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a également demandé aux industriels impliqués dans les

transports à plus fort enjeu de lui fournir leurs plans afin

de les analyser en détail.

Les pouvoirs publics se préparent eux aussi à l’éventualité

d’unaccident lors d’un transport de substances radioactives.

L’ASNa ainsi participé le 1

er

 octobre 2015 à un exercice de

crise impliquant les services préfectoraux et les services

de secours et simulant un accident dans le département

de la Saône-et-Loire.

4.2.7 L’analyse des incidents

Le recensement et l’analyse des différents événements de

transport permettent à l’ASN de connaître les problèmes

rencontrés par les opérateurs de transport et les éven-

tuels risques de sûreté afin d’améliorer les pratiques en

vigueur et identifier les éventuels besoins d’évolution de

la réglementation.

Tout écart à la réglementation ou aux dossiers de sûreté

relatifs au transport de substances radioactives doit faire

l’objet d’une déclaration à l’ASN conforme au guide de

déclaration des événements, comme demandé dans l’ar-

ticle 7de l’arrêté du29 mai 2009modifié relatif aux trans-

ports de marchandises dangereuses par voies terrestres

(« arrêté TMD »). Ce guide de déclarationdes événements

a été transmis par lettre aux différents acteurs du trans-

port de substances radioactives le 24 octobre 2005 et est

consultable sur

www.asn.fr

. Il définit les différentesmoda-

lités de déclaration et de classement sur l’échelle INES

des événements de transport. Outre la déclaration, un

compte rendu détaillé de l’événement doit être adressé

sous deux mois à l’ASN.

Événements déclarés en 2015

En 2015, dans le domaine des transports de substances

radioactives, 56 événements de niveau0, neuf événements

de niveau 1 et un événement de niveau 2 ont été déclarés

à l’ASN. Le graphique 3 présente l’évolution du nombre

d’événements déclarés depuis 2000.

Domaines d’activité concernés par ces événements

Plus de la moitié des événements sont déclarés par les

industriels du cycle du nucléaire (EDF et Areva notam-

ment). Environ un cinquième des événements significa-

tifs concernent les produits pharmaceutiques radioactifs.

Les autres événements concernent les transports liés aux

activités de l’industrie non nucléaire (gammagraphie par

exemple).

Les secteurs de l’industrie non nucléaire sont à l’origine

de très peu d’événements relatifs au transport au regard

des flux associés. Ce faible taux d’événements est pro-

bablement lié à un défaut de déclaration de la part des

professionnels du nucléaire de proximité, qui s’explique

par une méconnaissance du processus de déclaration

des événements.

Les contenus concernés par les déclarations d’événements

sont très variés: radioéléments à usage médical, matériel

contaminé, combustible, emballage vide…Le graphique 4

présente la répartitiondes événements de transport décla-

rés en fonction du contenu et du mode de transport.

Événement de niveau 2 :

non-respect des prescriptions de sûreté

lors du transport d’un gammagraphe

Le 16 mars 2015, l’ASN a été informée par la société

ECW qu’un gammagraphe de l’agence ECW de

Courcelles-les-Lens (Pas-de-Calais) a été transporté sur la voie

publique le 2 mars 2015 sans respecter plusieurs exigences

imposées par l’agrément de transport délivré par l’ASN :

l’appareil n’était pas en position fermée verrouillée et il était

équipé de ses accessoires de chantier, ce qui a empêché

de le mettre complètement dans sa coque de transport.

Les gammagraphes sont des appareils utilisés en radiographie

industrielle pour la détection de défauts dans les matériaux.

Ils contiennent une source radioactive de forte activité dans

un logement blindé, qui n’en est sortie que pour effectuer les

radiographies (voir schéma chapitre 10, p. 342). Ce logement,

qui assure la protection radiologique, doit être fermé par un

doigt obturateur lors du transport du gammagraphe (position

fermée verrouillée). Compte tenu de l’activité de leur source,

les gammagraphes doivent être transportés dans des colis

agréés par l’ASN.

Les écarts déclarés à l’ASN ont accru le risque d’une éjection

de la source radioactive hors de son blindage en cas d’accident.

Les conséquences d’un tel scénario pourraient être une

irradiation importante des personnes à proximité immédiate

du lieu de l’accident.

La présence d’un collimateur sur l’appareil et les mesures

effectuées après le transport par la société ECW suggèrent qu’il

n’y avait pas de faisceau anormal émergeant de l’appareil au

cours du transport. Cependant, comme l’appareil n’était pas en

position fermée verrouillée, il n’est pas possible de le garantir.

À la suite de la déclaration de cet événement, l’ASN a mené

deux inspections réactives dans les locaux de l’agence ECW

de Courcelles-les-Lens les 26 mars et 14 avril. Plusieurs écarts

ont été constatés par les inspecteurs, dénotant un manque de

culture de sûreté au sein de l’agence. Il a donc été demandé à

la société ECW de mettre en place des actions correctives. Les

lettres de suite d’inspection peuvent être consultées sur le site

Internet de l’ASN.

Compte tenu des conséquences potentielles en termes

d’exposition du public et des travailleurs, l’ASN a classé cet

événement, pour sa partie transport, au niveau 2 de l’échelle

internationale de gravité des événements nucléaires et

radiologiques (INES), qui compte 8 niveaux, de 0 à 7.

À NOTER

361

CHAPITRE 11 :

LE TRANSPORT DE SUBSTANCES RADIOACTIVES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015