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1.2.2 L’assainissement complet

Les opérations dedémantèlement et d’assainissement d’une

installationnucléaire doivent conduire progressivement à

l’éliminationdes substances radioactives issues des phéno-

mènes d’activation et/oude dépôts et d’éventuellesmigra-

tions de la contamination, à la fois dans les structures des

locaux de l’installation et dans les sols du site.

La définition des opérations d’assainissement des struc-

tures repose sur lamise à jour préalable duplande zonage

déchets de l’installation, qui identifie les zones dans les-

quelles les déchets produits sont contaminés ou activés

ou susceptibles de l’être. Au fur et à mesure de l’avance-

ment des travaux (par exemple à l’issue d’unnettoyage des

parois d’un local à l’aide de produits adaptés), les « zones

à productionpossible de déchets nucléaires » sont déclas-

sées en « zones à déchets conventionnels ».

Conformément aux dispositions de l’article 8.3.2 de l’ar-

rêté INB,

« l’état final atteint à l’issue du démantèlement doit

être tel qu’il permet de prévenir les risques ou inconvénients

que peut présenter le site pour les intérêts mentionnés à l’ar-

ticle L. 593-1 du code de l’environnement, compte tenunotam-

ment des prévisions de réutilisation du site ou des bâtiments et

des meilleures méthodes et techniques d’assainissement et de

démantèlement disponibles dans des conditions économiques

acceptables ».

Dans ce cadre, l’ASNrecommande, en accord

avec sa politique enmatière de démantèlement élaborée en

2009, que les exploitantsmettent enœuvre des pratiques

d’assainissement et de démantèlement, tenant compte des

meilleures connaissances scientifiques et techniques du

moment et dans des conditions économiques acceptables,

visant à atteindre un état final pour lequel la totalité des

substances dangereuses et radioactives a été évacuée de

l’INB. C’est la démarche de référence selon l’ASN. Dans

l’hypothèse où, en fonctiondes caractéristiques de la pol-

lution, cette démarche poserait des difficultés de mise en

œuvre, l’ASN considère que l’exploitant doit aller aussi

loinque raisonnablement possible dans le processus d’as-

sainissement. Il doit en tout état de cause apporter les élé-

ments, d’ordre technique ou économique, justifiant que la

démarche de référence ne peut êtremise enœuvre et que

les opérations d’assainissement ne peuvent être davantage

poussées avec lesmeilleuresméthodes et techniques d’as-

sainissement et de démantèlement disponibles dans des

conditions économiques acceptables.

Conformément aux principes généraux de radioprotec-

tion, l’impact dosimétrique du site sur les travailleurs et

le public après démantèlement doit être le plus faible pos-

sible. L’ ASN considère donc qu’il n’est pas envisageable

de définir des seuils

a priori.

En particulier, l’atteinte d’un

seuil avec une exposition conduisant à une dose annuelle

de 300 µSv pour les travailleurs ou le public ne constitue

pas un objectif acceptable

a priori.

L’ASNtravaille à lamise à jour, en vue d’une publication en

2016, de son guide technique relatif aux opérations d’as-

sainissement des structures (guide n° 14, disponible sur

www.asn.fr )

. Il avait été diffusé en 2010 à l’état de projet,

en l’attente de la publication de l’arrêté du 7 février 2012

et de la décision relative à l’étude sur la gestiondes déchets

produits dans les INB. Les dispositions de ce guide ont

déjà été mises en œuvre pour de nombreuses installa-

tions, présentant des caractéristiques variées : réacteurs

de recherche, laboratoires, usine de fabrication de com-

bustible…L’ ASNa également élaboré, en2015, unprojet

de guide sur la gestion des sols pollués dans les installa-

tions nucléaires. Il a fait l’objet d’une consultation des

parties prenantes en vue d’une publication au premier

trimestre 2016.

1.3 L’encadrement

du démantèlement

Dès lors qu’une INB est définitivement arrêtée, celle-ci

doit être démantelée et change donc de destination, par

rapport à ce pour quoi sa création a été autorisée, le décret

d’autorisationde création spécifiant notamment les condi-

tions de fonctionnement de l’installation. Par ailleurs, les

opérations de démantèlement impliquent une évolution

des risques présentés par l’installation. Par conséquent,

ces opérations ne peuvent être réalisées dans le cadre fixé

par le décret d’autorisationde création. Le démantèlement

d’une installation nucléaire est prescrit par un nouveau

décret, pris après avis de l’ASN. Ce décret fixe, entre autres,

les principales étapes du démantèlement, la date de fin

du démantèlement et l’état final à atteindre.

Afin d’éviter le fractionnement des projets de démantèle-

ment et d’améliorer leur cohérence d’ensemble, le dossier

de démantèlement doit décrire explicitement l’ensemble

des travaux envisagés, depuis l’arrêt définitif jusqu’à l’at-

teinte de l’état final visé, et expliciter, pour chaque étape,

la nature et l’ampleur des risques présentés par l’installa-

tion ainsi que lesmoyensmis enœuvre pour lesmaîtriser.

Ce dossier fait l’objet d’une enquête publique.

Compte tenudu fait que les opérations de démantèlement

des installations complexes sont souvent très longues, le

décret prescrivant le démantèlement peut prévoir qu’un

certain nombre d’étapes feront l’objet, le moment venu

d’un accord préalable de l’ASN sur la base de dossiers

de sûreté spécifiques (appelés avant « points d’arrêts »).

Le schéma ci-contre décrit la procédure réglementaire

associée.

L’ exploitant doit justifier dans son dossier de démantèle-

ment que les opérations de démantèlement sont réalisées

dans un délai aussi court que possible.

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CHAPITRE 15 :

LA SÛRETÉ DU DÉMANTÈLEMENT DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE BASE

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015