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6. L’APPRÉCIATION SUR

LA RADIOPROTECTION DANS

LES DOMAINES INDUSTRIEL,

DE RECHERCHE ET VÉTÉRINAIRE,

ET LES PERSPECTIVES POUR 2016

Dans le domaine du contrôle des applications des rayonne-

ments ionisants dans le secteur industriel, de la recherche et

vétérinaire, l’ASNœuvre pour que les opérateurs prennent

pleinement en compte les risques liés à l’utilisation des

rayonnements ionisants.

La perte de contrôle de la source

en gammagraphie

La gammagraphie est une technique de contrôle non destructif

consistant à positionner une source radioactive à proximité de

l’élément à contrôler de façon à obtenir un film radiographique

permettant ensuite, par lecture du film, un contrôle de qualité

de la pièce.

La perte de contrôle de la source est une des principales causes

d’incident dans ce domaine. Elle peut engendrer de fortes

expositions des travailleurs se trouvant à proximité, voire

du public en cas de travaux en zone urbaine. Cette perte de

contrôle se rencontre principalement dans deux situations :

• la source radioactive reste bloquée dans la gaine d’éjection.

L’origine du blocage est souvent liée à la présence de corps

étrangers dans la gaine ou à une dégradation de la gaine ;

• le porte-source contenant le radionucléide n’est plus

solidaire de la télécommande. Le câble reliant source et

télécommande n’est pas correctement raccordé et la source

ne peut plus être manœuvrée.

La France dispose d’un parc de gammagraphes répondant à

des prescriptions techniques plus strictes que les standards

internationaux. Toutefois, les défaillances de matériel ne

peuvent pas être écartées, notamment en cas de mauvais

entretien du matériel. De mauvaises manipulations sont

également souvent observées à la suite des incidents.

D’autre part, l’ASN note que les procédures et gestes à suivre

par les radiologues confrontés à ces situations ne sont pas

suffisamment connus et respectés.

COMPRENDRE

Dont classé au niveau 2

0

5

10

15

20

25

2011

2012

2013

2014

2015

GRAPHIQUE 9 :

évolution du nombre d’événements déclarés

à l’ASN dans le secteur de la recherche

Nombre d’établissements

Dont classé au niveau 1

Nombre d’ESR

Incident de niveau 2 à l’université de Bordeaux :

découverte de sources radioactives et exposition

incidentelle de personnes

L’ASN a été informée le 18 septembre 2015 par l’université

de Bordeaux – Campus de Carreire – de la découverte

de deux sources radioactives dans un local d’un laboratoire

de l’Inserm. Le laboratoire concerné ne dispose plus

d’autorisation de détention de sources radioactives depuis

de nombreuses années du fait de l’arrêt de ses activités

impliquant des sources radioactives.

Les deux sources radioactives ont été découvertes par le service

de prévention de l’université de Bordeaux, à l’occasion

d’une opération de rangement, à la fin du mois de juin 2015,

dans un local très encombré et régulièrement fréquenté.

Dès leur découverte, les sources ont été transférées et mises

en sécurité dans un local d’entreposage prévu à cet effet

au sein du campus universitaire. Le 4 septembre, le service

de radioprotection de l’université a mené un contrôle afin

de déterminer les caractéristiques radiologiques des sources

récupérées. Des risques d’irradiation et de contamination

ont été mis en évidence autour de l’une des deux sources,

qui présente un débit de dose de 3,4 mSv/h au contact.

Le contrôle radiologique du local n’a pas mis en évidence

de trace de contamination radioactive. En revanche, d’après

les premières estimations de dose reçue, une personne

travaillant dans ce local aurait reçu une dose proche de

20 mSv/an et plusieurs autres, ayant été exposées de façon

plus brève, auraient reçu une dose légèrement supérieure

à la limite réglementaire annuelle fixée pour le public (1 mSv).

L’ASN a réalisé une inspection à l’université de Bordeaux

le 1

er

 octobre 2015 afin d’examiner les circonstances de cet

événement et a demandé qu’un plan d’action soit engagé

en vue de prévenir la répétition d’un événement similaire.

Les insuffisances en termes de culture de radioprotection

et la dose potentiellement reçue par les personnes exposées

ont conduit l’ASN à classer cet événement au niveau 2 de

l’échelle INES.

À NOTER

343

CHAPITRE 10 :

LES UTILISATIONS INDUSTRIELLES, DE RECHERCHE ET VÉTÉRINAIRES ET LA SÉCURITÉ DES SOURCES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015