d’iode stable pour saturer la thyroïde avant qu’elle puisse
fixer l’iode radioactif rejeté, évacuation, restrictions de
consommation d’eau ou de produits agricoles, etc.
1.2.3 L’interposition de barrières
Pour limiter le risque de rejets, plusieurs barrières sont
interposées entre les substances radioactives et l’environ-
nement. Ces barrières doivent être conçues avec un haut
degréde fiabilité et bénéficier d’une surveillancepermettant
d’en détecter les éventuelles faiblesses avant une défail-
lance. Pour les réacteurs à eau sous pression, ces barrières
sont au nombre de trois: la gaine du combustible, l’en-
veloppe du circuit primaire et l’enceinte de confinement
(voir chapitre 12).
1.2.4 Démarche déterministe et démarche
probabiliste
Le fait de postuler la survenue de certains accidents et de
vérifier que, grâce au fonctionnement prévudesmatériels,
les conséquences de ces accidents resteront limitées est une
démarche dite déterministe. Cette démarche est simple à
mettre en œuvre dans son principe et permet de conce-
voir une installation (en particulier de dimensionner ses
systèmes) avec de bonnes marges de sûreté, en utilisant
des cas dits « enveloppes ». La démarche déterministe
ne conduit cependant pas à une vision réaliste des scéna-
rios les plus probables et hiérarchise mal les risques car
elle focalise l’attention sur des accidents étudiés avec des
hypothèses pessimistes.
Il convient donc de compléter l’approche déterministe par
une approche reflétantmieux les divers scénarios possibles
d’accidents en fonctionde leur probabilité d’occurrence, à
savoir une approche probabiliste, utilisée dans les « ana-
lyses probabilistes de sûreté ».
Ainsi, pour les centrales nucléaires, les études probabi-
listes de sûreté (EPS) de niveau 1 consistent à construire,
pour chaque événement (dit « déclencheur ») conduisant
à l’activationd’un système de sauvegarde (troisième niveau
de la défense en profondeur), des arbres d’événements,
définis par les défaillances (ou le succès) des actions pré-
vues par les procédures de conduite du réacteur et les
défaillances (ou le bon fonctionnement) desmatériels du
réacteur. Grâce à des statistiques sur la fiabilité des sys-
tèmes et sur le taux de succès des actions (ce qui inclut
donc des données de « fiabilité humaine »), la probabilité
de chaque séquence est calculée. Les séquences similaires
correspondant à un même événement déclencheur sont
regroupées en familles, ce qui permet de déterminer la
contribution de chaque famille à la probabilité de fusion
du cœur du réacteur.
Les EPS, bienque limitées par les incertitudes sur les don-
nées de fiabilité et les approximations demodélisation de
l’installation, prennent en compte un ensemble d’accidents
plus large que les études déterministes et permettent de
vérifier et éventuellement de compléter la conception
résultant de l’approche déterministe. Elles doivent donc
être un complément aux études déterministes, sans tou-
tefois s’y substituer.
Les études déterministes et les analyses probabilistes consti-
tuent un élément essentiel de la démonstration de sûreté
nucléaire, qui traite des défaillances internes d’équipe-
ments, des agressions internes et externes, ainsi que des
cumuls plausibles entre ces événements.
Plus précisément, les défaillances internes correspondent
à des dysfonctionnements, pannes ou endommagements
d’équipements de l’installation, y compris résultant d’ac-
tions humaines inappropriées. Les agressions internes et
externes correspondent quant à elles à des événements
trouvant leur origine respectivement à l’intérieur ou à
l’extérieur de l’installation et pouvant remettre en cause
la sûreté de l’installation.
Les défaillances internes incluent par exemple :
•
la perte des alimentations électriques ou des moyens
de refroidissement;
•
l’éjection d’une grappe de commande ;
•
la rupture d’une tuyauterie du circuit primaire ou secon-
daire d’un réacteur nucléaire;
•
la défaillance de l’arrêt d’urgence du réacteur.
S’agissant des agressions internes, il est notamment néces-
saire de prendre en considération :
•
les émissions de projectiles, notamment celles induites
par la défaillance de matériels tournants ;
•
les défaillances d’équipements sous pression;
•
les collisions et chutes de charges ;
•
les explosions;
•
les incendies;
•
les émissions de substances dangereuses ;
•
les inondations trouvant leur origine dans le périmètre
de l’installation;
•
les interférences électromagnétiques;
•
les actes de malveillance.
Enfin, les agressions externes comprennent notamment:
•
les risques induits par les activités industrielles et les
voies de communication, dont les explosions, les émis-
sions de substances dangereuses et les chutes d’aéronefs;
•
le séisme;
•
la foudre et les interférences électromagnétiques ;
•
les conditionsmétéorologiques ouclimatiques extrêmes;
•
les incendies;
•
les inondations trouvant leur origine à l’extérieur du
périmètre de l’installation;
•
les actes de malveillance.
1.2.5 Le retour d’expérience
Le retour d’expérience (REX), qui participe à la défense en
profondeur,estundesoutilsessentielsdumanagementdela
sûreté.Ilreposesurunedémarcheorganiséeetsystématique
68
CHAPITRE 02 :
LES PRINCIPES ET LES ACTEURS DU CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




