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Le groupe Ionisos exploite trois installations industrielles

d’ionisation situées à Dagneux (INB 68), Pouzauges

(INB 146) et Sablé-sur-Sarthe (INB 154). L’ASN consi-

dère que l’exploitant doit poursuivre ses efforts dans la

détectiondes écarts et veiller à respecter les délais imposés

pour la remise des dossiers ou des demandes de complé-

ments. Les trois réexamens périodiques des installations de

Ionisos doivent être réalisés auplus tard ennovembre 2017

et l’exploitant devra remettre également un rapport d’ECS à

cette échéance. Ledossier dupremier réexamenpériodique

concernant l’installationde Sablé-sur-Sarthe a été transmis

le 30 juin 2015 et est instruit par l’ASN. En octobre 2015,

l’ASNa demandé à Ionisos demettre à jour sa stratégie de

démantèlement des parties de l’installation de Dagneux

arrêtées depuis plusieurs années.

Synergy Health exploite les irradiateurs Gammaster

(INB 147) à Marseille et Gammatec (INB 170) dont la

mise en service a été autorisée le 17 décembre 2013, sur

le site de Marcoule. Des améliorations peuvent encore

être apportées en termes de radioprotection, les résultats

des contrôles internes devant être formalisés. Un dossier

de modification pour mise en service d’un laboratoire

interne a été déposé auprès de l’ASN en août 2015; il est

actuellement en cours d’instruction. L’ ASNconsidère que

les améliorations ont été apportées dans l’exploitation de

Gammaster. L’exploitant a requalifié les sources présentes

et revu son organisation de crise, ce qui est satisfaisant. Il

doit poursuivre ses efforts relatifs à la veille réglementaire et

à l’appropriationde la réglementation et porter une atten-

tion particulière aux délais de réalisation de ses contrôles

périodiques, notamment lorsqu’ils sont réglementaires.

3.2 L’installation de production

de radiopharmaceutiques

exploitée par CIS bio international

CIS bio international est un acteur important du marché

français des produits radiopharmaceutiques utilisés en

diagnostic et en thérapie. Ces produits sont, en majo-

rité, fabriqués dans l’INB 29 (UPRA) située à Saclay. Cette

installation assure également une activité de reprise des

sources scellées usagées qui étaient utilisées à des fins de

radiothérapie et d’irradiation industrielle. Par décret du

15 décembre 2008, CIS bio international a été autorisé à

exploiter l’INB 29, succédant au CEA.

Les efforts de renforcement de l’organisation en 2015 ne

se sont pas encore traduits par des résultats, notamment

en matière de gestion simultanée de projets d’envergure,

de rigueur d’exploitation, de respects des échéances et de

contrôledeconformitédesopérationsauxexigencesdéfinies

parl’exploitantetparlaréglementation.L’ASNconstatetou-

joursdesdérivesnotablesdansleséchéancesdetransmission

des rapports d’événements significatifs et dans la mise en

œuvre des actions identifiées par les inspections. Les écarts

constatés en inspection et dans les causes des événements

révèlent des faiblesses persistantes en matière de rigueur

d’exploitation, de processus d’intervention et d’évaluation

de l’importance des écarts. En particulier, la maintenance

des équipements doit être améliorée.

3.3 Les ateliers de maintenance

Deux installations nucléaires de base exploitées par Areva

et EDF assurent des activités de maintenance nucléaire

en France.

L’atelier de la Société de maintenance nucléaire (Somanu),

à Maubeuge

Autorisé par décret du 18 octobre 1985, l’INB 143, filiale

d’Areva, est spécialisée dans l’entretien et l’expertise de

Les conséquences du dernier réexamen

et de l’ECS de l’UPRA (INB 29)

CIS bio international a eu des difficultés à rendre des rapports

permettant à l’ASN de statuer sur la poursuite de fonctionnement

de l’installation ou sa résistance à des agressions extrêmes. À la

demande de l’ASN, elle a dû compléter ces rapports de réexamen

et d’ECS remis initialement en 2008 et 2012. Ces compléments

ont été remis avec des retards significatifs.

Concernant le réexamen périodique, l’ASN a considéré que

la poursuite du fonctionnement était acceptable, sous réserve

de la mise en œuvre d’améliorations significatives, notamment

relatives à la maîtrise du risque d’incendie, et du respect

des engagements pris par l’exploitant. Concernant l’ECS,

malgré l’absence d’effets falaises identifiés par l’exploitant,

l’ASN estime qu’il doit être en mesure de gérer des situations

d’urgence en cas d’agressions extrêmes car les conséquences

d’un accident nécessiteraient des mesures de protection des

populations. Ceci est d’autant plus nécessaire que l’installation

est située à Saclay, une région urbanisée.

De nombreux travaux, engagés depuis plusieurs années, sont

donc nécessaires à l’amélioration de la sûreté de l’installation et

ne sont toujours pas achevés. De manière générale, les actions

d’envergure engagées par CIS bio international ne sont jamais

terminées dans des délais raisonnables.

L’ASN a prescrit en 2013 les principales améliorations de sûreté

nécessaires à la poursuite du fonctionnement de l’installation.

Elle prescrira en 2016 les échéances de réalisation d’autres

améliorations de sûreté pour lesquelles CIS bio international n’a

pas respecté ses engagements et le renforcement des mesures

de gestion de crise en cas d’agression extrême. Elle prendra

les mesures de coercition et de sanctions adaptées si elles

s’avèrent nécessaires.

Ainsi, à la suite du non-respect des prescriptions prises en

2013 relatives à la maîtrise du risque incendie, l’ASN a

appliqué en 2014 et 2015 des mesures coercitives et prescrit

des mesures compensatoires complémentaires. CIS bio

international a choisi en 2015 de contester ces mesures devant

les juridictions compétentes.

À NOTER

452

CHAPITRE 14 :

LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE RECHERCHE ET INDUSTRIELLES DIVERSES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015