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Entre 2001et 2009, sous l’influencedesÉtats-Unis, 27pays,

dont la Grèce, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Belgique,

l’Espagne et le Portugal, se sont dotés d’aumoins une ins-

tallationde détection. La détectionde la radioactivité dans

les marchandises aux frontières ne fait actuellement pas

l’objet de protocole européen ou international.

La France ne dispose aujourd’hui que des informations

reçues des pays frontaliers. Ainsi, la Belgique informe l’ASN

encas dedéclenchement de ses portiques par des transports

en provenance ou à destination de la France. Dans de tels

cas, des investigations complémentaires sontmenées afin

d’identifier les sociétés concernées (négociants, fabricants

et importateurs), et/ou le pays exportateur, et de définir

le devenir des marchandises.

Dans certains cas, un tri duoudes colis est nécessaire pour

identifier puis isoler les produits en cause et les faire éli-

miner dans des installations autorisées. En cas de retour à

l’expéditeur, le transport desmarchandises doit respecter

la réglementation applicable aux transports de matières

dangereuses. Ces opérations (transport, tri, conditionne-

ment, élimination, etc.) ont un coût non négligeable qui

est généralement assumé par l’industriel français.

L’ASN considère qu’il est nécessaire pour la France de se

doter rapidement d’une stratégie nationale de détection

de la radioactivité sur le territoire et de réaliser les inves-

tissements correspondants en matériel et en formation.

Compte tenudes retombées économiques éventuelles que

peuvent engendrer ces incidents, l’ASN recommande à

tous les industriels entretenant des échanges commerciaux

de produits à base de métal avec des pays en dehors de

l’Union européenne de réaliser des contrôles sur le niveau

de radioactivité des produits importés.

4.6 La mise en place d’un contrôle de

la protection des sources radioactives

contre les actes de malveillance

Si les mesures de sûreté et de radioprotection auxquelles

conduit la réglementation permettent de garantir un cer-

tain niveau de protection face au risque d’actes malveil-

lants, elles ne peuvent être considérées comme suffisantes

pour toutes les sources. Un renforcement du contrôle

de la protection contre les actes de malveillance utilisant

des sources radioactives scellées dangereuses a donc été

vivement encouragé par l’Agence internationale de l’éner-

gie atomique (AIEA) qui a publié dans ce domaine un

code de conduite sur la sûreté et la sécurité des sources

radioactives (approuvé par le Conseil des gouverneurs le

8 septembre 2003) ainsi que des orientations pour l’impor-

tation et l’exportationde sources radioactives (publiées en

2005). Le G8 a soutenu cette démarche, notamment lors

du sommet d’Évian (juin 2003), et la France a confirmé à

l’AIEAqu’elle travaillait en vue de l’application des orien-

tations énoncées dans le code de conduite (engagements

du Gouverneur pour la France du 7 janvier 2004 et du

19 décembre 2012). L’objectif général du code est d’ob-

tenir un niveau élevé de sûreté et de sécurité des sources

radioactives qui peuvent présenter un risque important

pour les personnes, la société et l’environnement.

Le contrôle des sources à des fins de radioprotection et de

sûreté et celui à des fins de lutte contre les actes demalveil-

lance présentent de nombreuses interfaces et des objectifs

cohérents. C’est la raison pour laquelle les homologues

de l’ASN à l’étranger sont en général chargés de contrô-

ler les deux domaines. L’ ASN dispose pour ce faire d’une

solide connaissance de terrain des sources concernées et

des responsables d’activités nucléaires, que ses divisions

territoriales inspectent régulièrement.

Le Gouvernement a décidé de confier à l’ASN le contrôle

des mesures de suivi et de protection des sources contre

les actes demalveillance incombant aux responsables d’ac-

tivité nucléaire. Il pourrait notamment s’agir de limiter

l’accès aux sources à des personnes dûment autorisées,

d’interposer une ouplusieurs barrières de protectionphy-

sique entre la source et les personnes non autorisées, de

rendre obligatoiredes dispositifs dedétectiondes intrusions

ou d’assurer le suivi des sources. Le processus législatif

démarré en 2008 par le Gouvernement avec le concours

de l’ASN a été intégré à la loi n° 2015-992 du 17 août

2015 relative à la transition énergétique pour la croissance

verte (loi TECV) et à l’ordonnance du 10 février 2016 qui

répartit les compétences de contrôle dans les diverses ins-

tallations en incluant la protection contre les actes demal-

veillance dans les préoccupations que doivent prendre en

compte les services instructeurs des demandes d’autorisa-

tion. Sans attendre l’entrée en vigueur de ces dispositions,

l’ASNa appelé l’ensemble des détenteurs de sources scel-

lées de haute activité à la plus grande vigilance quant aux

conditions d’entreposage, de transport et d’utilisation de

ces sources, ainsi qu’enmatière de restriction d’accès aux

informations associées. Elle leur a également rappelé les

obligations d’ores et déjà applicables.

Comme elle l’avait annoncé, l’ASNa poursuivi ses travaux

de préparation des textes d’application nécessaires à la

mise en place effective du contrôle et renforcé ses actions

de repérage de l’état des lieux sur les installations exis-

tantes. Ce repérage, centré sur les établissements déten-

teurs de sources scellées de haute activité, a conduit à la

réalisation de 220 visites au total de la part de l’ASN. À ce

jour, la quasi-totalité des exploitants détenant des sources

scellées de haute activité qui seront contrôlés par l’ASNau

titre de la protection des sources contre les actes de mal-

veillance ont fait l’objet d’une telle visite.

Par ailleurs, afin de disposer d’une vision homogène

sur l’ensemble du territoire, de renforcer la formation

des inspecteurs de la radioprotection de l’ASN dans ce

nouveau champ de compétence, et d’anticiper pour une

prise en charge rapide et efficace de cette nouvelle mis-

sion, ces visites ont été conduites par les inspecteurs

de l’ASN sur la base d’outils spécialement élaborés par

l’ASN. Des modules de formation complémentaires ont

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CHAPITRE 10 :

LES UTILISATIONS INDUSTRIELLES, DE RECHERCHE ET VÉTÉRINAIRES ET LA SÉCURITÉ DES SOURCES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015