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Certaines actions demaintenance demandées par la doc-

trine interned’EDF sur les tuyauteries véhiculant des fluides

hydrogénés ne sont pas toujours mises en œuvre (test

d’étanchéité à l’azote de la double enveloppe de certaines

tuyauteries, estimation moyennée journalière des fuites

au niveau de l’alternateur…).

L’ ASN considère par ailleurs que la prise en compte du

retour d’expérience sur l’ensemble des réacteurs en exploi-

tation des événements qui se sont produits en 2014 sur

les sites deDampierre, Tricastin et Blayais est insuffisante ;

elle a constaté que certainesmesures compensatoires défi-

nies en 2014 à la suite de ces événements ne sont toujours

pas mises en œuvre.

Enfin, un événement intéressant du point de vue du

retour d’expérience s’est produit le 16 septembre 2015 à

Civaux: aumoment de la découpe d’une tuyauterie, une

flammèche est apparue puis s’estmaintenue pendant une

quinzaine de minutes. Le risque de fuite d’hydrogène lié

à la découpe de cette tuyauterie n’avait pas été identifié

préalablement à l’activité.

Les activités de maintenance

Concernant la réalisation des activités de maintenance,

l’ASN note globalement une stabilité du nombre des

défauts de qualité constatés. Les intervenants doivent

toujours faire face aux contraintes liées à l’organisation

du travail, à l’insuffisance de la préparation de certaines

activités, à des modifications de planning et à des pro-

blèmes de coordination des chantiers, qui provoquent

des retards ou des reports d’activités. EDF amis enœuvre

un plan d’action pluriannuel spécifique visant à renfor-

cer la maîtrise des activités programmées et réalisées

lors des arrêts pour maintenance des réacteurs électro-

nucléaires. Si ce plan d’action permet une gestion plus

sereine des phases de préparation et de réalisation des

interventions par l’exploitant, l’ASN estime que les efforts

d’EDF doivent être poursuivis dans la durée, notamment

dans la perspective de la poursuite du fonctionnement

des réacteurs, du programme « grand carénage » et du

retour d’expérience de l’accident de Fukushima-Daiichi,

qui entraîne une augmentation du volume des activités

de maintenance, et d’un important renouvellement des

compétences.

Concernant l’approvisionnement des pièces de rechange et

la réparationdesmatériels, l’ASNconstate que les défauts

de maîtrise de ces activités, identifiés les années précé-

dentes, diminuent mais restent persistants.

Par ailleurs, des retards dans la réalisationde contrôles ou

dans l’intégrationdocumentaire de nouveauxprogrammes

demaintenance conduisent à une détection tardive d’écarts

ou de dégradations de matériels.

De plus, l’ASNobserve une variabilité selon les sites dans

la gestiondumaintiende la qualificationdes équipements

aux conditions accidentelles ainsi que dans les opérations

de requalification de ces matériels.

Enfin, l’ASNconsidèreque lamise enœuvrepar les centrales

de laméthode demaintenance AP-913 (voir point 2.7.1)

est perfectible.

L’ état des matériels

Les programmes demaintenance et de remplacement des

matériels, la démarche de réexamenpériodique, ainsi que

la correction des écarts de conformité doivent permettre

de contrôler et de pérenniser la capacité des matériels

d’une centrale nucléaire à assurer les fonctions qui leur

sont assignées pour la protectiondes intérêtsmentionnés

à l’article L. 593-1 du code de l’environnement.

Dans le cadre de ses inspections, tout en relevant encore

des insuffisances dans la déclinaison et le respect par les

centrales des règles édictées par les services centraux pour

le traitement des écarts de conformité, l’ASN a constaté

cette année des progrès importants réalisés sur ce sujet en

matière d’organisation et de formation interne des acteurs

impliqués dans ce processus de traitement des écarts de

conformité. L’ASNconsidèreque les sitesdoivent poursuivre

leurs efforts, enparticulier en ce qui concerne l’identifica-

tion et la traçabilité des écarts détectés. En effet, la gravité

potentielle de certains écarts de conformité génériques

montre la nécessité pour EDF de maîtriser les processus

opérationnels qui concourent au maintien de la confor-

mité des installations par rapport à leurs référentiels de

conception, de construction et d’exploitation.

Par ailleurs, dans le cadre de l’application de la décision

relative aux arrêts et redémarrages des réacteurs à eau sous

pression (décision 2014-DC-0444 de l’ASNdu 15 juillet

2014), EDF réalise, pour chaque réacteur, une analyse

du cumul de ces écarts. L’ ASN estime que ces analyses

doivent être plus approfondies.

Enfin, dans le cadre de l’applicationde la décision relative

auxmodificationsmatérielles des installations nucléaires

de base (décision 2014-DC-0420 de l’ASN du 13 février

2014), l’ASNa constatéqu’EDFaprogressédans ladémons-

trationde la qualificationdes équipements nouvellement

installés, lorsque celle-ci est nécessaire.

La première barrière de confinement

L’ASNconsidère qu’en 2015, l’état de la première barrière

de confinement, qui est constituée par la gaine du com-

bustible, est globalement en progrès, malgré quelques

points à améliorer. En particulier, il a été constaté que

l’organisationmise en place pour éviter l’introduction de

corps étrangers dans le circuit primaire a de nouveaupro-

gressé cette année.

Le nombre d’événements significatifs liés à lamanutention

de combustible est en baisse. Il a néanmoins encore été

constaté durant plusieurs arrêts de réacteur pour rechar-

gement que de nombreux corpsmigrants étaient présents

dans le circuit primaire, par exemple :

àGolfech 2, 31morceaux de ressorts de grilles d’assem-

blages de combustible ont été retirés,

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CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015