renforcements dematériels ou de structures qui sont mis
en œuvre à l’occasion des visites décennales.
L’évolution des connaissances a conduit EDF à réévaluer
l’aléa sismique dans le cadre du réexamen périodique
associé aux troisièmes visites décennales des réacteurs de
1300MWe (VD3-1300). L’ASNconsidère que l’évaluation
des aléas sismiques déterminés par EDF est acceptable, à
l’exception de celle concernant Saint-Alban, qui est trop
faible au regard de l’état des connaissances. L’ASN a donc
demandé à EDF:
•
de réévaluer le spectre sismique du site de Saint-Alban
pour tenir compte des incertitudes;
•
de définir un programme de travail de vérification de la
tenue des matériels et des ouvrages de génie civil et de
mettre enœuvre les éventuels renforcements sismiques
dans le cadre du réexamen VD3-1 300.
Les séismes extrêmes
À la suite de l’accident de Fukushima, l’ASN a prescrit à
EDF de définir et mettre en œuvre un « noyau dur » de
dispositions matérielles et organisationnelles permettant
demaîtriser les fonctions fondamentales de sûreté dans des
situations extrêmes comparables, dans le contexte français,
à celle survenue le 11 mars 2011 au Japon. Ce « noyau
dur » devra notamment être dimensionné pour résister
à un séisme d’une ampleur exceptionnelle dépassant les
niveaux retenus lors de la conception ou du réexamen
périodique des installations. Dans le cadre de la définition
de ce niveau de séisme exceptionnel, l’ASN a demandé à
EDFde compléter la démarche déterministe de définition
de l’aléa sismique par une approche probabiliste, afin de
se rapprocher desmeilleures pratiques connues auniveau
international (voir point 3.1).
2.6.2 L’élaboration des règles de protection
contre les inondations
L’inondationpartielle de la centrale nucléaire duBlayais en
décembre 1999 a amené les exploitants, sous le contrôle
de l’ASN, à réévaluer la sûreté des INB existantes face à
ce risque dans des conditions plus sévères qu’auparavant
et à effectuer de nombreuses améliorations de la sûreté
selonun calendrier proportionné aux enjeux. Conformé-
ment aux prescriptions de l’ASN, EDF a achevé les travaux
requis sur l’ensemble du parc électronucléaire fin 2014.
En parallèle, pour s’assurer d’une prise en compte plus
exhaustive et plus robuste du risque d’inondation, dès la
conception des installations, l’ASN a publié en 2013 le
guide n° 13 relatif la protection des INB contre les inon-
dations externes. Pour les installations existantes, l’ASNa
demandé à EDF, en2014, de prendre en compte les recom-
mandations du guide sur l’ensemble de ses réacteurs au
cours des dix années à venir et au plus tard lors du der-
nier réexamen périodique des réacteurs d’un même site.
À l’issue des évaluations complémentaires de sûreté (ECS)
réalisées après l’accident de la centraledeFukushima, l’ASN
a considéré qu’enmatière de protection contre les inonda-
tions, les exigences résultant de la réévaluation complète
conduite à la suite de l’inondationde la centrale nucléaire
duBlayais en1999permettaient de conférer aux centrales
nucléaires un haut niveau de protection contre le risque
d’inondation externe. Toutefois, l’ASN a pris plusieurs
décisions en juin 2012 pour demander aux exploitants :
•
de renforcer la protection des centrales nucléaires face
à certains aléas comme les pluies de forte intensité et
les inondations sismo-induites;
•
de définir et de mettre en place un « noyau dur » de dis-
positions matérielles et organisationnelles permettant
de maîtriser les fonctions fondamentales de sûreté dans
des situations extrêmes, notamment encas d’inondation
au-delàduréférentieldedimensionnement(voirpoint 3.1).
2.6.3 La prévention des risques liés à la canicule
et à la sécheresse
Au cours des événements caniculaires de ces dernières
décennies, certains cours d’eau nécessaires au refroidis-
sement de centrales nucléaires ont connu une réduction
de leur débit et un échauffement significatifs.
Par ailleurs, des augmentations notables de température ont
été relevées dans certains locaux des centrales nucléaires
abritant des équipements sensibles à la chaleur.
EDF a pris en compte ce retour d’expérience et a engagé
des études de réévaluation du fonctionnement de ses ins-
tallations dans des conditions de températures de l’air et
de l’eau plus sévères que celles retenues initialement à la
conception. En parallèle du développement de ce réfé-
rentiel de sûreté relatif aux situations dites de « grands
Ancrage au sol d’une pompe.
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CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




