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L’ASN considère que le niveau de sûreté des installations

exploitées par leCEA est globalement satisfaisant, notam-

ment pour l’exploitation des réacteurs expérimentaux.

L’ASN estime que le CEA doit renforcer sa surveillance et

sa maîtrise des intervenants extérieurs dans un contexte

de sous-traitance importante.

2. LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES

DE RECHERCHE HORS CEA

2.1 Le Grand accélérateur national

d’ions lourds

Le groupement d’intérêt économiqueGanil a été autorisé

par le décret du29 décembre 1980 à créer un accélérateur

à Caen (INB 113). Cette installation de recherche pro-

duit, accélère et distribue des faisceaux d’ions à différents

niveaux d’énergie pour étudier la structure de l’atome.

Les faisceaux intenses et de forte énergie produisent des

champs importants de rayonnements ionisants, activant les

matériaux en contact qui émettent alors un rayonnement

même après l’arrêt des faisceaux. L’ irradiation constitue

donc le risque principal du Ganil.

Afin de produire des noyaux exotiques

1

, le Ganil a été

autorisé en2012 à construire la phase 1duprojet Spiral 2.

L’ASNa délivré une autorisationdemise en service partielle

pour la phase 1 de ce projet le 30 octobre 2014. L’ASN a

instruit la demande de mise en service de la phase 1 du

projet Spiral 2, et note que les compléments demandés,

relatifs notamment au dimensionnement au séisme de

l’installation, ont été produits dans des délais qui n’ont

pas permis une instruction complète en 2015.

L’ASNa terminé l’instructiondupremier réexamenpério-

dique de l’installation depuis sa mise en service en 1983.

Ce réexamen a été globalement satisfaisant et a conduit

l’ASNà encadrer la poursuite d’exploitationpar plusieurs

prescriptions relatives à la mise en conformité de l’instal-

lation avec son référentiel de sûreté et la réglementation

en vigueur.

Enfin, l’ASN a encadré, par la décision du 7 juillet 2015,

les rejets et transferts d’effluents du Ganil.

L’ASNconsidère que l’exploitant doit parfaire son organi-

sation enmatière de gestion des déchets et notamment la

surveillance de l’intervenant extérieur réalisant le condi-

tionnement des déchets très faible activité –TFA– et faible

activité – FA – produits sur le site. De plus, l’ASN regrette

que l’évacuationdes déchets entreposés depuis 2012n’ait

pas été mieux anticipée.

2.2 Le réacteur à haut flux (RHF)

de l’Institut Laue-Langevin

Le RHF (INB 67), situé à Grenoble, exploité par l’Institut

Laue-Langevin (ILL) fournit des neutrons utilisés pour

des expériences dans les domaines de la physique et de la

biologie. Autorisé par le décret du 19 juin 1969, modifié

par le décret du 5 décembre 1994, ce réacteur a une puis-

sance maximale de 58,3 MWth et fonctionne en continu

pendant des cycles de 50 jours. Le cœur du réacteur est

refroidi par de l’eau lourde contenue dans unbidon réflec-

teur, lui-même immergé dans une piscine d’eau légère.

L’ASNconsidère que la sûreté duRHF est gérée demanière

réactive et volontariste pour les sujets que l’ILL a iden-

tifiés comme prioritaires. Ainsi, dans le cadre du retour

d’expérience de l’accident de Fukushima, l’ILL a mis

en place rapidement d’importants renforcements, qui

se sont poursuivis de manière satisfaisante en 2015.

Cependant, l’ASN constate que la mise en œuvre de

ces améliorations n’est pas toujours accompagnée de

la rigueur attendue pour la traçabilité des activités et la

1. Les « noyaux exotiques » sont des noyaux qui n’existent pas à

l’état naturel sur terre. Ils sont créés artificiellement dans le Ganil

pour des expériences de physique nucléaire sur les origines et la

structure de la matière.

Éléments du « noyau dur » du RHF : renforcement d’une porte

pour résister à une inondation extrême.

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CHAPITRE 14 :

LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE RECHERCHE ET INDUSTRIELLES DIVERSES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015