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Sur le long terme, la question de la gestion des combus-

tibles usés, des résidus miniers et de l’uranium appauvri

est examinée en tenant compte des aléas et des incerti-

tudes attachés à ces choix industriels. À court et moyen

termes, l’ASNentendnotamment que les exploitants anti-

cipent et préviennent la saturation des capacités d’entre-

posage de combustibles usés dans les centrales nucléaires

ou les piscines de l’usine Areva de La Hague, comme cela

a été constaté dans d’autres pays. L’objectif poursuivi est

d’éviter l’utilisation par les exploitants, comme palliatif,

d’installations anciennes présentant un niveau de sûreté

moindre. Dans cettedémarche, l’ASNs’appuie sur leminis-

tère chargé de l’énergie, qu’elle sollicite enparticulier pour

obtenir des informations relatives aux fluxdematières, aux

contraintes industrielles susceptibles d’affecter la sûreté ou

aux orientations de politique énergétique. Afindemainte-

nir une vision globale et toujours pertinente du cycle du

combustible, ces éléments doivent êtremis à jour périodi-

quement. L’ASNdemande donc périodiquement qu’EDF

apporte, en liaison avec les industriels du cycle du com-

bustible, les éléments démontrant la compatibilité entre

les évolutions des caractéristiques des combustibles et de

leur gestion et les évolutions des installations du cycle.

En outre, pour toute nouvelle utilisationdu combustible,

EDF doit démontrer l’absence d’effet rédhibitoire sur les

installations du cycle.

Dans cette perspective, l’ASN a demandé en 2015 à EDF

qu’une révision globale du dossier « Impact cycle » soit

effectuée pour 2016. L’ objectif est de

« disposer d’une vision

globale et robuste dans la durée des évolutions pouvant affecter

l’ensemble des activités du cycle et des conséquences de ces évolu-

tionssurlesinstallationsetlestransports. »

Lapériode couverte

par l’étude s’étendra de janvier 2016 à décembre 2030 et

devra identifier les seuils de rupture (saturations de capa-

cités, limite de teneur isotopique de combustible atteinte,

etc.) prévisibles jusqu’en 2040.

Ce dossier devramontrer que les évolutions des caractéris-

tiques des combustibles ou des gestions de combustibles

irradiés et les évolutions des installations du cycle envisa-

gées par les acteurs industriels concernés ne présentent

aucun effet rédhibitoire, dans les quinze ans à venir, que

ce soit vis-à-vis du fonctionnement des centrales élec-

trogènes, de l’exploitation des usines de l’amont et de

l’aval du cycle ou de la gestion à moyen et à long terme

des déchets. Il devra en outre démontrer la maîtrise dans

la durée des flux et stocks de matières, de combustibles

et de déchets et anticiper les difficultés ou aléas de fonc-

tionnement du cycle.

EDF considère que la capacité disponible permet d’assu-

rer l’entreposage des combustibles usés pour

aminima

les

dix prochaines années mais ne se prononce pas au-delà

des dix prochaines années en indiquant que cette pro-

blématique de saturation des capacités d’entreposage

des combustibles usés est, par ailleurs, étudiée, dans un

autre cadre, celui du dossier dit « Impact cycle » qui sera

transmis par EDF en 2016 à la suite de la demande de

l’ASN. Étant donné les échéances envisagées de satura-

tion des capacités d’entreposage de combustibles usés et

étant donné les délais nécessaires à la conception et à la

construction d’une telle installation, l’ASN a attiré

« l’at-

tention [d’EDF] sur la perspective de saturation des capacités

françaises d’entreposage de combustibles usés »

et demandé

à EDF de

« présenter dans la prochaine mise à jour du dos-

sier [sa] stratégie concernant ce sujet et les différents aléas

associés à la création de nouvelles capacités d’entreposage ».

L’ASN a indiqué qu’au vu des éléments à sa disposition,

« une transmission par EDF d’un dossier d’option de sûreté

(DOS) dans un délai de 12 à 18 mois est nécessaire »

en vue

de mettre en place de telles capacités.

La révision globale du dossier « Impact cycle » en cours

d’élaboration présente plusieurs nouveautés par rapport

aux démarches antérieures initiées en 1999 et 2006 :

la période d’étude couvrant habituellement dix ans est

portée à quinze ans, afinde tenir compte des délais effec-

tivement constatés dans l’industrie nucléaire pour conce-

voir et construire de nouvelles installations qui seraient

identifiées comme nécessaires suite à l’analyse conduite;

les aléas sur les transports de substances radioactives

sont explicitement pris en compte dans la réflexion ;

Des fermetures de réacteurs nucléaires sont étudiées

sur la période de temps considérée, notamment dans

l’hypothèse d’une demande électrique stable jusqu’en

2025 pour tenir compte de la programmation prévue

par la loi de transition énergétique ;

la stratégie de gestion et d’entreposage des combustibles

usés dans l’attente de leur traitement ou de leur stoc-

kage fait partie du champ de l’examen. Une saturation

des capacités actuelles est en effet hautement probable

sur la période considérée.

4. L’ACTION INTERNATIONALE

DE L’ASN

L’ASNa des échanges réguliers avec ses homologues étran-

gères afin de partager les bonnes pratiques en matière

de contrôle de la sûreté nucléaire des installations du

cycle du combustible.

Les échanges bilatéraux avec l’ONR

(Office for Nuclear

Regulation),

autorité de sûreté anglaise, ont étémoins sou-

tenus en 2015 mais des échanges devraient être mis en

place en 2016 sur la reprise et le conditionnement des

déchets anciens sur les sites de La Hague et de Sellafield.

Des échanges sur les pratiques en matière de maîtrise de

la criticité pourraient également avoir lieu en 2016.

L’ASNa également participé àunatelier de l’Agence interna-

tionalede l’énergie atomique (AIEA) concernant le contrôle

duvieillissement des installations ducycle, qui apermis une

comparaison des pratiques internationales en la matière.

L’ ASN a également eu des échanges avec l’autorité de

sûreté américaine, laNRC

(Nuclear Regulatory Commission),

sur le suivi de la mise en service des installations de

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CHAPITRE 13 :

LES INSTALLATIONS DU CYCLE DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015