Les enjeux de radioprotection des travailleurs sont pris en
compte par une organisation adaptée. L’ASNconstate une
tenue des installations satisfaisante pendant les périodes
d’arrêt de réacteurs. Toutefois, des pratiques observées
par les inspecteurs, ainsi que certains événements signi-
ficatifs, traduisent encore unmanque de rigueur. L’ ASN
souligne la nécessité demaintenir un haut niveau de sen-
sibilisation des intervenants sur les parades à mettre en
œuvre en radioprotection.
Concernant la qualité de l’exploitation en matière d’en-
vironnement, les inspections de 2015 confirment l’ap-
préciation des années précédentes: si quelques défauts,
relatifs au traitement des écarts, à la documentation et
aux affichages, ont été mis en évidence, l’organisation en
matière de prévention des pollutions ainsi que les dis-
positions de gestion des effluents et de surveillance des
rejets et de l’environnement apparaissent satisfaisantes.
Site de Saint-Laurent-des-Eaux
L’ ASN considère que les performances en matière de
protection de l’environnement de la centrale de Saint-
Laurent-des-Eaux se distinguent de manière positive
par rapport à l’appréciation générale portée sur EDF.
Les performances en matière de sûreté et de radiopro-
tection se situent dans la moyenne.
En matière de sûreté nucléaire, le site de Saint-Laurent-
des Eaux se maintient à un niveau satisfaisant. L’ effica-
cité des modifications organisationnelles engagées dans
la préparation et l’organisationdes arrêts de réacteurs s’est
confirmée. L’ ASN note que les plans d’action déployés
sur des thématiques pour lesquelles la centrale de Saint-
Laurent-des-Eaux a identifié des faiblesses produisent des
résultats. Elle observe cependant une augmentation des
événements liés à la mauvaise réalisation d’essais pério-
diques. L’ ASN considère que la démarche d’analyse des
risques et l’ergonomie de la documentationd’exploitation
peuvent être encore renforcées.
Dans le domaine de la radioprotection, les performances
du site sont dans la moyenne du parc de réacteurs d’EDF.
Néanmoins, l’ASN souligne des points faibles émer-
gents tels que la maîtrise du processus « zone orange »
1
.
L’ organisation définie et mise en œuvre par l’exploitant
dans le domaine de l’environnement est satisfaisante. Il
est à souligner lamise en place de bonnes pratiques dans
le cadre de certaines thématiques environnementales. Le
renforcement de l’organisation de l’ingénierie spéciali-
sée dans le domaine de l’environnement de la centrale,
1. Afin de protéger les travailleurs des risques liés aux rayonnements
ionisants, la réglementation prévoit que les installations nucléaires
soient découpées en différentes zones, classées selon les conditions
d’exposition radiologique et impose des règles d’accès particulières
à chacune de ces zones. Ainsi l’accès aux “zones orange” où
le débit d’équivalent de dose est susceptible d’être compris entre
2 millisieverts par heure (mSv/h) et 100 mSv/h nécessite l’accord
préalable du service de radioprotection et est réservé aux agents
en contrat à durée indéterminée (CDI).
notamment le fonctionnement de la filière indépendante
environnement, se concrétise. Toutefois, l’ASNperçoit au
travers des observations faites en inspection un affaiblis-
sement en matière de gestion des déchets radioactifs et
conventionnels. Par ailleurs, quelques écarts dans l’inté-
gration de dispositions réglementaires ont été constatés.
L’ASN considère que le niveau de sûreté des installations
nucléaires de Saint-Laurent-des-Eaux A est globalement
satisfaisant. Le management de la sûreté au niveau de la
structure chargéede ladéconstructionest de bonne qualité,
avec une démarche volontaire d’amélioration continue.
L’exploitant doit cependant être vigilant sur sa gestiondes
écarts aux analyses de risques des opérations.
L’ exploitant a progressé dans l’avancement des chan-
tiers de traitement des déchets et effluents historiques
de l’installation malgré les aléas qui sont encore surve-
nus sur les chantiers. Un plan d’action a été décliné de
façon satisfaisante afin d’améliorer la rigueur d’exploi-
tation à la suite de plusieurs écarts en 2014 et 2015 sur
un de ces chantiers. L’ exploitant doit donc poursuivre
ses actions afin d’être en mesure de démarrer en 2016
les opérations de démantèlement hors caisson A2 dans
de bonnes conditions.
Le risque incendie est bien géré par l’exploitant. Dans
le cadre de la nouvelle réglementation, il lui reste tou-
tefois à établir la liste des équipements importants pour
la protection à protéger d’un incendie et à définir les
exigences associées.
Inspection du travail dans les centrales nucléaires
Au cours de l’année 2015, les inspecteurs du travail de
l’ASN ont mené différentes inspections dans les domaines
de la santé et la sécurité au travail, notamment lors des
périodes d’arrêts de réacteurs. Des inspections spéci-
fiques ont été menées sur les thématiques du risque
d’explosion, du levage, des interventions en milieu
confiné et des pollutions spécifiques.
Des enquêtes ont été également conduites à la suite
d’accidents du travail afin de déterminer les causes
exactes et les actions correctives mises en place par les
centrales concernées.
L’ inspection du travail est restée attentive au temps de tra-
vail des salariés et notamment celui des cadres, sujet dont
la maîtrise par les centrales peut encore être améliorée.
Installations nucléaires de recherche ou en
démantèlement, les usines et ateliers nucléaires
Centre CEA de Saclay
L’ ASN considère que les INB du centre CEA de Saclay
sont exploitées dans des conditions de sûreté globalement
satisfaisantes. LeCEAdoit toutefois être vigilant quant au
respect du référentiel d’exploitation des installations et
des textes réglementaires. Plusieurs écarts au référentiel
DIVISION D’ORLÉANS
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CHAPITRE 08 :
LE PANORAMA RÉGIONAL DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




