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ITER, risques et système de prévention

Le projet d’installation ITER, dédié à la recherche sur la fusion

thermonucléaire, est basé sur une machine de type « tokamak ».

Le principe consiste à introduire du combustible gazeux [1] dans

une chambre à vide [2] puis de le chauffer à une température

de l’ordre de 100 millions de degrés pour obtenir un plasma

de deutérium-tritium qui produit, par fusion, des neutrons et

des particules. Le chauffage se fait notamment grâce au courant

électrique induit par les bobines d’un solénoïde central [4] et

grâce à des systèmes de chauffage additionnels [3] injectant

des particules électriquement neutres et très énergétiques.

Le plasma est contrôlé et confiné à l’intérieur de la chambre

à vide grâce à des champs magnétiques, d’une puissance

200 000 fois supérieur à celui de la Terre, générés par des

bobines supraconductrices [5 et 6] ainsi que par le solénoïde

central [4]. Des contraintes mécaniques importantes peuvent

exister en cas de dysfonctionnement du plasma, tels que le

déplacement vertical ou la disruption. Le système de diagnostic

du plasma [7] permet de mesurer le comportement et les

performances de celui-ci grâce à des dispositifs implantés sur

les parois internes de la chambre à vide et dans des cellules de

traversées [8].

La chambre à vide est protégée de la chaleur et des neutrons

par des modules de couverture [9] recouverts de béryllium dont

la toxicité nécessite des mesures de protection du personnel

et pour la gestion des déchets. Des dispositions sont prévues

pour prévenir les risques d’explosion interne à la chambre à

vide que pourrait générer la présence d’isotopes d’hydrogène

ou de poussières. Le « divertor » [10], disposé à la base de

COMPRENDRE

la chambre à vide, permet d’extraire les impuretés et les résidus

générés par la fusion ainsi qu’une partie de la puissance produite.

Pour la maintenance, les composants internes de la chambre à vide,

très irradiants, sont extraits et transférés vers un autre bâtiment au

moyen d’équipements et de hottes robotisés [11].

Le tokamak est enfermé dans un cryostat [12] comportant

des écrans thermiques [13] permettant de séparer les bobines,

qui sont à très basses température, des composants à haute

température. La chaleur est transférée à l’extérieur au moyen

d’un circuit de refroidissement à eau [14] constitué de deux boucles

et qui débouchent vers des tours de refroidissement

Les parois de la chambre à vide et des bâtiments ainsi que

la ventilation permettent de confiner le tritium, un isotope de

l’hydrogène faiblement radioactif mais présent en quantité

importante dans l’installation ITER, afin d’éviter sa diffusion dans

l’environnement. Un système de détritiation, installé dans un

bâtiment « tritium », voisin du tokamak, extrait le tritium des gaz

et des liquides afin de le réintégrer dans le cycle du combustible.

Il comporte des recombineurs, des tamis moléculaires et des colonnes

de lavage (dont l’efficacité en situation normale doit être de 99 %

et de 90 % en cas d’incendie)

Le complexe de bâtiments abritant notamment le tokamak et le

bâtiment tritium est fondé sur un radier principal [15] qui repose sur

des appuis parasismiques [16], eux-mêmes implantés sur un radier

inférieur d’isolation sismique.

Les principaux enjeux de sûreté de l’installation sont donc le

confinement des substances radioactives, notamment du tritium, en

situation normales et accidentelles, et la radioprotection notamment

lors des opérations de maintenance sur des composants très irradiants.

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CHAPITRE 14 :

LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE RECHERCHE ET INDUSTRIELLES DIVERSES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015