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nucléaire et la radioprotection étaient auparavant gérés

par des conventions bilatérales.

L’année 2015 a été marquée, pour le CERN, par la pro-

longation d’un arrêt long afin de permettre un fonction-

nement à plus forte puissance de l’accélérateur LHC qui

a redémarré en 2015.

L’ASNet l’Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP)

ont homologué en 2014 l’étude de gestion des déchets

nucléaires du site ainsi que le dossier de sûreté d’un nou-

vel accélérateur linéaire, construit sur leCERNet nommé

Linac 4. Cet accélérateur a fait l’objet d’une visite conjointe

avec les autorités suisses en 2015.

LeCERNa déclaré sonpremier événement significatif aux

autorités suisses, françaises et allemandes en 2015, ce qui

est positif d’un point de vue de la transparence.

2.4 Le projet ITER

ITER (INB 174) est une installation expérimentale dont

l’objectif est la démonstration scientifique et technique de

lamaîtrise de l’énergie de fusion thermonucléaire obtenue

par confinement magnétique d’un plasma deutérium-tritium, lors d’expériences de longue durée avec une

puissance significative (500 MWe pendant 400 s). Ce

projet international bénéficie du soutien financier de

la Chine, de la Corée du Sud, de l’Inde, du Japon, de

la Russie, de l’Union européenne et des États-Unis, qui

fournissent en nature,

via

des agences domestiques, cer-

tains équipements du projet. L’ accord de siège, entre

ITER et l’État français, a été signé le 7 novembre 2007

et la création de l’INB a été autorisée par le décret du

9 novembre 2012. La décision de l’ASN du 12 novembre

2013 fixe des prescriptions portant notamment sur la

conception et la construction de l’installation afin de

décliner et compléter les exigences déjà définies par le

décret d’autorisation.

L’ année 2015 a été marquée par la nomination d’un

nouveau directeur général d’ITER et par des évolu-

tions organisationnelles, avec notamment la mise en

place d’équipes projet, intégrant les agences domes-

tiques, pour la fourniture de la chambre à vide et des

bâtiments. L’ impact de ces modifications sera évalué en

2016 notamment par rapport aux améliorations atten-

dues par l’ASN en matière de surveillances de la chaîne

d’intervenants extérieurs dont les agences domestiques

font partie. Des premières demandes d’amélioration

ont d’ores et déjà été faites à ITER.

Malgré des retards importants, les travauxde construction

de l’installation se sont poursuivis en 2015 avec notam-

ment la réalisationduniveauB2 (2

e

sous-sol) du complexe

tokamak et lamise enplace de l’ossaturemétallique duhall

d’assemblage. La fabrication des équipements de l’instal-

lation a également avancé. L’ ASN a réalisé en avril 2015

une inspection en Corée du Sud sur la surveillance des

intervenants extérieurs en charge de fabriquer les secteurs

de la chambre à vide et note la bonne prise en compte

des exigences définies pour ce lot. Une inspection a éga-

lement concerné la fourniture par l’agence domestique

américaine de réservoirs de drainage qui ont été livrés sur

le site d’ITER en 2015. À ce sujet, l’ASN considère que

des efforts doivent être apportés dans la formalisation et

la justification des contrôles attestant la conformité des

équipements aux exigences définies par ITER, dans le

traitement et le suivi des écarts ainsi que dans l’archivage

et l’accessibilité des documents.

Des efforts significatifs dans l’organisation du projet et de

l’appropriationde la culture de sûreté ont globalement été

produits depuis le début de la construction, mais l’ASN

reste vigilante sur ces sujets étant donné l’organisation

internationale complexe du projet, ainsi que sur le res-

pect des exigences définies et leur appropriation par les

intervenants extérieurs.

En raison du retard général pris par le projet (déca-

lage du calendrier de conception et de construction) et

du caractère expérimental de l’installation (certaines

démonstrations importantes reposent sur les résultats

de recherches innovantes dont le calendrier est difficile

à maîtriser et à anticiper), l’exploitant a annoncé des

retards importants dans la transmission de dossiers et en

particulier pour des éléments importants tels que le sys-

tème de détritiation, les hottes de transfert, les bâtiments

tritium, déchets et cellules chaudes. Ces retards n’ont

pas d’impact sur la sûreté de l’installation et l’ASN a par

conséquent modifié le 22 octobre 2015 les prescriptions

du 12 novembre 2013 qui encadrent la conception et la

construction de l’installation. L’ ASN attend néanmoins

des améliorations de la part de l’exploitant concernant

le respect des délais auxquels il s’engage et restera par-

ticulièrement attentive à la qualité des démonstrations

et justifications produites.

3. LES AUTRES INSTALLATIONS

NUCLÉAIRES

3.1 Les installations industrielles

d’ionisation

Les irradiateurs sont destinés à la stérilisation, par irra-

diation de rayons gamma émis par des sources scellées

de cobalt-60, de dispositifs médicaux, produits agroali-

mentaires, matières premières pharmaceutiques… Les

cellules d’irradiation sont en béton armé, dimensionnées

pour la protectionde l’environnement. Les sources scellées

sont, soit en position basse, stockées en piscine sous une

épaisseur d’eau qui garantit la protection des travailleurs

en cellule, soit en position haute pour irradier le matériel

à stériliser. L’irradiation du personnel constitue le risque

principal dans ces installations.

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CHAPITRE 14 :

LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE RECHERCHE ET INDUSTRIELLES DIVERSES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015