Les rayonnements ionisants peuvent
être d’origine naturelle ou provenir
d’activités humaines appelées activi-
tés nucléaires.
Les expositions de la population aux
rayonnements ionisants d’origine
naturelle résultent de la présence de
radionucléides d’origine terrestredans
l’environnement, de l’émanation de
radon en provenance du sous-sol et
de l’exposition aux rayonnements
cosmiques.
Les activités nucléaires sont les acti-
vités comportant un risque d’expo-
sition aux rayonnements ionisants,
émanant soit d’une source artificielle
soit de radionucléides naturels. Ces
activités nucléaires incluent celles qui
sont menées dans les installations
nucléaires de base (INB) et dans le
cadre du transport des substances
radioactives,mais aussi dans toutes les
installationsmédicales, vétérinaires,
industrielles et de recherche où sont
utilisés les rayonnements ionisants.
Les rayonnements ionisants sont les
rayonnements capables de produire
directement ou indirectement des
ions lors de leur passage à travers la
matière. Parmi eux, on distingue les
rayons X, les rayonnements gamma,
alpha et bêta ainsi que les rayonne-
ments neutroniques, tous caractérisés
par des énergies et des pouvoirs de
pénétration différents.
Les effets des rayonnements ioni-
sants sur les êtres vivants peuvent être
« déterministes » (effets sanitaires,
tels que l’érythème, la radiodermite,
la radionécrose et la cataracte, appa-
raissant de façon certaine lorsque
la dose de rayonnements reçus
dépasse un certain seuil) ou « pro-
babilistes » (apparition de cancers
avec une probabilité d’occurrence
pour un individu mais pas de cer-
titude). Les mesures de protection
contre les rayonnements ionisants
visent à éviter les effets déterministes
et à réduire les probabilités de can-
cers radio-induits qui constituent le
risque prépondérant.
La connaissance des risques liés aux
rayonnements ionisants repose sur
la surveillance sanitaire (registres de
cancers), l’investigation épidémiolo-
gique et l’évaluation des risques par
une extrapolation aux faibles doses
des risques observés à forte dose. De
nombreuses incertitudes et inconnues
persistent néanmoins, notamment en
ce qui concerne la radiosensibilité, les
effets des faibles doses, la signature
radiologique des cancers et certaines
maladies non cancéreuses.
Exposition aux rayonnements
ionisants en France
La totalité de la population française
estpotentiellementexposéeauxrayon-
nements ionisants,mais de façon iné-
gale, qu’il s’agisse des rayonnements
ionisants d’origine naturelle ou résul-
tant d’activités humaines.
Enmoyenne, l’exposition d’un indi-
vidu en France a été estimée par
l’Institut de radioprotection et de
sûreté nucléaire (IRSN) en 2010 à
4,5millisieverts par an (mSv/an), avec
une variation d’un facteur pouvant
atteindre 5 selon le lieu; les sources
de cette exposition sont les suivantes:
•
pour environ 1 mSv/an, la radio
activité naturelle hors radon, dont
0,6mSv/anpour les rayonnements
d’origine tellurique, 0,3 mSv/an
pour les rayonnements cosmiques
et 0,6 mSv/an au titre de l’exposi-
tion interne due à l’alimentation;
•
pour environ 1,4mSv/an, le radon
avec une très grande variation liée
aux caractéristiques géologiques des
terrains (une nouvelle cartographie
du territoire national a été établie
en 2011 en fonction du potentiel
d’exhalaisondu radon) et aux bâti-
ments eux-mêmes; dans les zones
définies comme prioritaires, des
mesures périodiques doivent être
faites obligatoirement dans les lieux
ouverts au public et dans les lieux
de travail; unplannational d’action
a étémis enœuvre pour la période
2011-2015; sonbilanet unnouveau
plan pour la période 2016-2019
seront publiés en 2016;
•
pour environ 1,6 mSv/an (estima-
tionpour 2015), les examens radio-
logiques à visée diagnostique avec
une nette tendance à l’augmenta-
tion (+ 23 % entre 2007 et 2012) ;
une attentionparticulière doit donc
être portée à la maîtrise des doses
délivrées aux patients;
•
pour 0,02mSv/an, les autres sources
d’exposition artificielle : anciens
essais nucléaires aériens, accidents
survenus sur des installations, rejets
des installations nucléaires.
Les travailleurs des activités nucléaires
font l’objet d’une surveillance spéci-
fique (plus de 350000 personnes en
2014); la dose annuelle est restée, en
2014, inférieure à 1 mSv (limite de
dose efficace annuelle pour le public)
pour 96 %des effectifs surveillés et il
y a eu huit dépassements de 20 mSv
(limite réglementaire pour les travail-
leurs dunucléaire) comme en2013; la
dose collective abaisséd’environ50%
depuis 1996 alors que la population
surveillée a progressé d’environ50%.
Pour les travailleurs des secteurs d’ac-
tivités engendrant un renforcement
de l’exposition aux rayonnements
naturels, les doses reçues sont dans
85 %des cas inférieures à 1mSv/an.
Quelques secteurs industriels iden-
tifiés sont néanmoins susceptibles
Les activités nucléaires :
rayonnements ionisants et risques
pour la santé et l’environnement
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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015
LES ÉLÉMENTS MARQUANTS EN 2015




