EDF a respecté l’ensemble des échéances réglementaires
et ses engagements.
Toutefois, l’ASNa complété ses demandes par un ensemble
de décisions en date du 21 janvier 2014 visant à préciser
certaines dispositions de conception du « noyau dur ».
Les demandes de l’ASN s’inscrivent dans un processus
d’amélioration continue de la sûreté et visent à faire face à
des situations très au-delà des situations habituellement
retenues pour ce type d’installation. Elles portent sur
des mesures de prévention et de limitations des consé-
quences d’un accident pour l’ensemble des installations
d’un site, au-delà de leurs conditions de conception ini-
tiales. Elles requièrent à la fois des moyens fixes complé-
mentaires et desmoyensmobiles externes. Ces demandes
se distinguent, dans le contexte international, par l’am-
pleur des dispositions retenues à la suite de l’accident
de Fukushima.
Compte tenu de la nature des travaux demandés, il
est nécessaire que l’exploitant procède à des études de
conception, de construction et d’installation de nouveaux
équipements qui nécessitent, d’une part, des délais,
d’autre part, une planification pour optimiser leur mise
en place dans chacune des centrales. En effet, dans la
mesure où ces travaux importants se déroulent sur des
sites nucléaires en exploitation, il est aussi nécessaire
de veiller à ce que leur réalisation ne dégrade pas la
sûreté des centrales.
Pour prendre en compte les contraintes liées à l’ingénie-
rie de ces grands travaux mais aussi au besoin d’apporter
au plus tôt les améliorations consécutives à l’accident de
Fukushima, leurmise enplace est prévue en trois phases:
Phase 1 (2012-2015)
Mise en place de dispositions temporaires ou mobiles
visant à renforcer la prise en compte des situations prin-
cipales de perte totale de la source froide ou de perte des
alimentations électriques.
À la fin 2015, EDF avait déployé les dispositions prévues.
Phase 2 (2015-2020)
Mise enœuvre desmoyens définitifs de conception et d’or-
ganisation robustes vis-à-vis d’agressions extrêmes visant
à faire face aux situations principales de perte totale de
la source froide ou de perte des alimentations électriques
au-delà des référentiels de sûreté en vigueur. Lesmesures
les plus importantes sont:
•
la mise en place d’un diesel d’ultime secours de grande
capacité nécessitant la constructiond’unbâtiment dédié ;
•
la mise en place d’une source d’eau ultime ;
•
la mise en place d’un dispositif d’appoint d’eau ultime
pour chaque réacteur et chaque piscine d’entreposage
du combustible ;
•
le renforcement de la tenue sismique du filtre de l’évent
de l’enceinte de confinement ;
•
la construction sur chaque site d’un centre de crise local
capable de résister à des agressions externes extrêmes
(fonctionnellement autonome en situation de crise).
EDF a déjà engagé lamajorité des études nécessaires pour
lamise enplace de cesmatériels. Toutefois les discussions
sont toujours en cours sur l’échéancier de mise en place
de ces dispositions pour chacun des réacteurs d’EDF et
l’ASN prendra position sur ce sujet en 2016.
Phase 3 (à partir de 2019)
Cette phase viendra compléter la phase 2notamment pour
permettre la prise en compte d’autres scénarios d’acci-
dents potentiels. Les mesures les plus importantes sont :
•
l’évacuation de la puissance résiduelle par les GV au
moyen d’un circuit d’alimentation de secours ultime
et indépendant, alimenté par la source d’eau ultime ;
•
l’ajoutd’unenouvellepomped’appointaucircuitprimaire;
•
l’achèvement des raccordements par des circuits fixes
de l’alimentation de secours des GV, du réservoir d’eau
de refroidissement PTR et de la piscine de désactivation
du combustible;
•
la mise en place d’un système de contrôle commande
ultime et de l’instrumentationdéfinitivedu« noyaudur »;
•
la mise en place d’un système ultime de refroidisse-
ment de l’enceinte ne nécessitant pas l’ouverture de
l’évent filtré de l’enceinte de confinement en cas d’ac-
cident grave ;
•
la mise en place d’une solution de noyage du puits de
cuve pour prévenir la traversée du radier par le corium.
Ces deux derniers points nécessitent encore des études de
faisabilité de la part d’EDF. Les discussions sur l’échéan-
cier de mise en place des dispositions de la phase 3 pour
chacun des réacteurs d’EDF sont en cours et l’ASN pren-
dra position sur ce sujet en 2016.
3.2 L’examen de la
poursuite du fonctionnement
des centrales nucléaires
L’exploitant d’une installationnucléaire doit procéder à un
réexamen périodique de son installation tous les dix ans
(voir point 2.9.4).
Les réacteurs du palier 900 MWe
Le réexamen périodique associé aux troisièmes visites décennales
En juillet 2009, l’ASN a pris position sur les aspects géné-
riques de la poursuite du fonctionnement des réacteurs
de 900 MWe au-delà de trente ans. L’ ASN n’a pas iden-
tifié d’élément générique mettant en cause la capacité
d’EDF à maîtriser la sûreté des réacteurs de 900 MWe
jusqu’au prochain réexamen périodique. L’ ASN consi-
dère que le nouveau référentiel de sûreté présenté dans
le rapport de sûreté générique des réacteurs de 900MWe
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CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




