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1. LES PRINCIPES

DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE

ET DE LA RADIOPROTECTION

1.1 Les principes fondamentaux

Les activités nucléaires doivent s’exercer dans le respect

de principes fondamentaux inscrits dans des textes juri-

diques ou des normes internationales.

Il s’agit notamment:

auniveaunational, des principes inscrits dans laCharte

de l’environnement, qui a valeur constitutionnelle, et

dans différents codes (code de l’environnement et code

de la santé publique);

au plan européen, des règles définies par les directives

établissant un cadre communautaire pour la sûreté des

installations nucléaires et pour la gestion responsable

et sûre du combustible usé et des déchets radioactifs ;

au niveau international, des dix principes fondamen-

tauxde sûreté établis par l’AIEA (voir encadré ci-après et

chapitre 7, point 3.1)mis en applicationpar laConven-

tion sur la sûreté nucléaire (voir chapitre 7, point 4.1),

qui établit le cadre international du contrôle de la sûreté

nucléaire et de la radioprotection.

Ces diverses dispositions d’origines différentes se recoupent

largement. Elles peuvent être regroupées sous la forme des

huit principes présentés ci-après.

1.1.1 Le principe de responsabilité de l’exploitant

Ce principe, défini à l’article 9 de la Convention sur la

sûreté nucléaire, est le premier des principes fondamen-

taux de sûreté de l’AIEA. Il prévoit que la responsabilité en

matière de sûreté des activités nucléaires à risques incombe

à ceux qui les entreprennent ou les exercent.

Il trouve directement son applicationdans l’ensemble des

activités nucléaires.

1.1.2 Le principe du « pollueur-payeur »

Le principe du « pollueur-payeur », déclinant le prin-

cipe de responsabilité de l’exploitant, fait supporter le

coût des mesures de prévention et de réduction de la

pollution au responsable des atteintes à l’environne-

ment. Ce principe est défini à l’article 4 de la Charte de

l’environnement en ces termes :

« Toute personne doit

contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à

l’environnement. »

Ce principe se traduit en particulier par la taxation

des installations nucléaires de base (INB) (taxe INB et

contribution au profit de l’IRSN), la taxation des pro-

ducteurs de déchets radioactifs (taxes additionnelles sur

les déchets), des centres de stockage (taxe additionnelle

dite « de stockage ») et des installations classées pour

la protection de l’environnement (ICPE) (fraction de la

taxe générale sur les activités polluantes – TGAP). Ces

taxes sont présentées plus en détail au point 3.

L

a sûreté nucléaire

est définie dans le code de l’environnement comme

« l’en-

semble des dispositions techniques et des mesures d’organisation relatives à la concep-

tion, à la construction, au fonctionnement, à l’arrêt et au démantèlement des installations

nucléaires de base ainsi qu’au transport des substances radioactives, prises en vue de

prévenir les accidents ou d’en limiter les effets »

. La radioprotection est, quant à elle,

définie comme

« la protection contre les rayonnements ionisants, c’est-à-dire l’ensemble des règles,

des procédures et des moyens de prévention et de surveillance visant à empêcher ou à réduire les effets

nocifs des rayonnements ionisants produits sur les personnes, directement ou indirectement, y com-

pris par les atteintes portées à l’environnement »

.

La sûreté nucléaire et la radioprotection obéissent à des principes et démarches mis en place

progressivement et enrichis continuellement du retour d’expérience. Les principes fonda-

mentaux qui les guident sont promus au plan international par l’Agence internationale de

l’énergie atomique (AIEA). Ils ont été inscrits en France dans la constitution ou dans la loi et

figurent désormais dans des directives européennes.

En France, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection des activités nucléaires

civiles est assuré par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), autorité administrative indépen-

dante, en relation avec le Parlement et d’autres acteurs de l’État, au sein du Gouvernement et

des préfectures. Ce contrôle s’appuie sur des expertises techniques, fournies notamment par

l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

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CHAPITRE 02 :

LES PRINCIPES ET LES ACTEURS DU CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015