de recueil et d’exploitation des signaux que donne un sys-
tème.Ildoitpermettredepartagerl’expérienceacquisepour
un apprentissage organisationnel (soit la mise en œuvre,
dans une structure apprenante, de dispositifs de préven-
tions’appuyant sur l’expériencepassée).Unpremier objec-
tif du REX est de comprendre, pour ainsi progresser sur la
connaissancetechnologiqueetlaconnaissancedespratiques
réellesd’exploitation, pour
infine
lorsque cela est pertinent,
réinterroger la conception
1
(technique et documentaire).
L’enjeu du REX étant collectif, un deuxième objectif est de
partager la connaissancequi enest issue à travers lamémo-
risationet l’enregistrement de l’écart, de ses enseignements
et de son traitement.Un troisièmeobjectif duREXest d’agir
sur les organisations et lesprocessusde travail, lespratiques
de travail (individuelles et collectives) et laperformancedu
système technique.
Le retour d’expérience englobe donc les événements, inci-
dents et accidents qui se produisent enFrance et à l’étran-
ger dès lors qu’il est pertinent de les prendre en compte
pour renforcer la sûreté nucléaire ou la radioprotection.
1.2.6 Les facteurs sociaux, organisationnels
et humains
L’ importance des FSOH pour la sûreté nucléaire,
la radioprotection et la protection de l’environnement
La contribution de l’homme et des organisations à la
sûreté, la radioprotection et la protection de l’environne-
ment est déterminante lors de la conception, de la mise
en service, du fonctionnement et du démantèlement des
installations, ainsi que lors du transport de substances
radioactives. De même, la façon dont les hommes et les
organisations gèrent les écarts à la réglementation, aux
référentiels et aux règles de l’art, ainsi que les enseigne-
ments qu’ils en tirent, est déterminante. Ainsi, tous les
intervenants, quels que soient leur positionnement hié-
rarchique et leurs fonctions, contribuent à la sûreté, la
radioprotection et la protection de l’environnement, du
fait de leurs capacités à s’adapter, à détecter et corriger
des défauts, à redresser des situations dégradées et à pal-
lier certaines difficultés d’application des procédures.
L’ ASN définit les facteurs sociaux, organisationnels et
humains (FSOH) comme l’ensemble des éléments des
situations de travail et de l’organisation qui ont une
influence sur l’activité de travail des intervenants. Les
éléments considérés relèvent de l’individu (acquis de
formation, fatigue ou stress, etc.) et de l’organisation
du travail dans laquelle il s’inscrit (liens fonctionnels et
hiérarchiques, co-activités, etc.), des dispositifs tech-
niques (outils, logiciels, etc.) et, plus largement, de l’en-
vironnement de travail, avec lesquels l’individu interagit.
1. Il faut entendre par conception technique et documentaire,
l’ensemble des conceptions des composantes de l’activité de
travail : conception de la machine, de son mode opératoire, de sa
maintenance, de l’organisation de travail relatif à cette machine, etc.
L’ environnement de travail concerne, par exemple, l’am-
biance thermique, sonore ou lumineuse du poste de tra-
vail, ainsi que l’accessibilité des locaux.
La variabilité des caractéristiques des intervenants (la vigi-
lance qui diffère en fonction dumoment de la journée, le
niveau d’expertise qui varie selon l’ancienneté au poste)
et des situations rencontrées (une panne imprévue, des
tensions sociales) explique qu’ils aient perpétuellement
à adapter leurs modes opératoires pour réaliser leur tra-
vail demanière performante. Cette performance doit être
atteinte à un coût acceptable pour les intervenants (en
termes de fatigue, de stress) et leur apporter des bénéfices
(le sentiment du travail bien fait, la reconnaissance par
les pairs et la hiérarchie, le développement de nouvelles
compétences). Ainsi, une situation d’exploitation ou une
tâche obtenue au prix d’un coût très élevé pour les inter-
venants est un gisement de risques : une petite variation
du contexte de travail, de l’environnement humain ou de
l’organisation du travail peut empêcher les intervenants
d’accomplir leurs tâches conformément à cequi est attendu.
L’ intégration des FSOH
L’ASNconsidère que les FSOHdoivent être pris en compte
demanière adaptée aux enjeux de sûreté des installations
et de radioprotection des travailleurs lors :
•
de la conceptiond’unenouvelle installation, d’unmatériel,
d’un logiciel, d’uncolis de transport oude lamodification
d’une installation existante. Enparticulier, l’ASNattend
que la conception soit centrée sur l’opérateur humain,
à travers un processus itératif comprenant une phase
d’analyse, une phase de conception et une phase d’éva-
luation. Ainsi, la décision de l’ASN du 13 février 2014
relative aux modifications matérielles des INB prévoit
que
« la conception de lamodificationmatérielle envisagée
tient compte des interactions, lors de samise enœuvre et son
exploitation entre, d’une part, le matériel modifié ou nou-
vellement installé, d’autre part, l’utilisateur et ses besoins »
.
•
des opérations ou des activités effectuées par des inter-
venants lors de la mise en service, du fonctionnement
et du démantèlement des installations nucléaires, ainsi
qu’aumoment des transports de substances radioactives.
De plus, l’ASN considère que les exploitants doivent
analyser les causes profondes (souvent organisationnelles)
des événements significatifs et identifier, mettre enœuvre
et évaluer l’efficacité des actions correctives associées,
ceci dans la durée.
Les exigences de l’ASN sur les FSOH
L’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales rela-
tives aux INB prévoit que l’exploitant définisse et mette
en œuvre un système de management intégré (SMI) per-
mettant d’assurer que les exigences relatives à la sûreté, la
radioprotection et la protectionde l’environnement soient
systématiquement prises en compte dans toute décision
concernant l’installation. Le SMI précise les dispositions
prises en matière d’organisation et de ressources de tout
ordre, en particulier celles retenues pour maîtriser les
69
CHAPITRE 02 :
LES PRINCIPES ET LES ACTEURS DU CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




