2.2.3 Les installations en démantèlement
du centre de Cadarache
Le réacteur Rapsodie et le Laboratoire de
découpage d’assemblages combustibles (LDAC)
Le réacteur expérimental Rapsodie est le premier réac-
teur à neutrons rapides refroidi au sodium construit en
France. Il a fonctionné jusqu’en 1978. Un défaut d’étan-
chéité de la cuve du réacteur a conduit à son arrêt défi-
nitif en 1983.
Des opérations de démantèlement ont été entreprises
depuis mais ont été, en partie, arrêtées à la suite d’un
accident mortel (explosion) survenu en 1994 lors du
lavage d’un réservoir de sodium. Actuellement, le cœur
est déchargé, les combustibles ont été évacués de l’ins-
tallation, les fluides et les composants radioactifs ont été
éliminés, la cuve du réacteur est confinée. La piscine du
réacteur a été vidée, partiellement assainie et démante-
lée. Par ailleurs, 23 tonnes de sodium sont entreposées
et doivent être évacuées vers le centre CEA de Marcoule
où elles seront traitées.
LeCEA a transmis à l’ASNendécembre 2014 sa demande
d’autorisation de démantèlement complet et le dossier
de réexamen périodique de l’installation en mai 2015.
En juillet 2015, l’ASN a indiqué au ministre chargé de la
sûreté nucléaire, qui l’avait saisie sur ce dossier, que des
compléments étaient nécessaires pour pouvoir poursuivre
l’instruction.
Les opérations actuellement conduites par le CEA sont
principalement des travaux de rénovation, d’assainisse-
ment et de démantèlement limités à certains équipements,
ainsi que des opérations d’évacuation de déchets. L’ASN
considère que les opérations courantes d’exploitation sont
effectuées régulièrement et que les locaux sont globalement
bien tenus et qu’un travail important demise en cohérence
des documents applicables avec les règles générales d’ex-
ploitation avait été réalisé. Les dispositions prises par le
CEA pour assurer l’évacuation, d’ici à 2018, des déchets
sodés encore présents dans l’installation font également
l’objet d’un suivi attentif de la part de l’ASN.
Le LDAC, implanté au sein de l’INB Rapsodie, avait pour
mission d’effectuer des contrôles et des examens sur les
combustibles irradiés des réacteurs de la filière à neutrons
rapides. Ce laboratoire est à l’arrêt depuis 1997 et par-
tiellement assaini. Son démantèlement est prévu dans le
projet de démantèlement de l’ensemble de l’INB.
Deux événements significatifs consécutifs survenus en
début d’année au laboratoire de radiochimie ont mis en
lumière la situationparticulière de cette installation classée
pour la protection de l’environnement au sein de l’INB.
L’ exploitant de l’INB a réagi de manière satisfaisante en
apportant des améliorations à l’organisationdes interfaces
avec ce laboratoire et par des actions de sensibilisation à
la sûreté de son personnel.
Les ateliers de traitement de l’uranium enrichi
(ATUE)
Jusqu’en1995, les ATUE assuraient la conversion enoxyde
frittable de l’hexafluorure d’uranium en provenance des
usines d’enrichissement et effectuaient le retraitement
chimique des déchets de fabrication des éléments com-
bustibles. L’ installation comprenait un incinérateur de
liquides organiques faiblement contaminés. Les activités
de productiondes ateliers ont cessé en juillet 1995 et l’in-
cinérateur a été arrêté fin 1997.
Le décret d’autorisation de mise à l’arrêt définitif et de
démantèlement de l’installation du 8 février 2006 pres-
crivait une fin des travaux en 2011. Après avoir constaté
que les opérations de démantèlement étaient arrêtées
et que le CEA n’avait pas donné suite à sa demande de
déposer un dossier de demande d’une nouvelle auto-
risation pour achever le démantèlement, l’ASN a mis
le CEA en demeure le 6 juin 2013. Le CEA a transmis
en février 2014 une demande de nouvelle autorisation
pour achever les opérations de démantèlement et d’as-
sainissement. Considérant que ce dossier répond aux
conditions fixées dans la décision de mise en demeure,
l’ASN a suspendu celle-ci par décision du 29 avril 2014.
Néanmoins, il est apparu que de nouveaux complé-
ments étaient nécessaires, ce que l’ASN a indiqué au
ministre chargé de la sûreté nucléaire, qui l’avait saisie
sur ce dossier. Ces compléments ont été transmis en
décembre 2015.
L’ Atelier de technologie du plutonium (ATPu)
et le Laboratoire de purification chimique (LPC)
L’ ATPu assurait la production d’éléments combustibles
à base de plutonium, destinés aux réacteurs à neutrons
rapides ou expérimentaux, puis, à partir des années 1990,
aux réacteurs à eau sous pressionutilisant du combustible
MOX. Les activités du LPC étaient associées à celles de
l’ATPu: contrôles physico-chimiques et examens métal-
lurgiques, traitement des effluents et déchets contaminés.
Les deux installations ont été arrêtées en 2003.
Le CEA est l’exploitant nucléaire de ces installations.
Areva NCest depuis 1994 l’opérateur industriel en charge
du fonctionnement des installations et de leur démantè-
lement jusqu’à la reprise complète de cette activité par le
CEA, prévue au deuxième semestre de 2016.
Le démantèlement des deux installations, autorisé par les
décrets du 6 mars 2009 et encadré par les décisions du
26 octobre 2010 s’est poursuivi en 2015 avec un volume
important d’opérations, ce qui a permis de diminuer le
terme source de manière significative. Certaines ont fait
l’objet par l’exploitant de déclarations demodification, ins-
truites par l’ASN, telles que la reprise du bitume des cuves
annulaires duLaboratoire de purification chimique (LPC).
En ce qui concerne l’unité de cryotraitement, les opéra-
tions de démantèlement autorisées par décision de l’ASN
du 20 octobre 2011 sont en cours de réalisation.
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CHAPITRE 15 :
LA SÛRETÉ DU DÉMANTÈLEMENT DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE BASE
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




