5.4.3 La gestion des sources
La plupart des centres ontmis enplace desmesures appro-
priées pour :
•
enregistrerlesmouvementsdessources(93 %descentres);
•
transmettre chaque année à l’IRSNl’inventairedes sources
(86 % des centres);
•
la gestion des déchets et sources après implantation de
grains d’iode, avec un contrôle systématique des sources
restantes (nombre) par rapport aux sources implantées
et commandées (100 % des centres).
Les sources de curiethérapie sont gérées demanière satis-
faisante, toutefois, 85 % des centres inspectés en 2014
détiennent encore des sources scellées périmées.
5.4.4 Les situations d’urgence et la gestion
des dysfonctionnements
La plupart des centres ontmis enplace desmesures appro-
priées pour :
•
le recueil interne des événements précurseurs des dys-
fonctionnements ou des situations indésirables;
•
l’organisationpermettant l’analyse pluridisciplinaire des
causes des dysfonctionnements internes ou des ESR ;
•
lamiseenœuvred’uneprocéduredegestiondesévénements;
•
la recherche d’actions d’amélioration pour les événe-
ments analysés.
Le suivi de l’action d’amélioration à la suite d’un événe-
ment ou d’un dysfonctionnement n’est réalisé que dans
68 % des centres.
Un événement de blocage de source d’unprojecteurHDR
a conduit à exposer des travailleurs et une patiente. Cet
événement a rappelé l’importance de la définition des
mesures d’urgence, notamment dans le cadre dupland’ur-
gence interne, et la formation renforcée des travailleurs
à ces mesures d’urgence. Le risque de blocage de source
fait l’objet de consignes dans les services de curiethéra-
pie. Toutefois, les exercices visant à préparer et évaluer
lesmodalités d’intervention sont très rares. La conformité
aux exigences relatives à la formation renforcée à la radio-
protection des travailleurs pour l’utilisation des sources
scellées de haute activité (62 % des centres ont réalisé
cette dernière) est jugée insatisfaisante. Cette formation
doit s’intéresser, en particulier, aux mesures d’urgences
à mettre en œuvre en raison d’une perte de contrôle pos-
sible de la source de haute activité (exemple : blocage
d’une source de haute activité).
Concernant la curiethérapie PDR, les centres disposent
de procédures d’intervention en cas d’incident. Toutefois,
celles-ci n’ont pas détaillé tous les cas de figure permet-
tant d’identifier les opérations à conduire, les acteurs pou-
vant les réaliser et le délai d’intervention pour protéger
au mieux les travailleurs et les patients et ainsi éviter les
expositions inappropriées. En conséquence, des actions
sont attendues sur ce point.
5.4.5 Synthèse
L’ASN estime que les constats dressés à la suite des ins-
pections réalisées en 2013 et 2014 sont encourageants.
Concernant le déploiement d’un système demanagement
de la qualité, les services de curiethérapie bénéficient de
l’organisationmise enplace en radiothérapie externe, tant
concernant la radioprotection des travailleurs que celles
des patients.
Des retards dans le déploiement d’outils spécifiques à la
curiethérapie sont toutefois constatés.Ainsi, des efforts sont
attendusconcernantlerespectdesexigencesréglementaires
relatives à la cartographie des processus, la formation à la
radioprotection des patients et la formation renforcée à la
radioprotectiondestravailleurslorsquedessourcesdehaute
activité sont détenues, l’élimination des sources périmées,
laprogrammationet la réalisationdes contrôles techniques
internesderadioprotection,lacomplétudeducompterendu
d’acte, l’élaborationde l’étude des risques encourus par les
patients et le suivi des actions d’améliorationà la suited’un
événement significatif de radioprotection.
5.5 L’état de la radioprotection
en médecine nucléaire
Sur la période 2012-2014, 263 inspections ont été réali-
sées dans les 225 services de médecine nucléaire
in vivo.
Comparativement avec le bilan établi sur la période
2009-2011, il est constaté que la radioprotection des tra-
vailleurs, des patients et la protectionde l’environnement
est prise en compte de façon de plus en plus satisfaisante.
5.5.1 La radioprotection des professionnels
de médecine nucléaire
Les principaux points forts ont été confirmés :
•
la réalisation de l’évaluation des risques, même si le
risque de contamination externe et interne n’est pas
toujours pris en compte;
•
lamise enœuvre d’un suivi dosimétrique dupersonnel,
adaptée auxmodes d’exposition, notamment le port de
bagues dosimétriques en se référant aux recommanda-
tions d’ORAMED
(Optimization of Radiation Protection
for Medical Staff )
6
;
•
la rédactiond’unprogramme de contrôle de radioprotec-
tion et la réalisation des contrôles techniques externes;
•
l’utilisationde systèmes automatisés de préparationdes
doses et/oud’injectiondesmédicaments radiopharma-
ceutiques marqués au fluor-18.
6.
www.oramed-fp7.eu/en/D52Guidelines3_FR_PDF316
CHAPITRE 09 :
LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




