d’experts internes et externes à EDF dont la compétence
et l’indépendance sont vérifiées par le Comité français
d’accréditation (Cofrac).
La qualificationpermet de garantir que laméthode d’exa-
men atteint effectivement les performances prévues et
décrites dans un cahier des charges précis.
À ce jour, plus de 90 applications sont qualifiées dans le
cadre des programmes d’inspection en service. De nou-
velles applications sont en cours de développement et
de qualification pour répondre à de nouveaux besoins.
Concernant le réacteur EPR de Flamanville, 39 pro-
cédés ont été qualifiés en amont de la visite complète
initiale du circuit primaire principal et des circuits secon-
daires principaux. Seuls quatre procédés, dont le besoin
a été identifié tardivement, sont encore en cours de
développement.
En raison des risques radiologiques associés à la gamma-
graphie, les applications ultrasonores sont privilégiées par
rapport aux applications radiographiques, sous réserve
de performances de contrôle équivalentes.
2.7.4 Le contrôle par l’ASN des arrêts de réacteur
Les réacteurs doivent être arrêtés périodiquement pour
renouveler le combustible qui s’épuise pendant le cycle
de fonctionnement. À chaque arrêt, un tiers ou un quart
du combustible est renouvelé.
Ces arrêts rendentmomentanément accessibles certaines
parties de l’installationqui ne le sont pas pendant son fonc-
tionnement. Ils sont donc mis à profit pour vérifier l’état
de l’installation en réalisant des opérations de contrôle
et de maintenance, ainsi que pour mettre en œuvre les
modifications programmées sur l’installation.
Ces arrêts pour renouvellement du combustible peuvent
être de plusieurs types:
•
arrêt pour simple rechargement (ASR) et arrêt pour visite
partielle (VP): d’une durée de quelques semaines, ces
arrêts sont consacrés au renouvellement d’une partie du
combustible et à la réalisation d’un programme de véri-
fication et de maintenance, plus important lors d’une
VP que lors d’un ASR ;
•
arrêt pour visite décennale (VD): il s’agit d’un arrêt fai-
sant l’objet d’un programme de vérification et demain-
tenance approfondi. Ce type d’arrêt, qui dure plusieurs
mois et intervient tous les dix ans, est également l’occasion
pour l’exploitant de procéder à des opérations lourdes
telles que la visite complète et l’épreuve hydraulique du
circuit primaire, l’épreuve de l’enceinte de confinement
ou l’intégration des évolutions de conception décidées
dans le cadre des réexamens périodiques.
Ces arrêts sont planifiés et préparés par l’exploitant plusieurs
mois à l’avance. L’ASNcontrôle les dispositions prises par
l’exploitant pour garantir la sûreté et la radioprotection
pendant l’arrêt, ainsi que la sûreté du fonctionnement
pour le ou les cycles à venir.
Les principauxpoints ducontrôle réalisépar l’ASNportent :
•
en phase de préparation de l’arrêt, sur la conformité
du programme d’arrêt du réacteur au référentiel appli-
cable. L’ASNdemande le cas échéant des compléments
à ce programme;
•
pendant l’arrêt, à l’occasiondepoints d’information régu-
liers et d’inspections, sur lamise enœuvreduprogramme
et sur le traitement des aléas rencontrés ;
•
en find’arrêt, à l’occasionde la présentationpar l’exploi-
tant du bilande l’arrêt du réacteur, sur l’état du réacteur
et son aptitude à être remis en service. À l’issue de ce
contrôle, l’ASN donne ou non son accord au redémar-
rage du réacteur;
•
après le redémarrage du réacteur, sur les résultats de
l’ensemble des essais réalisés au cours de l’arrêt et en
phase de redémarrage.
L’ ensemble de ces dispositions est prévu par la déci-
sion n° 2014-DC-0444 de l’ASN du 15 juillet 2014
relative aux arrêts et redémarrages des réacteurs à eau
sous pression.
2.8 Le maintien et l’amélioration
continue de la sûreté nucléaire
2.8.1 La maîtrise des activités sous-traitées
Les opérationsdemaintenancedes réacteurs français sont en
grande partie sous-traitées par EDF à des entreprises exté-
rieures, dont l’effectif global représente environ20000per-
sonnes. EDF motive le recours à la sous-traitance par le
besoin de recourir à des compétences pointues ou rares
et par la forte saisonnalité des arrêts de réacteurs et donc
le besoin d’absorber les pics de charge.
Le choix par l’exploitant de recourir à la sous-traitance
ne doit pas remettre en cause les compétences tech-
niques que l’exploitant nucléaire doit conserver pour
exercer sa responsabilité en matière de sûreté et être en
mesure de surveiller effectivement la qualité des tra-
vaux effectués par les sous-traitants. Une sous-traitance
mal maîtrisée est en effet susceptible de conduire à une
mauvaise qualité du travail réalisé et d’avoir un impact
négatif sur la sûreté de l’installation et la radioprotection
des intervenants (les sous-traitants recevant une grande
partie de la dose liée aux travaux effectués sur l’ensemble
des réacteurs : voir point 4.1.4). De telles conséquences
peuvent notamment résulter de l’emploi de personnels
insuffisamment compétents, d’une surveillance insuffi-
sante des prestataires par l’exploitant ou de conditions
de travail dégradées.
Ainsi, si le choix d’externalisation de certaines activités
relève de la stratégie attachée à la politique industrielle
d’EDF, les conditions de recours à la sous-traitance doivent
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CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




