5.6 L’état de la radioprotection
en radiologie conventionnelle et
en scanographie
L’ASN a maintenu le contrôle de la radioprotection dans
le domaine de la scanographie dans ses priorités d’ins-
pection du fait de la contribution importante de ce type
d’examen à l’exposition de la population française aux
rayonnements d’originemédicale. Les actes de scanogra-
phie contribuaient, en effet, en2012pour 71 %de la dose
efficace moyenne de la population alors qu’ils ne repré-
sentent que 10 % en volume d’actes (voir chapitre 1).
Le bilan des inspections
En 2014, un nouvel échantillon de 98 installations de
scanographieaétéinspecté.Lebilandesinspectionsconfirme
les tendances observées d’année en année en mettant en
évidence un état de la radioprotection plus satisfaisant
pour les travailleurs que pour les patients. L’examen des
tendances relevées sur les 367 installations inspectées sur
la période 2011 à 2014 (36 % du parc) confirme cette
appréciation enmettant en exergue une insuffisance plus
prononcée de l’application opérationnelle du principe de
justification pour la radioprotection des patients.
S’agissant des évaluations des pratiques professionnelles,
70 % des services inspectés ont mené une évaluation.
Celle-ci repose essentiellement sur le recueil et l’analyse
obligatoires des niveaux de référence diagnostiques. Dans
unemoindremesure, les évaluations en scanographie ont
porté sur l’évaluation de la mise en œuvre du principe
de justification (conformité de la demande d’imagerie et
pertinence des examens d’imagerie à visée diagnostique).
Des améliorations sont nécessaires avec, en particulier, le
renforcement de l’analyse préalable des demandes d’exa-
mens, de la formation à la radioprotectiondes patients des
personnels concernés, de l’optimisation des protocoles
d’examen livrés avec le scanner, de l’analyse des données
dosimétriques transmises à l’IRSNpour lamise à jour des
NRDet de l’évaluationdes pratiques professionnelles. En
2014, l’ASN a lancé une première évaluation de la radio-
protection des patients bénéficiant d’examen scanogra-
phique réalisé en téléradiologie qui fait apparaître des
insuffisances notamment dans l’application opération-
nelle du principe de justification.
En 2013, l’ASNa saisi leGPMEDafind’établir des recom-
mandations sur les actions à conduire afin d’améliorer la
participation des centres d’imagerie au recueil et à l’ana-
lyse des données dosimétriques en lien avec les NRD et
sur l’évolution des dispositions réglementaires à envisa-
ger en radiologie comme enmédecine nucléaire. L’ avis du
GPMEDa été publié en 2015 et unemise à jour de l’arrêté
du 24 novembre 2011 est attendue en 2016.
L’ASNrestetoujourstrèsengagéedanslesactivitésdugroupe
de travail d’HERCA chargé des applicationsmédicales des
rayonnements ionisants dont elle assure le secrétariat tech-
nique. En 2015, ce groupe de travail a réalisé deux sémi-
naires, l’un associant les parties prenantes sur l’application
duprinciped’optimisation, l’autre apermisunéchange sur
les pratiques d’inspection dans le domaine de l’imagerie.
5.7 L’état de la radioprotection
dans le domaine des pratiques
interventionnelles
Depuis plusieurs années, des événements significatifs de
radioprotection sont régulièrement déclarés à l’ASNaprès
l’apparitionde lésions (radiodermites, nécroses) chez des
patients ayant bénéficié de procédures interventionnelles
particulièrement longues et complexes. Àces événements
soulignant les enjeux forts de radioprotection pour les
patients, il faut ajouter ceux concernant les professionnels
dont l’exposition conduit parfois à des dépassements des
limites réglementaires.
Le contrôle de la radioprotection dans le domaine des
pratiques interventionnelles, depuis 2009, est une prio-
rité de l’ASN.
L’état de la radioprotection en radiologie est réalisé sur la
base d’indicateurs permettant d’évaluer lamise enœuvre
de la réglementation relative à la radioprotection des
professionnels et des patients ainsi que celle portant sur
les dispositifs médicaux (maintenance, contrôle qualité,
dispositifs de mesure de la dose).
5.7.1 La radioprotection des professionnels
de radiologie interventionnelle
Les constats établis à l’issue des inspections de 2014
confirment les observations faites au cours des der-
nières années. Ainsi, la radioprotection des profession-
nels reste mieux prise en compte dans les installations
fixes et dédiées de radiologie (radiologie intervention-
nelle) que dans les blocs opératoires où sont utilisés des
appareils mobiles.
Globalement, les inspections révèlent toujours des insuffi-
sances dans la réalisation des études de poste notamment
vis-à-vis des doses aux extrémités et au cristallin et le suivi
dosimétrique (opérationnel et aux extrémités).
Le manque de formation des professionnels, en particu-
lier des praticiens libéraux, intervenant dans les blocs
opératoires est réel et le constat peut être fait d’une faible
culture de radioprotection dans ce secteur. En outre, des
équipements de protection collective de radioprotection
sont disponibles pour les activités dédiéesmais encore trop
peu au niveau des blocs opératoires. En ce qui concerne
les équipements de protection individuelle, ils sont dis-
ponibles et portés à l’exception des lunettes plombées.
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CHAPITRE 09 :
LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




