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2.14 L’impact environnemental

et sanitaire des centrales nucléaires

2.14.1 La révision des prescriptions relatives

aux prélèvements et aux rejets

Le code de l’environnement donne compétence à l’ASN

pour définir les prescriptions relatives aux prélèvements

d’eau et aux rejets d’effluents des installations nucléaires

de base (voir chapitre 4, point 4.1.1).

À l’occasion des renouvellements ou demodifications de

ces prescriptions, l’ASN fixe les valeurs limites d’émis-

sion, de prélèvement d’eau et de rejet d’effluents sur

la base des meilleures techniques disponibles dans des

conditions techniquement et économiquement accep-

tables en prenant en considération les caractéristiques de

l’installation, son implantation et les conditions locales

de l’environnement.

L’ ASN fixe également les règles applicables à la gestion et

à la surveillance des rejets d’effluents, aux prélèvements

d’eau, à la surveillance de l’environnement et à l’informa-

tion du public et des autorités (voir chapitre 4, point 4.1).

Pourfixercesrègles,l’ASNsefondesurleretourd’expérience

de l’ensemble des réacteurs, tout en prenant en compte

les évolutions de l’exploitation (changement du condi-

tionnement des circuits, traitement antitartre, traitements

biocides…) et de la réglementation de niveau supérieur.

2.14.2 Le contrôle de la gestion des déchets

La gestiondes déchets radioactifs produits par les centrales

nucléaires s’inscrit dans le cadre général de la gestion des

déchets produits par toute INB, présenté au chapitre 16.

Pour l’ensemble des déchets, radioactifs ou non, l’ASN

examine le référentiel de l’exploitant tel que demandé par

la réglementation, comme décrit au point 3.5.1 du cha-

pitre 3. Ce document comprend notamment un récapi-

tulatif des déchets produits, de leurs quantités et de leurs

modalités de gestion, le « zonage déchets », et la descrip-

tion des solutions d’élimination existantes.

Chaque site envoie annuellement à l’ASN les détails de sa

production de déchets et des filières d’élimination, une

comparaison avec les années précédentes, un bilan des

écarts constatés et de l’organisation du site, les faits mar-

quants survenus et les perspectives futures. Conformé-

ment à la réglementation, EDF procède à une gestion à la

source des déchets endistinguant notamment les déchets

issus de zones nucléaires des autres. La stratégie de gestion

des déchets d’EDF est en cours d’instruction par l’ASN

(voir chapitre 16). L’exploitant et l’ASN tiennent des réu-

nions régulières, en vue d’échanger sur les affaires liées

aux déchets et sur la gestion de ceux-ci, notamment au

travers de bilans annuels.

Ces éléments, ainsi que des inspections au cours des-

quelles les inspecteurs passent en revue l’organisation du

site enmatière de gestion des déchets, constituent la base

utilisée par l’ASN pour contrôler la gestion des déchets

produits par les centrales nucléaires d’EDF et le respect

de la réglementation.

2.14.3 Le renforcement de la protection

contre les autres risques et nuisances

Certains circuits de refroidissement des centrales nucléaires

constituent des milieux favorables au développement

des légionelles et des amibes (voir point 1.4). L’ ASN

impose donc des niveaux maximaux de concentration

en légionelles pour les circuits de refroidissement équi-

pés de tours aéroréfrigérantes et de concentration en

amibes

Naegleria fowleri

en aval du rejet dans l’environ-

nement, ainsi que des exigences en matière de surveil-

lance des installations.

L’ASNsuit avec attention, au travers des dossiers instruits

et de ses contrôles sur le terrain, l’avancement des dis-

positions préventives ou curatives mises en œuvre par

EDF pour réduire le risque de prolifération de ces micro-organismes et les résultats associés à ces actions, y compris

les rejets chimiques induits par les traitements biocides.

Un projet de décision relative à la prévention des risques

microbiologiques liés aux installations de refroidissement

du circuit secondaire des réacteurs électronucléaires est en

cours de préparation pour faire évoluer cette réglemen-

tation de manière cohérente avec celle des installations

classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Il

a été soumis à la consultation du public sur le site Inter-

net de l’ASNdu 2 mars au 4 mai 2015. Ce projet de déci-

siondevra être présenté, en2016, auConseil supérieur de

la prévention des risques technologiques (CSPRT) (voir

chapitre 2, point 2.4.3) et sera soumis à une homologa-

tion ministérielle.

L’impact radiologique des rejets

L’impact radiologique calculé des rejets maximaux figurant dans

les dossiers d’EDF sur le groupe de population le plus exposé

reste toujours très en deçà de la limite dosimétrique admissible

pour le public (1 mSv/an).

La dose efficace annuelle délivrée au groupe de référence de

la population (groupe soumis à l’impact radiologique maximal)

est ainsi estimée entre quelques microsieverts et quelques

dizaines de microsieverts par an, selon le site considéré. Cette

exposition représente moins de 0,1 % de la dose totale moyenne

à laquelle la population française est exposée (voir chapitre 1).

À NOTER

390

CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015