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leurs responsabilités vis-à-vis de la sûreté. Elle constitue

undes fondements indispensables aumaintien et à l’amé-

liorationde la sûreté. Elle engage les organismes et chaque

individu à prêter une attention particulière et appropriée

à la sûreté. Elle doit s’exprimer au niveau individuel par

une approche rigoureuse et prudente et une attitude inter-

rogative qui permettent à la fois le partage du respect des

règles et l’initiative. Elle trouve une déclinaison opéra-

tionnelle dans les décisions et les actions quotidiennes

liées aux activités.

1.2.2 Le concept de défense en profondeur

Le principal moyen de prévenir les accidents et de limiter

leurs conséquences éventuelles est la « défense enprofon-

deur ». Elle consiste à mettre en œuvre des dispositions

matérielles ou organisationnelles (parfois appelées lignes

de défense) organisées enniveaux consécutifs et indépen-

dants et capables de s’opposer au développement d’un

accident. En cas de défaillance d’unniveaude protection,

le niveau suivant prend le relais.

Un élément important pour l’indépendance des niveaux

de défense est lamise enœuvre de technologies de natures

différentes (systèmes « diversifiés »).

La conception d’une installation nucléaire est fondée sur

une démarche de défense en profondeur. Par exemple,

pour les réacteurs nucléaires, on définit les cinq niveaux

suivants:

Premier niveau : prévention des anomalies

de fonctionnement et des défaillances des systèmes

Il s’agit en premier lieu de concevoir et de réaliser l’ins-

tallation d’unemanière robuste et prudente, en intégrant

des marges de sûreté et en prévoyant une résistance à

l’égard de ses propres défaillances ou des agressions. Cela

implique demener une étude aussi complète que possible

des conditions de fonctionnement normal, pour détermi-

ner les contraintes les plus sévères auxquelles les systèmes

seront soumis. Un premier dimensionnement de l’instal-

lation intégrant desmarges de sûreté peut alors être établi.

L’installation doit ensuite être maintenue dans un état au

moins équivalent à celui prévu à sa conception par une

maintenance adéquate. L’installation doit être exploitée

d’une manière éclairée et prudente.

Deuxième niveau : maintien de l’installation

dans le domaine autorisé

Il s’agit de concevoir, d’installer et de faire fonctionner

des systèmes de régulation et de limitation qui main-

tiennent l’installation dans un domaine très éloigné des

limites de sûreté. Par exemple, si la température d’un

circuit augmente, un système de refroidissement se met

en route avant que la température n’atteigne la limite

autorisée. La surveillance du bon état des matériels et

du bon fonctionnement des systèmes fait partie de ce

niveau de défense.

Troisième niveau : maîtrise des accidents

sans fusion du cœur

Il s’agit ici de postuler que certains accidents, choisis

pour leur caractère « enveloppe », c’est-à-dire les plus

pénalisants d’une même famille, peuvent se produire et

de dimensionner des systèmes de sauvegarde permet-

tant d’y faire face.

Ces accidents sont, engénéral, étudiés avec des hypothèses

pessimistes, c’est-à-dire en supposant que les différents

paramètres gouvernant l’accident sont les plus défavorables

possibles. En outre, on applique le critère de défaillance

unique, c’est-à-dire que, dans la situation accidentelle,

on postule en plus la défaillance d’un composant quel-

conque. Cela conduit à ce que les systèmes intervenant

en cas d’accident (systèmes dits de sauvegarde, assurant

l’arrêt d’urgence, l’injectiond’eaude refroidissement dans

le réacteur, etc.) soient constitués d’au moins deux voies

redondantes et indépendantes.

Quatrième niveau : maîtrise des accidents

avec fusion du cœur

Ces accidents ont été étudiés à la suite de l’accident de

ThreeMile Island (1979) et sont désormais pris en compte

dès la conception des nouveaux réacteurs tels que l’EPR.

Il s’agit soit d’exclure ces accidents, soit de concevoir des

systèmes permettant d’y faire face.

Cinquième niveau : limitation des conséquences

radiologiques en cas de rejets importants

Il s’agit là de la mise en œuvre de mesures prévues dans

les plans d’urgence incluant des mesures de protection

des populations : mise à l’abri, ingestion de comprimés

LES 5 NIVEAUX

de la défense en profondeur

Limitation des conséquences des rejets

Plan d’intervention d’urgence

Limitation des conséquences d’un accident grave

Gestion d’accident grave

Maîtrise des accidents

Systèmes de sauvegarde,

procédures accidentelles

Maintien dans

le domaine autorisé

Systèmes de régulation,

contrôles périodiques

Prévention

des anomalies

Conception

Exploitation

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CHAPITRE 02 :

LES PRINCIPES ET LES ACTEURS DU CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015