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L’ ASNobserve le fonctionnement des organisationsmises

en place par les exploitants principalement au travers

d’inspections, notamment celles consacrées au mana-

gement de la sûreté.

L’ ASN examine, au cours des différents réexamens pério-

diques des usines d’Areva, les processus managériaux

qui n’ont pu être traités dans le cadre de l’examen global

dumanagement de la sûreté dont les conclusions ont été

transmises à Areva le 21 septembre 2012. Un avis final

sera rendu sur l’ensemble des processus managériaux,

nationaux et locaux à l’issue de l’ensemble de ces réexa-

mens qui se termineront en 2018.

Pour 2016, l’ASNsera particulièrement vigilante à ce que

la profonde réorganisation annoncée du groupe Areva

ne remette pas en cause les progrès réalisés en matière

de management de la sûreté au niveau du groupe.

Le groupe annonce à ce stade que ses activités de conver-

sion, d’enrichissement et de retraitement du combustible

nucléaire devraient être rassemblées au sein d’une nou-

velle entité d’une part et que les activités de fabrication

de combustible nucléaire et de fabricationd’équipements

nucléaires devraient être rassemblées au sein d’une entité

codétenue par plusieurs groupes industriels d’autre part.

Conformément à la loi, les entités que ce processus de

scission auront conduit à devenir exploitants des actuelles

INB du groupe Areva devront démontrer à l’ASNqu’elles

disposent effectivement des capacités, aussi bien tech-

niques que financières, à assumer leurs responsabilités

en matière de sûreté nucléaire.

L’ examen des dispositions prises par les services

centraux du groupe Areva en matière de sûreté

L’action de l’ASN enmatière de contrôle s’exerce également

au niveau des services centraux d’Areva, responsables de

la politique de sûreté, de radioprotection et de protection

de l’environnement du groupe. L’ ASN examine la façon

dont ils élaborent et assurent la mise en œuvre de cette

politique dans les différents établissements du groupe.

En 2015, l’ASN a poursuivi les actions lancées en 2013

relatives, d’une part, à l’identification des systèmes,

structures et composants du « noyau dur » dans le cadre

des actions post-Fukushima, d’autre part, à l’intégra-

tion dans les référentiels de sûreté des INB des disposi-

tions nouvelles de l’arrêté du 7 février 2012 notamment

pour ce qui concerne l’identification des EIP et leurs

exigences de sûreté associées, les transports internes

et la maîtrise de l’impact et des nuisances des instal-

lations. L’ inspection des services centraux de 2015 a

permis de constater des progrès significatifs du groupe

en matière de formalisation de sa politique de sûreté et

de ses déclinaisons. Areva accuse cependant un retard

significatif dans sa prise en compte de la réglementation

en matière d’EIP (cette réglementation vise à s’assurer

que chaque élément d’une INB sur lequel l’exploitant

a fondé la démonstration de sûreté de cette INB rem-

plit effectivement les exigences attendues dans cette

démonstration).

3.3.1 La prise en compte des facteurs sociaux,

organisationnels et humains

La formalisationde la prise en compte des facteurs sociaux,

organisationnels et humains (FSOH) a réellement débuté

en 2005-2006 pour les installations du cycle du combus-

tible avec l’élaboration de politiques internes propres à

chaque exploitant. Cette démarche a commencé à être

centralisée auniveaudu groupeAreva à compter de 2008,

date à partir de laquelle les services centraux du groupe se

sont dotés de spécialistes FSOH. Depuis, une politique au

niveau national a été élaborée et tend à se déployer parmi

les exploitants du groupe. La réunion du GPU qui s’est

tenue en 2011 sur lemanagement de la sûreté chez Areva

a également permis de lancer une démarche de dévelop-

pement et de suivi des actions FSOH entreprises. L’ASN

considère que cette démarche doit être poursuivie afin

qu’elle puisse porter complètement ses fruits. La plupart

des différents exploitants du groupeAreva se sont d’ores et

déjà dotés de personnels compétents enmatière de FSOH.

Au cours de l’année 2015, Areva a développé son plan

d’action visant àmettre enœuvre les objectifs définis dans

sa politique de sûreté nucléaire.

En parallèle, l’ASN a lancé l’instruction du déploiement

dans les INBdes outils demanagement de la sûreté élaborés

par Areva en réponse aux engagements pris par le groupe

devant le groupe permanent en2011. Cette démarche vise

notamment à évaluer l’efficacité de la mise en œuvre sur

le terrain des directives et guides conçus par les services

centraux du groupe.

Concernant l’organisation de crise en cas de situation

extrême, les services centraux d’Areva ont accompa-

gné de manière satisfaisante les sites dans le déploie-

ment initial de la méthodologie définie en matière de

FSOH dans le cadre des évaluations complémentaires

de sûreté. Cependant, en 2014 et 2015, les services

centraux ont délégué aux sites le déploiement de ces

méthodologies mais n’ont pas conservé de fonctions de

coordination et de pilotage suffisantes de ces déploie-

ments. En conséquence, l’ASN portera en 2016 une

attention particulière à la cohérence des organisations

de crise en cas de situation extrême des différents sites

nucléaires d’Areva.

3.4 La cohérence du cycle

L’ASN contrôle la cohérence globale, à la fois au plan de

la sûreté et du cadre réglementaire, des choix industriels

faits en matière de gestion du combustible. Pour cela,

l’ASNexamine, sur la base d’undossier dit « Impact cycle »

transmis par EDF et rédigé conjointement avec les acteurs

du cycle que sont Areva et l’Andra, tous les dix ans, les

conséquences de la stratégie d’EDF d’utilisation dans ses

réacteurs de nouveaux produits combustibles et de nou-

velles gestions du combustible sur les différentes étapes

du cycle du combustible.

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CHAPITRE 13 :

LES INSTALLATIONS DU CYCLE DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015