Afin d’améliorer la fiabilité des équipements participant
à la sûreté mais aussi la performance industrielle, EDF
recherche régulièrement à optimiser ses activités demain-
tenance à la lumière des meilleures pratiques de l’indus-
trie et des exploitants étrangers de centrales nucléaires.
Ainsi, EDF a annoncé en 2010 à l’ASN son intention de
déployer unenouvelleméthodologiedemaintenancedéve-
loppée par les exploitants américains, dénomméeAP-913.
La déclinaison de l’AP-913 repose sur la mise en œuvre
des six processus suivants:
•
l’identificationdesmatériels critiques et la détermination
des programmes de maintenance et de suivi associés ;
•
la définition des exigences de suivi et de maintenance
des matériels;
•
l’analyse des performances des matériels et systèmes ;
•
la définition et le pilotage des actions correctives ;
•
l’amélioration continue des référentiels et du pilotage
de la fiabilité;
•
la gestion du cycle de vie des matériels.
Les différentes étapes de cette méthodologie ainsi que les
conditions organisationnelles de son déploiement dans
les centrales ont été examinées par l’ASN, qui est favo-
rable à sa mise en œuvre.
Le principal intérêt de cette méthode est de viser une
amélioration de la fiabilité des matériels par leur suivi
en service afin d’améliorer la maintenance préventive et
par la mutualisation entre les centrales des pratiques de
maintenance. Toutefois, l’ASN considère que des actions
volontaristes doivent être engagées auprès des centrales
pour permettre la bonnemise enœuvre de cette nouvelle
méthode et assurer son efficacité. Enparticulier, EDFdoit
encadrer davantage la mise enœuvre de l’AP-913 sur ses
différentes centrales et allouer à cette mission les effectifs
nécessaires. Par ailleurs, EDFdoit s’assurer que l’ensemble
des intervenants respectent lesméthodes préconisées pour
le renseignement des indicateurs de suivi desmatériels, la
préparation, la réalisation et le compte rendu des visites
de terrain et la traçabilité des décisions de maintenance.
2.7.2 Le contrôle des programmes d’essais
Les éléments importants pour la protectiondes personnes
et de l’environnement, identifiés par l’exploitant, font l’objet
d’une qualification visant à garantir leur capacité à assurer
les fonctions qui leur sont assignées vis-à-vis des sollici-
tations et conditions d’ambiance associées aux situations
dans lesquelles ils sont nécessaires. Les essais périodiques
contribuent à la vérification de la pérennité de cette qua-
lification et permettent de s’assurer régulièrement de leur
disponibilité dans les conditions où ils sont requis. Les
règles associées constituent le chapitre IX des RGE. Ces
règles fixent la nature des contrôles techniques, leurs fré-
quences et les critères associés, dont l’accomplissement
permet périodiquement de vérifier le respect des exigences
de qualification.
L’ASN s’assure que les contrôles techniques périodiques
relatifs aux éléments importants mentionnés ci-dessus
sont pertinents et qu’ils font l’objet d’une amélioration
continue. Elle vérifie aussi qu’ils sont exécutés confor-
mément aux règles générales d’exploitation.
2.7.3 L’emploi de méthodes de contrôle performantes
appliquées aux équipements sous pression
des circuits primaire et secondaires principaux
L’ arrêté du 10 novembre 1999 relatif à la surveillance de
l’exploitation du circuit primaire principal et des circuits
secondaires principaux des réacteurs nucléaires à eau
sous pression spécifie dans son article 8 que les procédés
d’essais non destructifs employés pour le suivi en service
des équipements sous pression des circuits primaire et
secondaires principaux des réacteurs nucléaires doivent
faire l’objet, préalablement à leur première utilisation,
d’une qualification prononcée par une entité composée
Les éléments importants pour la protection (EIP)
L’article 1.3 de l’arrêté INB du 7 février 2012 définit
un « élément important pour la protection [EIP] » comme
un
« élément important pour la protection des intérêts
mentionnés à l’article L. 593-1 du code de l’environnement
(sécurité, santé et salubrité publiques, protection de la nature
et de l’environnement), c’est-à-dire structure, équipement,
système (programmé ou non), matériel, composant, ou
logiciel présent dans une INB ou placé sous la responsabilité de
l’exploitant, assurant une fonction nécessaire à la démonstration
mentionnée au deuxième alinéa de l’article L. 593-7 du code de
l’environnement ou contrôlant que cette fonction est assurée ».
Les éléments dits EIP sont le lien explicite entre les fonctions
devant être assurées en fonctionnement normal ou à assurer
en situation accidentelle et les « éléments » qui permettent
de la réaliser (structure, équipement, système, matériel,
composant, ou logiciel).
Par exemple, pour assurer une fonction de refroidissement,
il faut une pompe (l’EIP) ayant certaines performances
en termes de débit, de temps de démarrage, de fiabilité.
Les EIP prennent la suite des éléments importants pour la sûreté
définis par l’arrêté de 1984 mais ont un champ plus large.
Ils portent aussi sur les « éléments » destinés à la maîtrise des
nuisances et inconvénients (protection de l’environnement…).
Quelques exemples d’EIP : bâtiment abritant des substances
radioactives, ventilateur assurant une dépression nécessaire
au confinement, logiciel utilisé par le système de protection
d’un réacteur, certains éléments des stations de traitement
antibactérien.
Un EIP peut aussi être un élément contrôlant la bonne
réalisation d’une fonction, même si cet élément ne contribue
pas directement à la réalisation de cette fonction (balise de
mesure de la radioactivité dans une cheminée de rejet…).
COMPRENDRE
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CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




