2.3 Les installations d’Areva
La situation de l’ensemble UP2-400 est décrite au cha-
pitre 13. Cet ensemble comprend l’ancienneusinede retrai-
tement UP2-400 (INB33) et les ateliers qui y sont associés,
arrêtés depuis 2004 : la stationde traitement des effluents
STE2A (INB 38) et l’atelier haute activité oxyde – HAO
(INB 80), ainsi que l’installation ÉLAN IIB (INB 47), qui
a fabriqué jusqu’en 1973 des sources de césium-137 et
de strontium-90.
2.3.1 L’usine de retraitement de combustibles
irradiés : UP2-400 et les ateliers associés
L’atelier HAO (INB 80)
L’INB80 assurait les premières étapes duprocessus de trai-
tement des combustibles nucléaires oxydes usés: réception,
entreposage puis cisaillage et dissolution. Les solutions de
dissolution produites dans l’INB 80 étaient ensuite trans-
férées dans l’ensemble industriel UP2-400 dans lequel
avait lieu la suite des opérations de traitement.
L’INB 80 est composée de cinq ateliers :
•
HAONord, lieu de déchargement et d’entreposage des
combustibles;
•
HAOSud, où étaient effectuées les opérations de cisail-
lage et dissolution;
•
le bâtiment filtration, qui comporte le système de filtra-
tion de la piscine de HAO Sud ;
•
le silo HAO, dans lequel sont entreposés des coques et
embouts en vrac, des fines provenant essentiellement du
cisaillage, des résines et des déchets technologiques issus
de l’exploitation de l’atelier HAO entre 1976 et 1997 ;
•
le stockage organisé des coques (SOC), composé de
trois piscines dans lesquelles sont entreposés des fûts
contenant coques et embouts.
Le démantèlement de l’atelier HAO a été autorisé par
décret du 31 juillet 2009. La première étape des travaux
qui vise à réaliser l’essentiel des opérations de démantè-
lement de l’atelier HAO Sud est en cours. L’atelier HAO
Nord encore en exploitation sera démantelé au cours d’une
deuxième phase.
Le projet de reprise et de conditionnement (RCD)
des déchets actuellement mené dans le silo HAO et le
stockage organisé des coques (SOC) constitue le pre-
mier point d’arrêt du démantèlement de l’installation.
Les travaux de génie civil concernant la construction
de la cellule de reprise et de conditionnement autori-
sée par la décision du 10 juin 2014 ont continué en
2015. L’ exploitant a également mis en place un joint
d’étanchéité entre l’atelier R1 situé dans l’INB 117 et
la cellule de reprise.
L’ASN est par ailleurs vigilante sur les délais de mise en
œuvre de ces opérations, qui doivent être achevées avant
le 31 décembre 2022.
Par ailleurs, l’INB 80 a fait l’objet d’un réexamen pério-
dique dont l’instruction sera finalisée en 2016.
Les INB 33 et 38
Enoctobre 2008, Areva NCadéposé trois demandes d’au-
torisation de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement,
concernant les INB 33 (UP2-400), INB 38 (STE2 et atelier
AT1) et INB 47 (ÉLAN IIB).
À l’issue de l’instruction des dossiers déposés en 2008,
l’ASNa considéréque les dispositions définies parAreva NC
pour le démantèlement des INB 33 et 38 ne présentaient
pas d’aspect rédhibitoire du point de vue de la sûreté, de
la radioprotection, ainsi que de la gestion des déchets et
des effluents. Néanmoins, cette instruction a mis en évi-
dence la nécessité, pour l’exploitant, de transmettre un
nombre important d’études complémentaires. En consé-
quence, pour les INB 33 et 38, seules les opérations pour
lesquelles les éléments de démonstration de sûreté four-
nis étaient considérés suffisants ont pu être autorisées.
Les déchets anciens de La Hague
Les déchets anciens de l’établissement de La Hague à reprendre
et à conditionner sont issus du traitement des combustibles
usés de la filière UNGG et des premiers combustibles usés
de la filière eau légère dans l’ensemble industriel UP2-400
entre 1966 et 2004. Ces déchets, principalement de moyenne
activité à vie longue (MA-VL), sont notamment des chemises
en graphite, des coques et embouts, des fines de dissolution,
des résines saturées, des déchets magnésiens, des déchets
contaminés en uranium et en plutonium, des boues de
traitement d’effluents actifs, des solvants et des solutions
de produits de fission uranium-molybdène (PF UMo). Ils
sont aujourd’hui entreposés dans plusieurs installations de
génération ancienne présentant des niveaux de sûreté divers
mais non satisfaisants du fait de leur implantation (enterrée ou
semi-enterrée), de leur conception (barrières de confinement),
de leur dimensionnement au séisme et de la nature des déchets
entreposés. Ils doivent ainsi être récupérés dans les installations
d’entreposage
via
les équipements de reprise prévus à la
conception de ces installations ou
via
des équipements à
concevoir lorsque ces installations n’en possèdent pas. Une
fois récupérés, les déchets devront être conditionnés en vue
de leur stockage définitif. La reprise de ces déchets permettra
également de vider les installations de leurs déchets pour
réaliser leur démantèlement et leur assainissement dans
le cadre des opérations de démantèlement de l’ensemble
industriel UP2-400 (INB 33, 38, 47 et 80).
La décision de l’ASN du 9 décembre 2014 encadre la reprise
de ces déchets.
COMPRENDRE
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CHAPITRE 15 :
LA SÛRETÉ DU DÉMANTÈLEMENT DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE BASE
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




