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L’ augmentation de cette activité au-delà de seuils pré-

définis est le signe d’une perte d’étanchéité des assem-

blages. Lors de l’arrêt, EDF a l’obligation de rechercher

et d’identifier les assemblages contenant des crayons

non étanches, dont le rechargement n’est pas permis.

Si cette activité dans le circuit primaire devient trop

élevée, les RGE imposent l’arrêt du réacteur avant la

fin de son cycle normal.

L’ ASN s’assure qu’EDF recherche et analyse les causes des

pertes d’étanchéité observées, en particulier au moyen

d’examens des crayons non étanches afin de déterminer

l’origine des défaillances et de prévenir leur réapparition.

Les actions préventives et correctives peuvent concerner

la conception des crayons et des assemblages, leur fabri-

cation ou les conditions d’exploitation des réacteurs. Par

ailleurs, les conditions demanutention des assemblages,

de chargement et de déchargement du cœur, ainsi que la

prévention de la présence de corps étrangers dans les cir-

cuits et les piscines font également l’objet de dispositions

d’exploitation dont certaines participent à la démons-

tration de sûreté et dont le respect par EDF est vérifié

par l’ASN. L’ ASN effectue en outre des inspections afin

de contrôler qu’EDF assure une surveillance adéquate

de ses fournisseurs de combustible pour garantir que

la conception et la fabrication de celui-ci sont réalisées

dans le respect des règles fixées. Enfin, l’ASN consulte

périodiquement le GPR sur les enseignements tirés du

retour d’expérience de l’exploitation du combustible.

2.4 Les équipements sous pression

2.4.1 Le contrôle de la fabrication des équipements

sous pression nucléaires (ESPN)

L’ASNévalue la conformité aux exigences réglementaires

des ESPN les plus importants pour la sûreté, dits « de

niveau N1 ». Cette évaluation de conformité concerne

les équipements destinés aux nouvelles installations

nucléaires (EPR de Flamanville 3) et les équipements de

rechange destinés aux installations nucléaires en exploi-

tation (GV de remplacement notamment). L’ ASN peut

s’appuyer pour cette mission sur des organismes qu’elle

agrée. Ces derniers peuvent êtremandatés par l’ASNpour

réaliser une partie des inspections sur les équipements de

niveauN1 et sont chargés de l’évaluationde la conformité

aux exigences réglementaires des équipements sous pres-

sionnucléairesmoins importants pour la sûreté, dits « de

niveauN2ouN3 ». Le contrôle de l’ASNet des organismes

agréés s’exerce aux différents stades de la conception et de

la fabrication des ESPN. Il se traduit par un examen de la

documentation technique de chaque équipement et par

des inspections dans les ateliers des fabricants, ainsi que

de leurs fournisseurs et sous-traitants. Cinqorganismes ou

organes d’inspection sont actuellement agréés par l’ASN

pour l’évaluation de conformité des ESPN: Apave SA,

Asap, Bureau Veritas, AIB Vinçotte International et l’or-

gane d’inspection des utilisateurs d’EDF.

L’ASN et les organismes agréés ont réalisé en 2015 :

4483 inspections pour contrôler la fabricationdes ESPN

destinés au réacteur EPRde Flamanville 3, ce qui a repré-

senté 10133 hommes.jours dans les usines des fabri-

cants, ainsi que de leurs fournisseurs et sous-traitants ;

1063 inspections pour contrôler la fabricationde géné-

rateurs de vapeur de rechange destinés aux réacteurs

électronucléaires en exploitation, ce qui a représenté

3936hommes.jours dans les usines des fabricants, ainsi

que de leurs fournisseurs et sous-traitants.

La majorité de ces inspections a été réalisée par les orga-

nismes agréés, sous la surveillance de l’ASN.

2.4.2 Le contrôle des circuits primaire

et secondaires principaux

Les circuits primaire et secondaires principaux (CPP et

CSP) des réacteurs fonctionnent à haute température et

haute pression et contribuent au confinement des subs-

tances radioactives, au refroidissement et au contrôle de

la réactivité.

La surveillance de l’exploitation de ces circuits est régle-

mentée par l’arrêté du 10 novembre 1999 relatif à la

surveillance de l’exploitation du circuit primaire prin-

cipal et des circuits secondaires principaux des réac-

teurs nucléaires à eau sous pression cité au point 3.6 du

chapitre 3. Dans ce cadre, ces circuits font l’objet d’une

surveillance et d’une maintenance périodique par EDF.

Cette surveillance fait elle-même l’objet d’un contrôle

de la part de l’ASN.

Ces circuits sont soumis à une requalification périodique

réalisée tous les dix ans, qui comprendune visite complète

des circuits impliquant des examens non destructifs, une

épreuve hydraulique sous pression et une vérification du

bon état et dubon fonctionnement des accessoires de pro-

tection contre les surpressions.

2.4.3 La surveillance des zones

en alliage à base de nickel

Plusieurs parties des réacteurs à eau sous pression sont

fabriquées en alliage à base de nickel. La résistance de ce

type d’alliage à la corrosion généralisée ou par piqûres

justifie son emploi. Cependant, dans les conditions de

fonctionnement des réacteurs, l’un des alliages retenus,

l’Inconel 600, s’est révélé sensible auphénomène de corro-

sion sous contrainte. Ce phénomène particulier se produit

en présence de sollicitations mécaniques importantes. Il

peut conduire à l’apparition de fissures, comme observé

sur des tubes deGVdès le début des années 1980 ou, plus

récemment en 2011, sur une pénétrationde fondde cuve

du réacteur 1 de Gravelines. Ces fissures conduisent l’ex-

ploitant à réparer les zones concernées ou à les isoler du

reste du circuit afin d’éviter tout risque.

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CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015