chauds », EDF a engagé le déploiement demodifications
prioritaires (telles que l’augmentation de la capacité de
certains échangeurs) et mis en place des pratiques d’ex-
ploitation qui optimisent la capacité de refroidissement
des équipements et améliorent la tenue desmatériels sen-
sibles aux températures élevées.
L’ ASN a donné son accord en 2012 à la déclinaison du
référentiel aux réacteurs de 900 MWe et à l’intégration
des modifications qui en découlent. L’ ASN a également
demandé à EDFde prendre en compte ses remarques for-
mulées lors de cette instruction pour l’élaboration et la
déclinaison des référentiels des autres paliers.
Dans le cadre du réexamen périodique des réacteurs de
1300MWe, EDF a engagé unprogramme demodification
de ses installations visant à se prémunir contre les situa-
tions de canicules. Il est notamment prévu d’améliorer la
capacité de certains systèmes de refroidissement dematé-
riels requis pour la démonstration de sûreté nucléaire.
EDF a également engagé unprogramme de veille afind’an-
ticiper les évolutions du climat qui pourraient remettre
en cause les hypothèses retenues dans ses référentiels
« grands chauds ».
L’impact sur les rejets thermiques
des centrales nucléaires
Les centrales nucléaires sont à l’origine de rejets d’ef-
fluents chauds dans les cours d’eau ou dans la mer, soit
demanièredirectepour les centrales fonctionnant encircuit
dit « ouvert », soit après refroidissement de ces effluents
par passage dans des aéroréfrigérants permettant une éva-
cuationpartielle des calories dans l’atmosphère. Les rejets
thermiques des centrales conduisent à une élévation de
la température entre l’amont et l’aval du rejet qui peuvent
aller, suivant les réacteurs, de quelques dixièmes de degrés
à plusieurs degrés. Ces échauffements sont réglementés
par des décisions de l’ASN.
Depuis 2006, des modifications ont été intégrées à ces
décisions pour définir à l’avance les modalités de fonc-
tionnement des centrales nucléaires dans des conditions
climatiques exceptionnelles conduisant à un échauffe-
ment significatif des cours d’eau. Ces dispositions parti-
culières ne sont néanmoins applicables que si la sécurité
du réseau électrique français est en jeu.
2.6.4 La prise en compte du risque d’incendie
Les centrales nucléaires, comme les autres installations
nucléaires de base, sont soumises à une décision régle-
mentaire de l’ASN relative à la maîtrise des risques liés à
l’incendie (décisionn° 2014-DC-0417du28 janvier 2014).
La prise en compte du risque d’incendie dans les centrales
nucléaires repose sur le principe de défense en profon-
deur fondé sur les trois niveaux que sont la conception
des installations, la prévention et la lutte contre l’incendie.
Des règles de conception doivent empêcher l’exten-
sion d’un incendie et en limiter les conséquences ; elles
reposent principalement sur la « sectorisation incen-
die ». Il s’agit d’un découpage de l’installation en sec-
teurs conçus pour circonscrire le feu dans un périmètre
donné et délimités par des éléments (portes, murs et
clapets coupe-feu) présentant une durée de résistance
au feu spécifiée. Elle a notamment pour objectif d’évi-
ter la transmission d’un incendie à deux matériels assu-
rant de manière redondante une fonction fondamentale
de sûreté.
La prévention consiste principalement à:
•
veiller à ce que la nature et la quantité dematières com-
bustibles dans les locaux restent endeçà des hypothèses
retenues pour la sectorisation;
•
identifier et analyser les risques d’incendie pour prendre
lesmesures permettant de les éviter. Enparticulier, pour
tous les travaux susceptibles de créer un incendie, un
« permis de feu » doit être établi et des dispositions de
protection mises en œuvre.
Enfin, la détection des départs de feu et la lutte contre
un incendie doivent permettre l’attaque d’un feu et sa
maîtrise en vue de son extinction dans des délais com-
patibles avec la durée de résistance au feu des éléments
de sectorisation.
L’ ASN contrôle la prise en compte du risque incendie
dans les centrales nucléaires en se fondant notamment
sur l’analyse des référentiels de sûreté de l’exploitant, le
suivi des événements significatifs qu’il déclare et les ins-
pections réalisées sur les sites.
2.6.5 La prise en compte des risques d’explosion
Une explosion peut endommager des éléments essentiels
au maintien de la sûreté ou conduire à une rupture du
confinement et à la dispersion de matières radioactives
dans l’installation, voire dans l’environnement. Des dis-
positions doivent donc être mises enœuvre par l’exploi-
tant pour protéger les parties sensibles de l’installation
contre l’explosion.
L’ ASN contrôle ces mesures de prévention et de surveil-
lance et veille particulièrement à la prise en compte du
risque d’explosion dans le référentiel et l’organisation
d’EDF. L’ ASN s’assure également du respect de la régle-
mentation « atmosphères explosives » (ATEX) pour la
protection des travailleurs.
2.7 La maintenance et les essais
2.7.1 Le contrôle des pratiques de maintenance
L’ASNconsidère que lamaintenance préventive constitue
une ligne de défense essentielle pourmaintenir la confor-
mité d’une installation à son référentiel de sûreté.
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CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




