec l’iode-131 (nouvelle exigence
demise endépression). De plus, les installations équipées
d’un tomodensitomètre couplé à une gamma-caméra ou à
une caméra TEP doivent répondre aux dispositions de la
décisionde l’ASNn° 2013-DC-0349du4 juin2013 (voir
chapitre 3). Cette décision prévoit que l’aménagement et
l’accès de ces installations soient conformes aux règles de
radioprotection fixées par la norme NFC 15-160 dans sa
version de mars 2011.
3. LA RADIOTHÉRAPIE EXTERNE
ET LA CURIETHÉRAPIE
3.1 La présentation des techniques
La radiothérapie est, avec la chirurgie et la chimiothérapie,
l’une des techniques majeures employées pour le traite-
ment des tumeurs cancéreuses. Environ 175000 patients
sont traités chaque année. La radiothérapiemet enœuvre
les rayonnements ionisants pour la destruction des cel-
lules malignes (et, dans un nombre de cas limité, non
malignes). Les rayonnements ionisants nécessaires pour
la réalisationdes traitements sont produits par un généra-
teur électrique ou émis par des radionucléides sous forme
scellée. Ondistingue la radiothérapie externe où la source
de rayonnement produite par un accélérateur de particules
oudes sources radioactives (GammaKnife
®
par exemple)
est extérieure au patient, et la curiethérapie où la source
est positionnée au contact direct du patient, dans ou au
plus près de la zone à traiter.
Inspection de l’ASN du service de médecine nucléaire du centre régional de lutte contre le cancer
Eugène-Marquis à Rennes, juillet 2015.
301
CHAPITRE 09 :
LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




